Paysages en bataille

Par · 10 nov 2012

Cette semaine, je suis heureuse de vous annoncer l’aboutissement d’un projet qui me tient à coeur. En 2011, j’ai reçu le soutien du Fonds pour le Journalisme pour une grande enquête sur les séquelles environnementales de la Première Guerre mondiale…

Résilience, Fabienne Loodts @Paysagesenbataille.be

Résilience, Fabienne Loodts @Paysagesenbataille.be

De 1914 à 1918, le monde occidental opère une mutation radicale. Les armes deviennent chimiques, leur impact sur l’homme et l’environnement est inédit jusqu’alors, et se poursuit jusqu’à ce jour. A la veille des commémorations du centenaire de la Première Guerre Mondiale, l’exploration de ce conflit sous ce nouvel angle semble indispensable.

Comment est née l’idée de Paysages en Bataille ?

Lors d’une excursion familiale en Argonne, j’ai été saisie par la beauté du panorama que l’on a depuis le sommet de la butte de Vauquois. A  25 km au nord-est de Verdun, Allemands et Français s’y sont affrontés de septembre 1914 à avril 1918, dans une effroyable guerre des mines qui a ravagé le tertre et le village qu’il portait. En visitant le site, on prend la mesure du paradoxe qu’exprime le géographe Yves Lacoste : « (…) parmi les endroits d’où l’on peut voir un paysage, celui dont la vue est la plus belle est presque toujours celui qui est le plus intéressant dans un raisonnement de tactique militaire ». J’ai eu envie alors de sillonner les paysages qui portent les stigmates de la Première Guerre Mondiale, à la recherche de ce lien entre l’histoire et la nature.

Au fur et à mesure de cette enquête, les découvertes réalisées ont dessiné un champ d’investigation plus large et plus riche que je ne le soupçonnais, avec ses aspects étonnants, comme celui de l’existence de plantes obsidionales, amenées sur le terrain par les belligérants de l’époque, mais aussi d’autres aspects plus inquiétants, comme le danger que représentent les dépôts de munition immergés en mer, ou la pollution des sols par les engins de guerre et leurs charges chimiques… J’ai découvert aussi que malgré ces atteintes importantes, la nature semble vouloir renaître sur les sites de guerre. La résilience écologique des sites de guerre est-elle une illusion ? « Si je pénètre malgré tout dans ce champ miné, c’est plus pour poser des questions que pour y répondre » a écrit Henri Laborit dans son Eloge de la fuite. La Belgique, et en particulier la région d’Ypres, a été marqué de façon importante par le premier conflit mondial. De nombreux vestiges de guerre, armes, munitions, et autres sources de pollution héritées de cette guerre subsistent sur le territoire, parfois même sous forme de dépôts volontaires.

Cette enquête a pour but de briser le silence pesant qui règne autour de ces stigmates de la guerre de 1914-1918  dans  notre paysage, et de leurs conséquences sur nos sols et notre environnement.

Cette enquête a reçu le soutien du Fonds pour le journalisme en Communauté française.

Certains de ses volets sont relatés au travers de 3 articles de deux pages dans La Libre des 10-12-13 novembre, et un reportage télévisé sera diffusé dans Le Jardin Extraordinaire (RTBF), le 11 novembre 2012.

Le travail débuté en 2010, et se poursuivra dans les années à venir : le blog www.paysagesenbataille.be est destiné à fournir un récit évolutif des investigations effectuées. L’auteur espère aussi susciter de nouvelles découvertes  grâce à cette publication continue.

Commentaires1 Comment

  1. Amaranthe dit :

    Coucou Isa,

    Je me demande s’il n’y a pas une erreur dans le lien vers ton nouveau site ? Peut-être oubli du http ?

    Je te lis sur mon iPhone : super la version mobile du site !

    Sylvie

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