Questions-réponses du ménage écono-écolo/1

Par · 30 nov 2012

J’ai déjà abordé plusieurs fois sur ce blog la question des produits ménagers et des substances qu’ils peuvent contenir, polluantes et toxiques pour la santé. Voici quelques réponses à toute une série de questions que m’adressent régulièrement auditeurs, téléspectateurs, internautes et participants aux ateliers!

Les consommateurs se posent beaucoup de questions. Ils ont envie de changer les choses, d’agir, et c’est une bonne chose. Mais quand on met la main à la pâte, on est parfois confronté à des questions, je vais essaye d’y répondre. Sur la page FB de Nuwa, Yasmina Moudou aimerait avoir une recette autre que le savon de Marseille pour faire sa lessive ou un truc pour ne pas avoir de traces blanches. Deux choses : si vous avez des traces blanches suite à l’utilisation de savon de Marseille brut pour la lessive, c’est que vous l’utilisez en copeaux. Lorsqu’on lave à 30 ou 40°C, les copeaux ne se dissolvent pas toujours entièrement, ce qui peut en effet occasionner des traces blanches sur le linge. Je vous conseille de réaliser un produit liquide en faisant fondre un mélange de 50 gr de copeaux de savon de Marseille et 50 gr de cristaux de soude dans 1 litres d’eau chaude. Il faut bien secouer et utiliser un verre par lessive… Attention, il arrive que cette lessive se solidifie. On peut la rediluer avec de l’eau chaude.

Une autre question qui revient souvent, à propos de la lessive au savon de Marseille : comment se procurer un vrai savon de Marseille, sans huile de palme ?

Il est vrai que c’est difficile. La plupart des savons de Marseille contiennent aujourd’hui de l’huile de palme. Ils contiennent aussi parfois des parfums, voir des substances plus préoccupantes encore pour la santé et l’environnement, comme l’EDTA (acide éthylènediamine tétracétique) utilisé comme anticalcaire mais qui n’est presque pas biodégradable et séquestre non seulement le calcaire mais aussi de nombreuses autres substances comme les métaux lourds et les micronutriments, ce qui peut avoir pour effet de faire rentrer ces métaux lourds dans la chaîne alimentaire écologique. Ce que je conseille, c’est de se procurer éventuellement du savon d’Alep, qui pourra être utilisé en copeaux (à raper soi-même). Il est plus facile aujourd’hui de trouver un vrai savon d’Alep (en droguerie ou magasin bio) qu’un vrai savon de Marseille. Le savon d’Alep authentique ne contient que de l’huile d’olive, de l’huile de laurier, et de la soude. Ce qui convient parfaitement. Il ne faut pas pour autant l’acheter à l’aveuglette : regarder l’étiquette reste indispensable car on trouve aussi des savons d’Alep moins authentiques sur le marché…

Toujours sur FB,Patricia estime que le « vrai »savon de Marseille, c’est cher. Elle propose la lessive à la cendre qui, dit-elle, ne coûte rien, ne pollue pas, et rend le linge propre. Est-ce que ça marche aussi bien que ça?

D’abord, la lessive au savon de Marseille coûte environ 1 euro du litre, ce qui n’est pas si cher. Mais il est vai que celle à la cendre est encore moins chère. La lessive à la cendre est très efficace pour les taches organiques comme le gras et moins efficace sur les taches minérales comme la boue. Elle est idéale pour rafraîchir un linge peu sale. Si les vêtements ont des taches, frottez-les avec du savon avant de les mettre dans la machine. Pour le linge blanc, on peut ajouter du bicarbonate de soude. Personnellement, j’utilise de la lessive à la cendre sur des vêtements foncés, et la lessive au savon de Marseille sur les blancs. La lessive à la cendre est facile à faire : Il faut tout d’abord tamiser la cendre pour enlever les morceaux de charbon. Ensuite, on a le choix de travailler avec de l’eau chaude ou froide. On mélange 50 g de cendre par litre d’eau et on laisse poser 24h en mélangeant de temps en temps. Le lendemain on filtre une première fois avec une étamine, et une seconde fois avec un tissu encore plus fin, ou un filtre à café. On peut y ajouter quelques gouttes d’huile essentielle. Une autre méthode propose de faire bouillir les cendres 10 minutes dans l’eau puis de laisser poser seulement 3 heures avant de filtrer. Dans tous les cas, on utilise 2 à 4 dl de lessive par tambour de linge à laver. C’est la lessive originelle. Les cendres de bois contiennent de la potasse. Le terme potasse est d’ailleurs issu de l’Allemand « pot asche » ou de l’Anglais « pot ashes », en Français, les « cendres du pot ». La potasse a le pouvoir de dissoudre les graisses, ce qui en fait un bon nettoyant. C’est cette substance qui fut très longtemps à la base de la fabrication du savon.

On reste sur la lessive avec une question qui vous revient souvent à propos des balles de lavage : ne risquent-elles pas d’abimer le tambour ?

Alors pour rappel, ce sont des balles en caoutchouc qu’on trouve en magasin bio ou droguerie et qui accroissent le pouvoir nettoyant des produits, grâce à leur action mécanique, et permettent donc d’en utiliser moins. Certaines personnes craignent en effet que ces boules abiment le tambour mais rassurez-vous, toutes les personnes qui les utilisent pourront vous certifier le contraire. Il y a des croyances tenaces, qui sont parfois entretenues par les fabricants de machines, qui sont souvent alliés aux fabricants de produits ménagers. Par exemple, Lorraine, une auditrice, nous confiait qu’une de ses amies avait été convaincue par un magasin d’électroménager que le vinaigre ne doit JAMAIS être utilisé sous peine d’abîmer les appareils. C’est tout à fait faux. Vous pouvez sans problème utiliser le vinaigre en remplacement de l’adoucissant pour le linge, cela fonctionne très bien.

Le linge ne sent pas le vinaigre ensuite ?

C’est en effet une question qui revient souvent. Non, l’odeur du vinaigre disparait avec l’eau de rinçage. C’est d’ailleurs un « problème » des produits que l’on fabrique soi-même pour la lessive : ils ne parfument pas le linge ou très peu. Or beaucoup de consommateurs aiment qu’un linge propre soit parfumé. Or même si on met des huiles essentielles dans la lessive liquide, l’odeur se dissipe très vite. Ce que je propose, c’est de parfumer le linge au cours du stockage, en mettant des savons parfumés dans ses armoires, ou des sachets de lavande. Un linge séché dehors sent aussi très bon, mais en Belgique, ce n’est pas toujours évident de sécher son linge à l’extérieur!-)

Encore une question sur le vinaigre qui me revient souvent : peut-on nettoyer au vinaigre un wc relié à une fosse septique?

Sur le forum « Consommer durable », on trouve la réponse du Directeur technique d’une société spécialisée dans l’assainissement individuel: le vinaigre blanc contient essentiellement de l’acide acétique. Or cet acide est naturellement produit en grande quantité au cours de la digestion anaérobie qui a lieu dans une fosse, et il est ensuite transformé en biogaz.  L’utilisation ménagère de vinaigre blanc est donc absolument sans danger pour une fosse septique.

Bonne nouvelle donc, pour le vinaigre qui est décidément un produit indispensable pour faire le ménage ! Une question encore de Murielle, qui se demande si les phosphates des tablettes de lave-vaisselle sont détruits par les stations d’épuration.

Pour rappel, les phosphates sont interdits en Belgique dans les produits de lessive, le seront en Europe à partir du 1er janvier 2013, et cette interdiction devrait être élargie aux détergents ménagers pour lave-vaisselle à partir de 2015. Certes, il est possible de récupérer les phosphates en stations d’épuration, mais toutes les stations d’épuration ne sont pas conçues pour cela, et même si aujourd’hui, en Belgique (renseignements pris auprès d’Aquawal), une bonne partie du phosphore issu de ces phosphates est récupéré, cela a un coût, qui se répercute comme toute épuration de pollution, sur le coût de l’eau. Donc, mieux vaut éviter la pollution à la source. C’est le cas pour les phosphates mais aussi pour tous les autres micro-polluants.

La question qui vient souvent ensuite au sujet des lave-vaisselle, c’est que vaut-il mieux utiliser : tablettes, poudre, liquide? Personnellement, je n’ai pas trouvé de recette « maison » écologique qui me satisfasse, et j’utilise des tablettes tout-en-un « écologiques ». Ce n’est pas parfait, du point de vue écologique, mais pour l’instant c’est le compromis qui me satisfait le mieux. Ecoconso estime que les tablettes 3 en un sont apparemment plus favorables à l’environnement que leur équivalent de la même marque en trois constituants séparés. L’association fait le point sur tout cela dans une fiche très complète disponible sur internet. Reste que remplacer le nettoyant pour lave-vaisselle par du produit pour la vaisselle à la main est totalement à proscrire, ce dernier produirait une surabondance de mousse et le débordement de la machine. L’occasion de rappeler en conclusion un basique du nettoyage écologique : Lorraine, notre auditrice déjà cité tout à l’heure nous dit qu’une personne de son entourage est persuadée que plus ça mousse, mieux ça lave. Et bien non, c’est faux. On aime que ça mousse, mais cela n’accroit pas le lavage, donc si vous utilisez un produit écologique pour laver la vaisselle à la main, ne forcez pas la dose : il est normal que ça mousse moins qu’un produit ordinaire, mais c’est aussi efficace !

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Commentaires1 Comment

  1. Christine dit :

    Pour l’odeur du linge… Depuis peu, j’utilise du savon d’Alep à la place du savon de Marseille car effectivement, depuis que l’emballage a changé, le savon est moins efficace pour la lessive.
    Je trouve que mon linge sent plus « le frais » avec le savon d’Alep. Je mets de l’HE de citron dans la préparation.

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