Hêtre ou ne pas hêtre

Par · 9 jan 2010

Une très belle photo de la Forêt de Soignes par Luc Germentier, auteur du blog http://foretdesoignes-luc.blogspot.com/

Une très belle photo de la Forêt de Soignes par Luc Germentier, auteur du blog http://foretdesoignes-luc.blogspot.com/

La hêtraie cathédrale de la Forêt de Soignes souffre des changements climatiques. Pour préserver ce patrimoine paysager, de nouvelles mesures de gestion s’imposent. Avec à la clé une diversification des essences qui devrait renforcer la biodiversité.

Plusieurs travaux universitaires (UCL, ULB, FUSAGx) sont venus confirmer, fin 2009, ce phénomène de fragilisation des hêtres.  A l’occasion d’une interview réalisée pour l’article publié dans Le Vif/L’Express ce 8 janvier, Stéphane Vanwijnsberghe, Ingénieur Chef de Sous-division (Division Nature, Eau et Forêts, Bruxelles Environnement) m’expliquait qu’ « au niveau belge, à l’horizon 2100, le hêtre pourrait ne subsister qu’en Ardennes, voire en Hautes Ardennes, là où les stations resteront suffisamment fraîches malgré le changement climatique. »  Ces données ne sont pas isolées : en France, une étude de l’INRA publiée en 2007 prévoyait que cette essence aux besoins d’humidité atmosphérique élevée, avec des précipitations annuelles supérieures à 700 mm, risque de régresser d’ici la fin du siècle en raison de plus fortes températures en été et d’une baisse des précipitations.Je vous conseille aussi, à ce sujet, de lire l’article de Sylvie La Spina, publié dans le magazine couleurs nature « Natagora » (n° 34 novembre-décembre 2009), publication de l’asbl du même nom…que tous les membres de Natagora reçoivent gratuitement! C’est l’occasion au passage de vous faire membre, sans doute une très bonne résolution pour 2010! Pour en revenir à nos arbres, Sylvie La Spina est ingénieur agronome et guide nature. Elle mène depuis 3 ans un doctorat au sein du Laboratoire de Lutte bioloque et Ecologie spatiale à l’Université Libre de Bruxelles, et explique dans cet article que si l’on se souvient de la maladie du hêtre et des ravages qu’elle fit entre 1999 et 2001, aujourd’hui, » la plus lourde menace pesant sur le hêtre est la succession de sécheresses que nous connaissons ces dernières années, et qui auraient tendance à croître en fréquence et en intensité avec les changements climatiques ».

En conclusion, je dirais que tout cela n’est pas une si mauvaise nouvelle pour la Forêt de Soignes:  en remplaçant progressivement une partie des plus vieux peuplements de hêtres, mais aussi de chênes pédonculés (qui souffrent aussi, dans une moindre mesure, du changement climatique), on devrait renforcer la résistance de la forêt aux changements climatiques et accroître sa biodiversité. Jusque là, il faut bien dire que si la hêtraie cathédrale était admirée pour sa beauté dans le monde entier, elle n’était pas réellement un exemple de foisonnement de la biodiversité.

A lire aussi : la page dévolue à ce thème sur le site de la Plateforme de la forêt de Soignes

Et pour le plaisir des yeux, rendez-vous sur le blog de Luc Germentier, promeneur-photographe amoureux de la Forêt de Soignes.

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