Mon herbier d’été/3 Le souci officinal ou Calendula

Par · 15 juil 2011

5.soucisAujourd’hui, dans Nuwa (La Première), je vous apportais des soucis, mais pas n’importe lesquels : ceux-ci sont de bons soucis, puisqu’il s’agit en fait de fleurs ! Le souci officinal ou Calendula officinalis tient son nom du latin solsequium qui veut dire « qui suit le soleil ». Cela tient à une observation d’un fait bien réel : la fleur du souci  s’ouvre avec l’apparition du soleil et se ferme pour la nuit ! Une véritable horloge végétale ! Certaines croyances rapportent que si le souci ne s’ouvre pas le matin, il pleuvra dans la journée, et que s’il se ferme tôt le soir, il fera beau le lendemain… Son nom latin, calendula, de calendae, évoque le premier jour de chaque mois, pour rappeler qu’il fleurit durant de longs mois.


C’est une plante qui est appréciée depuis longtemps pour ses nombreuses qualités !

En langage des plantes, elle symbolise d’ailleurs un futur heureux. Sans doute tient-elle d’abord cette réputation du fait qu’elle est très facile à cultiver. Amie du soleil, résistante aux canicules, cette fleur orangée, qui ressemble à la marguerite,  se ressème naturellement aux endroits qui lui plaisent et fleurit dès le début de l’été et jusque novembre ! Au potager, c’est un excellent compagnons des fraisiers, poireaux, oignons et tomates, et un engrais vert très utile. Il repousse les parasites mais plait aux pollinisateurs, vraiment parfait !


Mais si on parle de souci officinal, c’est aussi et surtout parce qu’elle a des vertus  médicinales…

On les connait depuis le Moyen-Age, où Sainte Hildegarde et Albert le Grand prescrivaient le souci  contre les piqûres d’insectes et les morsures de reptiles. Dans certaines régions d’Allemagne et d’Angleterre, on utilisait aussi la fleur de souci pour colorer le beurre trop blanc, et pour blondir les cheveux ! Aujourd’hui, le souci est très utilisé en cosmétique ou en pharmacie : l’infusion de souci aux vertus anti-inflammatoires, antiseptiques externes, antifongiques et cicatrisantes est utilisée pour les soins des peaux irritées, ou même pour apaiser les brûlures… On le retrouve notamment dans les produits d’hygiène et de soin pour bébés en raison de la douceur de son action.
Le souci peut aussi soulager les maladies infantiles comme la rougeole ou la varicelle en usage interne.  Si vous voulez réaliser vous-même une huile apaisante à utiliser pour nourrir votre peau, en externe, et soigner par exemple les mains desséchées, il suffit de laisser macérer des fleurs sèches de calendula durant 45 jours dans un pout d’huile d’olive vierge de première pression à froid…


Et puis, pour oublier ses soucis (les autres, gris et moches), il est aussi conseillé de mettre du souci des jardins dans son assiette : les fleurs et boutons du calendula se dégustent tout en colorant les salades… Les jeunes feuilles peuvent aussi être mangées crues. Tout comme la tagète, les propriétés tinctoriales de la fleur, lui ont donné son surnom de « Faux Safran », Il peut donc être utilisé pour donner une teinte orangée aux plats. On peut aussi conserver les boutons de soucis, comme ceux des capucines, à la façon de câpres dans du vinaigre : on récolte les boutons et on les fait dégorger dans une passoire avec du sel. Après es avoir débarrassés du sel, on les met dans un bocal stérilisé et on les recouvre de vinaigre. Il fait  consommer mes câpres 8 jours après, sinon ils deviennent trop vinaigrés… Mais le vinaigre aromatisé peut être conservé des mois. Autre truc : on peut faire sécher les pétales pour le employer en hiver pour les intégrer dans un cake ou une mayonnaise : le corps transformera le carotène qu’ils contiennent en vitamine A. Bref, des soucis comme ceux-ci, on en redemande !


Plus d’infos sur le souci et d’autres plantes dans le très bon livre de Pierrette Nardo, « Mes bonnes plantes et mes bonnes herbes », Ed. Rustica, 2008.

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