Ras-le-bol de l’obsolescence programmée!

Par · 17 déc 2011

Ras-le-bol de l’obsolescence programmée, cette programmation de la désuétude des objets de consommation par les firmes qui les fabriquent. On en parle beaucoup, depuis le documentaire « Prêt à jeter » diffusé sur Arte…

Et de plus en plus de consommateurs sont confrontés à celle-ci. Je vous invite par exemple à lire l’article consacré par Sylvie, mon amie blogueuse, à la mystérieuse défaillance de son appareil photo… Je vous fais part aujourd’hui de ma propre expérience…Il y a peu, je me suis entendue dire par un réparateur qu’il serait moins cher d’acheter une nouveau lave-vaisselle plutôt que de faire réparer le mien, en panne. La « bête » avait 8 ans, et nous venions de la faire réparer trois semaines plus tôt pour la « modique » somme de 218 euros… Mais voilà que « comme par hasard », la seconde panne survient. Différente de la précédente, elle m’a fait comprendre que nous étions peut-être en face de cette fameuse obsolescence programmée contre laquelle nous sommes de plus en plus nombreux à pester.

Pas facile de savoir que faire aujourd’hui : bien souvent, la réparation coûte plus cher qu’un produit neuf…

C’est bien là le problème… A l’idée de devoir investir à nouveau 2 gros billets sans garantie que la machine ne tomberait pas en panne encore quelques semaines plus tard, nous avons comme beaucoup d’autres consommateurs été contraints d’envisager l’achat d’un nouvelle machine… Mais, vous me connaissez, nous avons décidé alors d’en profiter pour choisir un lave-vaisselle plus économe en consommations d’eau et d’électricité…

J’ai donc réalisé une petite «étude de marché, et une nouvelle fois, ma calculette nous a révélé quelques surprises ! J’étais séduite, sur le catalogue, par les promesses d’un lave-vaisselle « A+++ », consommant à peine 10 litres d’eau et 0,8 kwh par cycle, mais j’étais dans le même temps un tantinet effrayée par les 1259 euros demandés pour accéder à ses qualités. Je me suis donc livrée à une savante comparaison avec un simple « A », à 749 euros, moyen de gamme, consommant quant à lui 11 litres et 0,98 kwh par cycle. Sur base de deux utilisations quotidiennes, le premier modèle aurait permis de réaliser environ 15,8 euros d’économies par an…

Une quinzaine d’euros, ça parait peu de différence, et en même temps, ça vaut la peine sur le long terme, non ?

En théorie, oui, mais dans ce cas-ci, il faudrait un peu plus de 32 ans pour compenser la différence de 510 euros entre les deux modèles… Et le vrai problème, c’est que ces modèles ne sont garantis que 2 ans, et que même la prolongation de la garantie, pour 100 euros, ne s’étend pas au-delà de 5 ans. Alors avouez que là, il y a de quoi se sentir frustré en tant que consommateur, et même d’avoir l’impression d’être berné ! Peut-on vraiment attendre des consommateurs qu’ils optent pour les produits les plus écologiques au détriment de leur portefeuille ? Bien sûr, les prix de l’eau et de l’énergie vont continuer à augmenter dans les années à venir. Bien sûr, aussi, nous aurions pu décider de nous passer de lave-vaisselle… Le compromis d’un moyen de gamme nous a semblé raisonnable, étant donné qu’aucun fabricant n’ose aujourd’hui assortir les achats dits écologiques d’une garantie plus large, qui serait pourtant le gage d’une véritable « durabilité ».

Mais les temps changent, alors peut-être le ras-le-bol des consommateurs sera-t-il enfin entendu ?

Ce ras-le-bol s’exprime de plus en plus, il suffit de faire quelques recherches sur les forums de discussion pour s’apercevoir que certaines pannes sur certains appareils surviennent comme par hasard au bout d’un certain délai d’utilisation. C’est particulièrement le cas des imprimantes. Mais là, les consommateurs qui en ont assez de passer pour des pigeons s’organisent : il existe des sites qui expliquent comment bidouiller soi-même une imprimante pour prolonger sa vie…Selon, Philippe Jourdan, coauteur du livre « A nouveaux consommateurs, nouveau marketing. Zoom sur le conso’battant » (éditions Dunod), les entreprises vont devoir tenir compte de l’évolution du consommateur…Avec la crise, les achats compulsifs qui assuraient un renouvellement rapide des gadgets électros, risquent bien de diminuer. Le nouveau consommateur est plus informé et moins riche…

Reste à espérer que les industriels comprennent le message et offrent à nouveau des produits qui durent vraiment, assortis de vraies garanties…

Signe des temps et du changement des mentalités, alors que l’on se prend à rêver de garanties longue durée et de réparations bon marché, nos voisins des Pays-Bas se sont lancés dans les Repair cafés, c’est à dire les cafés de réparation. L’idée est simple : on apporte au café son matériel endommagé, et sur place, un bénévole aux doigts magiques effectue la réparation ! L’initiative fonctionne tellement bien qu’elle est désormais subsidiée par le Ministère de l’Environnement des Pays-Bas. Il existe aujourd’hui pas moins de cinq repair-cafés aux Pays-Bas, dont un près des frontières belges, à Maastricht… A quand le premier repair café belge ?

Alors que je mets cet article sur le blog, La libre de ce matin vient de publier un article sur une proposition de loi déposée par Ecolo pour contraindre les fabricants à faire durer plus longtemps les électros, et à afficher clairement leur durée de vie… Espérons que cette proposition de loi se concrétisera, ce serait une première, mais je pense que le politique peut se montrer réellement utile sur ce sujet, et que le message doit venir de lui autant que des consommateurs. Reste à espérer que les fabricants n’en profitent pas pour justifier des hausses de prix exagérées, ce qu’on pourrait bien craindre. D’accord pour offrir une juste rémunération aux personnes qui travaillent dans les usines de ces industriels, mais pas pour que sous prétexte qu’on nous fabrique à nouveau des produits durables, on double les prix, sachant que l’obsolescence de ces objets a dans beaucoup de cas été programmée, c’est à dire étudiée, et a donc coûté des investissements en recherche et développement, il doit y avoir moyen de faire pour le même prix des objets qui durent, non ?

Commentaires4 Comments

  1. Capucine dit :

    Merci beaucoup d’avoir relayé mon ras-le-bol ! C’est grâce à des journalistes comme Madame Nature que les choses bougent dans le bon sens !

  2. Madame Nature dit :

    Merci beaucoup Capucine! Continuez à me souffler des idées qui font bouger le monde!

  3. grenouille dit :

    Le calcul que tu fais sur le gain d’argent avec la nouvelle machine à laver est sans doute à améliorer en imaginant les augmentations inévitables du coût de l’énergie…
    N’éanmoins, c’est vrai que faire des petites économies d’énergies supplémentaires n’est pas forcément un vrai gain écologique si c’est pour acheter une nouvel machine qui a demandé je ne sais combien d’énergie grise, de main d’oeuvre à bas prix, d’extraction de matières naturelles, de transports…
    Un exemple intéressant :
    http://www.greenit.fr/article/materiel/fabriquer-un-mac-book-emet-90-fois-plus-de-co2-que-1-an-d-utilisation-en-france-395

  4. Isabelle dit :

    Bonsoir Grenouille,
    votre remarque est certes pertinente. Mais il est impossible de savoir exactement de quel ordre seront les augmentations du coût de l’énergie toutefois, même si on admettait que l’électricité devenait brutalement 3 fois plus chère, il faudrait encore plus de 10 ans pour rendre la machine rentable…Et la garantie ne s’étend pas au-delà de 5 ans. C’est la durée de vie de ces objets qui doit être augmentée!

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