Les dictons du printemps

Par · 29 mar 2013

Avec l’hiver et le début de printemps que l’on a eu, on ne sait plus à quoi se raccrocher pour essayer de deviner si la saison sera belle ou pas… Que valent les dictons et proverbes météorologiques du printemps ?

Commençons par une citation qui se rapporte au mois d’avril… On dit donc qu’« Il n’est si gentil mois d’avril qui n’ait son chapeau de grésil. » Petit décodage : (normalement) en avril, le printemps est bien là, mais ce mois de l’année peut comporter encore des températures très fraiches, et parfois même de la neige et du gel. Avril peut aussi être très pluvieux. Les anciens appréciaient cette abondance de pluie, utile en période de germination, pour autant qu’elle ne se prolonge pas après la Saint-Georges, le 23 avril.

Pour le mois suivant, le mois de mai, on parle souvent des « Saints de Glace ». On les attend particulièrement cette année, car la tradition veut qu’ils sonnent la fin des gelées nocturnes, et donc le début des plantations des plantes délicates au jardin…

Le proverbe dit ceci: « Les trois saints au sang de navet,Pancrace, Mamert, et Servais. Les bien nommés les saints de glace ». Les dictons à leur sujet sont nombreux. On dit par exemple aussi que « Saint-Servais, Saint-Pancrace et Saint-Mamert font à trois un petit hiver. » Les trois saints de glace sont fêtés les 11, 12 et 13 mai. La météo confirme souvent qu’une période très froide peut survenir vers la mi-mai. Selon les scientifiques, l’orbite de la terre traverse alors un nuage de poussière dans notre système solaire qui atténue les rayons du soleil sur la terre. Mieux vaut attendre que les saints de glace soient passés pour mettre en terre les plantations qui craignent le gel.

Mais tous les proverbes ne disent pas la vérité… Au mois de juin, on dit par exemple que “S’il pleut à la Saint Médard, il pleuvra 40 jours plus tard, sauf si Saint Barnabé vient lui couper le pied.” La sentence ne se vérifie pas nécessairement. La Saint-Médard a lieu le 8 juin. La Saint-Barnabé a pour date le 11 juin, soit trois jours plus tard. Si il est vrai que les jours de pluie en juin et juillet surviennent parfois en série, selon le passage des perturbations cycloniques, selon les météorologues, le temps qu’il fait à ces dates précises n’a aucune influence sur la période qui suit.

Il n’empêche, vu la météo étonnante de ces dernières semaines, on peut quand même douter que ces dictons restent d’actualité… On a pu lire dans la presse de ces derniers jours que les derniers hivers intriguent les climatologues. Ceux-ci ont observé pour la quatrième année consécutive de fortes chutes de neige en Europe et en Amérique du nord. Certains d’entre eux soupçonnent la fonte de la banquise arctique en été d’être responsable de cette évolution du climat dans l’hémisphère nord en hiver. Selon un communiqué de l’Agence France Presse, « en 1979, début des mesures satellitaires, la glace couvrait environ 7 millions de km2 d’océan durant l’été. En septembre 2012, ce n’était plus que 3,4 millions de km2. » Le climatologue Dim Coumou de l’Institut Potsdam pour la recherche sur le climat (PIK), s’il admet que la science ne peut encore être totalement fixée à ce sujet, estime que le lien entre la fonte des glaces arctiques et les modifications climatiques est de plus en plus clair…

Comment explique-t-on ce lien ?

Selon le professeur des sciences de la terre et de l’atmosphère de l’Université Cornell (New York) Charles Greene, « moins il y a de banquise arctique pour refléter les rayons du soleil, et plus la mer se réchauffe (et accélère, à son tour, la fonte de la banquise). A l’automne, la chaleur emmagasinée est graduellement relâchée dans l’atmosphère, augmentant le taux d’humidité et la pression atmosphérique, et réduisant d’autant la différence de température entre l’Arctique et les latitudes plus basses. Cette situation modifierait alors le ballet complexe qui se joue entre la mer et l’air, en l’occurrence l’Oscillation arctique et l’Oscillation nord-atlantique qui influencent directement le temps qu’il fait en Amérique du nord et en Europe. L’un des effets est l’affaiblissement du vortex polaire, ce cyclone permanent situé à proximité du pôle, moins capable de retenir les masses d’air froid et humide en provenance de l’Arctique, qui se déversent ainsi sur des latitudes plus basses. » Cette explication est aussi celle donnée par les météorologues sur le site meteobelgique.be

Cette théorie ne fait néanmoins pas l’unanimité au sein de la communauté des climatologues.

Non, c’est vrai : on n’observe le phénomène de réduction de la banquise en Arctique que depuis une quinzaine d’années. On manque donc d’un peu de recul pour savoir s’il s’agit d’un phénomène qui indique un changement climatique.

Tout cela ne nous dit pas quand on pourra commencer les semis! On est perdus, avec la météo de ces dernières semaines… Et les jardiniers sont souvent impatients de commencer ! Sur le site www.potagerdurable.com, j’ai trouvé un article fort bien écrit qui rappelle qu’« au printemps, rien ne sert de semer trop tôt »… Certes printemps commence officiellement le 20 mars, mais il ne faut jamais se fier au calendrier pour jardiner ! L’auteur du site propose, plutôt que de se fier à une date, d’apprendre à décoder les signes que la nature nous donne pour savoir si la terre est prête à recevoir nos semis.

Quels sont donc ces signes que la terre est prête ?

Il faut que la terre ne soit plus humide et collante. Pour le vérifier, on creuse la terre avec une petite pelle sur quelques centimètres. Si la terre colle à l’outil, c’est qu’il faut encore attendre un peu. Vous pouvez aussi enfoncer vos doigts dans la terre. Vous sentirez vite si la terre est réchauffée ou pas.

Voici les autres signes que l’on peut observer et qui donnent le top départ pour les semis, toujours selon cet excellent site:

- La floraison des saules ou des forsythias (normalement en février-mars, on l’attend toujours !) donne la permission de commencer les semis des épinards, fèves, pois, ail, échalote, oignon.

-La floraison des narcisses (en mars-avril) indique que l’on peut commencer, à l’intérieur, à semer des aubergines, tomates, piments / poivrons, et à l’extérieur, des semis des salades, pois, fèves, carottes, navets, radis, choux-raves, persil.

-Lorsque les lilas ou cerisiers seront en fleurs (en avril-mai), vous pouvez entamer les semis des concombres, courges, melons, choux, basilic, plantation des pommes de terres. Enfin, il faut patienter jusqu’à la floraison des roses (en mai-juin) : pour planter en pleine terre les aubergines, tomates, piments / poivrons, et semer les haricots.

-Un dernier test proposé par www.potagerdurable.com : grattez délicatement la terre du potager et regardez s’il y a des graines de « mauvaises » herbes en cours de germination dans le sol. La levée de ces herbes indésirables va indiquer si la terre est suffisamment réchauffée ou non.

 

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