Stop au sabotage hormonal

Par · 22 juin 2012

Il ne se passe plus un mois sans qu’une étude scientifique ou l’autre nous alerte sur les effets des perturbateurs endocriniens… Ainsi le journal Le monde annonçait hier une nouvelle étude à paraître dans la prochaine édition de la revue Endocrinology. Une étude qui indique que les effets du bisphénol A sur les populations seraient sans doute transgénérationnels… Il ne suffira donc pas d’interdire le bisphénol A (BPA) pour que ses effets sur les populations disparaissent. Mais il faudra attendre plusieurs générations. C’est assez inquiétant quand on sait que sur les souris, cette molécule génère des troubles du comportement à des niveaux d’exposition très faibles, comparables aux concentrations de BPA retrouvées dans la plus grande part de la population humaine occidentale.Depuis la fin des années 1990, on a découvert que les perturbateurs endocriniens affectaient le système reproducteur mais qu’ils pouvaient aussi toucher le métabolisme, notamment en déréglant la thyroïde…

L’exposition à certaines substances chimiques serait un facteur de puberté précoce, d’obésité, et de diabète… A découvrir la liste de tous les maux dont ces substances sont responsables, on aurait tendance à la paranoïa. Pourtant, pour André Cicolella, président du RES (Réseau Environnement Santé), « la mise en évidence des perturbateurs endocriniens ne doit pas être interprétée comme une nouvelle anxiogène, mais comme une bonne nouvelle, car cela nous donne enfin des clés de compréhension pour agir sur la prévention de maladies graves et ainsi enrayer leur expansion, voire même les faire régresser. »

Bien, mais pour partager cet optimisme, encore faut-il savoir comment se protéger de ces substances… Que peut-on faire en attendant que des décisions politiques nous protègent mieux ?

Et bien faire la chasse au Bisphénol A, aux phtalates, parabènes, composés perfluorés, métaux lourds, perchloroéthylène, retardateurs de flammes bromés, les pesticides, ou les filtres UV… Dit comme ça, ça peut paraître parano mais c’est particulièrement important  au cours des périodes critiques du développement : in utero, puis durant la pré-puberté et la puberté.

Reste à savoir comment endiguer cette overdose de toxiques ?Et bien il y a quelques gestes simples, et si vous voulez bien, je vous propose pour les découvrir de faire le tour des pièces de votre maison, ou de la mienne, commençons par la cuisine… Une enquête publiée aussi cette semaine par l’association Pesticide Action Network Pan-Europe un classement des fruits et légumes que l’on trouve sur nos étals selon leur degré de pollution aux pesticides…En tête du top10, sachez qu’on trouve les salades, les tomates et les concombres, qui font partie de nos légumes préférés les plus consommés! Donc un conseil : préférez les aliments bio, quand c’est possible…Et de manière générale, mieux vaut laver et éplucher les fruits et légumes pour éliminer un maximum de pesticides, car une partie de ceux-ci se concentrent dans leur peau. Il faut aussi varier son alimentation pour éviter l’accumulation d’un même pesticide, et puis préférer les produits locaux pour éviter les agents de conservation que l’on ajoute aux aliments transportés sur de longues distances.

Côté cuisine, il y a aussi les plastiques alimentaires et autres accessoires culinaires : à éviter eux aussi ?

On peut en tout cas éviter les contaminations en ne chauffant pas les plastiques alimentaires, ni les conserves : au micro-ondes, on prendra l’habitude de chauffer les aliments dans du verre ou de la céramique. Plus la température est élevée, plus le risque de migration de substances nocives dans les aliments est important. Mieux vaut ne pas conserver de nourriture dans les plastiques portant les n° 3, 6 et 7, surtout s’il s’agit d’aliments gras. Evitez aussi de boire l’eau stockée dans les bidons des fontaines à eau… Préférez les casseroles et poêles en acier inoxydable ou enduites de céramique, plutôt que celles couvertes de téflon, et n’utilisez plus les ustensiles de cuisine dont le revêtement ou la matière est abimée, car ils risquent de contaminer davantage votre nourriture. Il y a encore de nombreux conseils culinaire, comme choisir des viandes et poissons maigres ou en ôter un maximum de gras car les perturbateurs endocriniens ont tendance à s’accumuler dans les matières grasses.Enfin, ne mangez pas trop de soja et de produits dérivés du soja, et évitez en particulier d’en donner aux enfants de moins de 3 ans, car le soja contient des iso-flavones, qui sont des phyto-oestrogènes, eux aussi perturbateurs endocriniens…

Côté salle de bain, j’imagine qu’on peut commencer par réduire le nombre de produits utilisés… Oui, et si possible, évitez d’abord les produits parfumés. Privilégiez les produits portant des labels garantissant la limitation ou l’interdiction de certaines substance (par exemple Nature & Progrès, ou Cosmebio) ou les formulations pour peau sensible qui contiennent moins d’ irritants, parfums et agents de conservation. Evitez en tout cas les teintures pour cheveux contenant de la résorcine.

Pour ce qui est du ménage, les conseils sont je suppose similaires : éviter les parfums ? Oui, et aérez régulièrement les pièces de votre habitation et puis faites régulièrement les poussières car les toxiques s’y accumulent. Choisissez des produits d’entretien écolabellisés, ou faites votre ménage à base d’ ingrédients biodégradables comme le vinaigre blanc, le bicarbonate, le savon de Marseille. Evitez les travaux de bricolage pendant la grossesse et dans la chambre de bébé. Choisissez si possible des matériaux sains en réduisant la présence de moquettes, de textiles synthétiques, de bois aggloméré et de revêtements plastiques.

Jusqu’où faut-il faire attention ? Et bien jusque dans votre garde-robe, Corinne ! Le Réseau Santé environnement conseille de fuir les vêtements « techniques », notamment ceux qui contiennent du téflon ou qui ont été traités contre l’eau et les taches. Pour la lessive, préférez des produits sans parfum et certifiés biodégradables. Et puis, si vous recourrez au pressing, cherchez-en un qui travaille de façon écologique ou aérez vos vêtements avant de les porter. Je vais arrêter je vous propose de trouver d’autres conseils sur deux sites web, celui de l’association Women in Europe for a Common Future, et celui du réseau environnement santé…

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Commentaires1 Comment

  1. Lou dit :

    Et que pensez-vous des pilules contraceptives et autres traitements hormonaux que nous consommons en masse???

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