Rencontre avec un duo de locavores belges

Par · 4 mai 2011

DSC_0345Ces derniers temps, j’ai croisé à plusieurs reprises le duo de « Raconte-moi mon terroir »… Depuis le 1er janvier de cette année, Thibault Van Weyenbergh (29 ans) et Amélie Guerrand (27 ans) se sont engagés à se nourrir uniquement de produits frais et locaux. Après avoir vidé leurs garde-manger et frigo de tout ce qui n’était pas 100% belge, le couple a entamé sa petite révolution en cherchant dans les grands magasins mais aussi dans les filières alternatives des aliments exclusivement issus de notre terroir. Cela les a par exemple amenés à supprimer l’huile d’olive et à la remplacer par une huile de colza produite en Wallonie, une matière grasse qui s’avère tout aussi intéressante du point de vue nutritionnel… L’aventure ne manque pas de piquant, et peut être suivie sur le blog animé par ceux que j’appelerais volontiers « le duo de belgavores »,Amélie, diététicienne, y livre quelques recettes intéressantes permettant d’accommoder des légumes de saison,ou de réaliser un apéro sans rhum ni cognac mais pourquoi pas avec un peu de bière ou même un whisky belge, et oui, ça existe ! Outre la découverte de certains produits étonnants, le couple livre aussi quelques reportages intéressants ramené de ses visites chez des producteurs locaux. Amélie et Thibaut témoignent aussi des humeurs suscitées par cette expérience. Seule entorse admise dans ce défi : le chocolat… A condition qu’il soit belge, bien sûr ! Après plus de 4 mois d’expérience, les belgavores gardent la pêche, ou plutôt ont la frite !

Je disais donc que nous nous étions rencontrés sur le plateau de Sans Chichis, et que, frustrés de n’avoir pu échanger plus longuement sur nos expériences mutuelles, nous avions décidé de nous revoir… Entretemps, j’avais suivi leurs différents passages dans les médias, et même découvert que nous fréquentions les mêmes lieux sans le savoir, en menant nos enquêtes: alors que je rendais visite à Eric et Sabine Léonard, qui ont cessé leur activité de boucherie à la ferme pour se lancer dans une exploitation de safran, au coeur de la Hesbaye (ça, c’est une autre histoire dont je vous dirai bientôt plus!) … Eric m’a parlé d’Amélie et Thibaut, qui s’étaient rendu chez eux quelques jours auparavant! Ils étaient amenés là par Etienne Bouillon, premier producteur de Whisky belge avec lequel Eric et Sabine ont tissé des liens leur permettant de mettre au point un malt parfumé au safran (ça vous intrigue, n’est-ce pas!-) Un peu de patience!) Eh bien, figurez-vous que je dois justement prochainement faire un reportage sur ce fameux whisky Belgian Owl… Bref, tout ça pour dire que le duo de locavores et moi nous baladons sur les mêmes chemins de traverse!-) C’est Amélie qui a pris les devants en m’invitant à les rejoindre lors de leur visite du dernier salon Valériane, à Bruxelles. Ce fut une vraie belle rencontre conviviale, vendredi dernier, durant laquelle nous avons pu partager plein d’idées, d’envies, de questionnements… J’aime particulièrement leur fraîcheur d’esprit. si certains osent leur reprocher d’avoir choisi de manger belge plutôt qu’écologique, je dirais que leur expérience a le mérite d’offrir un cadre précis. C’est souvent ce qui manque, quand on décide de changer sa façon de se nourrir pour la rendre plus durable… Si on vise trop haut, d’un seul coup, on risque de se décourager, en ne sachant plus que mettre dans son panier à provisions! Manger local, ce n’est pas toujours parfait, mais c’est déjà un geste important… C’est d’autant plus louable que Thibaut et Amélie se saisissent de cet exercice pour nous faire découvrir des producteurs locaux et leur travail, sans mettre pour autant de côté leur esprit critique. Que penser d’un choco « artisanal » qui n’est pas équitable et comprend de l’huile de palme? Quant à ceux qui critiqueraient le fait qu’ils fassent une entorse pour le chocolat, je trouve pour ma part que cela les rend humains et montre à quel point ils sont vrais. Pourquoi ceux qui font des efforts devraient-ils être parfaits? C’est une optique que je partage avec eux, et cela faisait du bien d’échanger autour de tous ces thèmes.

La rencontre était à nouveau trop courte, de sorte que nous avons décidé de nous revoir, et pourquoi pas, de visiter ensemble quelques producteurs de ma région. Affaire à suivre, et d’ici là, bonne nouvelle pour Amélie, Thibaut, vous et moi: les fraises du pays de Burdinale-Mehaigne sont déjà là!

Ajouter un commentaire

*