Comment bien nourrir les oiseaux en hiver?

Par · 13 nov 2011

 

La température chute, et avec le changement de saison, la végétation se fait plus rare. On pense déjà à nourrir les oiseaux, mais est-ce vraiment un geste utile, et comment le pratiquer. Je faisais le point pour Nuwa (La Première, RTBF), voici un petit topo sur le blog!

C’est vrai que l’on peut se poser la question : finalement, les oiseaux ont vécu sur terre sans l’aide des hommes, jusqu’à présent. Le problème, c’est que nos contrées n’offrent plus une nourriture variée et abondante aux oiseaux. Dès lors, à l’approche de l’hiver, les oiseaux deviennent plus vulnérables. Pas à cause du froid, mais du manque de nourriture. C’est surtout le cas lorsque la neige recouvre le sol et les arbres, ou que le sol durci par le gel les empêche d’attraper des vers de terre. Dans ces conditions, l’énergie qu’ils dépensent pour trouver leur nourriture est considérable et n’est pas vraiment compensée par les repas. Par grand froid, certains oiseaux peuvent, sur une nuit perdre jusqu’à 10% de leur poids voire plus.

 

Tous les oiseaux sont-ils concernés ?

On dit que les mésanges, les rouge-gorge et tous les petits oiseaux sont des espèces particulièrement fragiles parce que la surface corporelle est proportionnellement plus grande chez les petits oiseaux. Comme les déperditions de chaleur se font plus rapidement, ils doivent donc manger proportionnellement beaucoup plus. Les oiseaux doivent maintenir une température corporelle qui se situe entre 40 et 44,4° C. C’est la température la plus élevée de toutes les espèces animales. Les passereaux doivent manger vite et beaucoup s’ils veulent maintenir cette température corporelle et survivre en hiver.

 

Quand faut-il commencer à les nourrir ?

Octobre est le bon moment pour commencer à sortir et à installer les mangeoires (si vous ne les maintenez pas dans le jardin toute l’année). Les sources de nourriture naturelle commencent alors à se faire rares et les graines ou les fruits qui restent sur les arbres et les arbustes vont devoir durer tout l’hiver.C’est à ce moment aussi que l’on a l’habitude de faire un grand nettoyage du jardin. Et c’est donc le bon moment de se rappeler qu’il est intéressant pour les oiseaux de ne pas tout couper, car de nombreuses plantes, en particulier d’ornement, conservent des graines qui feront le bonheur des oiseaux en hiver : le fenouil par exemple, mais aussi les centaurées, les chardons d’ornement, helianthus, rudbeckias…

 

C’est le moment aussi des plantations ! Pour nourrir les oiseaux, rien de tel que de leur offrir un milieu naturel accueillant. Quels arbres et arbustes planter pour cela ?

Contrairement aux idées reçues, pas nécessairement de grands arbres ! Les oiseaux apprécient davantage les arbustes denses et ramifiés, et même surtout ceux des haies défensives ! Les arbustes à picots les mettent à l’abri des chats ! Contrairement à l’imagerie populaire, les petits oiseaux ne font pas souvent leur nid au beau milieu de la branche d’un grand arbre aéré comme le platane ! Ils apprécieront davantage des arbustes plutôt denses et bien ramifiés. Les haies défensives ont même plutôt leur faveur (ils y sont à l’abri des chats !). Ceux à baies rouges ou noires leur procurent à la fois le gîte et le couvert : pyracanthas,berberis (ou épine-vinette), houx, genévriers…

Combien de temps faut-il poursuivre le nourrissage ?

Ce qui est important, c’est d’abord de rester régulier dans le nourrissage car les oiseaux finissent par en avoir l’habitude. Il ne faut donc pas interrompre le nourrissage pendant les périodes de grand froid car les oiseaux ayant l’habitude de se nourrir aux mangeoires, risquent de ne pas disposer d’assez de réserves pour trouver une autre source de nourriture. On le fera donc dès les premiers signes de grand froid et de raréfaction de la nourriture en milieu naturel, et on supprimera seulement progressivement ce ravitaillement à l’approche du printemps.

Où faut-il placer les mangeoires, y a-t-il une règle en la matière ?
Les différentes espèces d’oiseaux ont, chacune, un comportement de nourrissage particulier, alors variez les plaisirs. Placez-la pas trop loin des buissons ou des arbres qui permettront aux oiseaux de surveiller les alentours avant d’aller manger et de déguster le menu que vous leur offrez en toute quiétude, à l’abri de leurs prédateurs. Ne placez en tout cas pas les mangeoires sur ou près d’une fenêtre. La vitre reflète le feuillage et trompe les oiseaux qui risquent alors de se heurter à la fenêtre et de se blesser gravement en pensant voler vers un abri. Des auto-collants de faucons ou des objets brillants devant les fenêtres permettent d’éviter certains de ces accidents, mais malheureusement pas tous. Si des chats rodent dans le jardin, placez la nourriture à 1,75 de hauteur minimum, sur une mangeoire stable ou en filets suspendus ; ceci dit, placer de la nourriture sur le sol est intéressante pour certains oiseaux comme le rouge-gorge ou le merle qui préfèrent s’y nourrir. Si vous nourrissez au sol, déposez de préférence la nourriture sur une planche de bois pour la protéger de l’humidité. A noter aussi que certains oiseaux n’aiment pas les mangeoires, comme les pics, mais ils se laisseront tenter par une bûche percée de trous remplis de nourriture que vous aurez suspendue. Elle attirera aussi les mésanges, les sittelles, brefs les meilleurs acrobates parmi nos oiseaux familiers.

Une autre règle est de ne jamais mettre de nourriture en trop grande quantité !

En effet, tout simplement parce que les graines qui s’humidifient deviennent impropres à la consommation. On conseille aussi de nettoyer souvent la mangeoire pour éviter tous risques de contamination et d’épidémie.

Est-ce qu’il y a une nourriture idéale pour les oiseaux ? Quelles graines leur donner ?

Chaque espèce à ses préférences, plus vous offrirez des menus variés, plus nombreuses seront les espèces que vous attirerez dans votre jardin !On peut acheter les mélanges tout faits, mais c’est bien plus amusant et plus économique de les préparer soi-même. Procurez-vous une réserve de différentes graines vendues dans une graineterie et ajoutez dans votre mélange ‘maison’ celles de plusieurs plantes sauvages comme le rumex, chardon, ortie, centaurée, cardère, séneçon, etc., que vous aurez récoltées.

Y a-t-il des aliments à éviter, au contraire  ?

Ne donnez jamais d’aliments salés, de lait ou d’aliments cuits. Il faut aussi éviter les graisses rances, les mies de pain mouillées qui peuvent provoquer des troubles digestifs graves, …

Est-ce une bonne idée de réaliser des boules de graines et de graisse soi-même ? On trouve sur internet de nombreuses recettes par exemple de boules de saindoux…

Il y a un peu de débat autour de cela dans le monde ornithologique : les graisses animales (beurre, saindoux…) sont à éviter, sauf pour les oiseaux omnivores (grives ou merles), pour les mêmes raisons que pour nous : elles sont à  l’origine de problèmes cardiovasculaires. On peut fabriquer des boules de graines et de graisse avec de la graisse végétale, mais là aussi, mieux vaut éviter la graisse de palme… Il faut donc aussi lire attentivement les étiquettes précisant la composition des boules de graisse du commerce.

Encore quelques conseils ?

Oui, nourrir tôt le matin et si possible aussi en fin de journée ! 
Et ne pas oublier, surtout lorsqu’il gèle, de leur servir à boire ! De l’eau pure sans aucun additifs, sel, huile ou antigel. Et puis, comme les oiseaux n’ont pas de dents pour mâcher leurs aliments, c’est leur gésier qui broie les graines, les noix et les baies. Pour que leur gésier puisse faire son travail, il leur faut des graviers ou des grains de sable grossier. Vous pouvez leur procurer cela en mettant du sable pour canaris, des coquilles d’œufs finement broyées, de petits graviers ou du sable propre avec les graines ou tout près.

Pour en savoir plus :

Commentaires1 Comment

  1. carla dit :

    La nature il faut l’aider

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