Père Noël tente de retrouver ses habits verts…

Par · 17 déc 2010

pere-noel-vertUne fois de plus, j’ai eu envie de commencer cette chronique par un peu d’histoire. Aujourd’hui, dans Nuwa (La Première), on essaye de rendre les fêtes plus vertes… Or, saviez-vous que le Père Noël, avant d’être représenté tout de rouge vêtu était dessiné avec des habits verts ? On raconte parfois que c’est Coca-Cola qui aurait habillé de rouge le joyeux bonhomme en 1931… Mais c’est une légende urbaine. Ceci dit, comme toute légende, celle-ci a sa part de vérité.  Le Père Noël, personnage dérivé de Saint Nicolas, a été représenté en rouge dès 1866, çad bien avant la première pub Coca-Cola le mettant en scène en effet en 1931… Ce qui est vrai par contre, c’est que les publicités Coca-Cola ont contribué à populariser l’image du Père Noël. Ceci dit la marque de soda n’est cependant pas la première a avoir utilisé l’image de ce barbu jovial dans des publicités : le fabricant de stylos Waterman y avait eu recours dès 1907, le manufacturier de pneumatiques Michelin en 1919 ou le fabricant de savon Colgate en 1920.

On comprend mieux pourquoi aujourd’hui  le  personnage comme la fête sont devenus véritablement commerciaux. Un Européen consacre en moyenne 370 euros aux cadeaux de Noël et 590 euros au total aux dépenses de Noël, mais les budgets varient du simple – 410 euros en moyenne pour les Grecs – au triple – 1 200 euros pour les Luxembourgeois. Selon un article du Trends Tendance du 30 novembre dernier, le budget cadeaux moyen du Belge devrait s’élever à 570€ cette année… Ce chiffre est issu d’une étude de la société de consultance Deloitte sur les intentions d’achat du consommateur européen pour les fêtes de fin d’année. Cette étude souligne aussi que le Belge privilégie le cadeau utile et moins cher… Elle révèle aussi la liste de souhaits de cadeaux des Belges : la moitié des Belges pensent offrir des chèques cadeaux ou désirent en recevoir. A priori, cela peut être une façon de ne pas se tromper en permettant à la personne de recevoir quelque chose dont elle a un réel besoin. Mais dans les faits, on s’aperçoit qu’ une partie des consommateurs n’utilisent pas ou pas entièrement ces chèques-cadeaux. Selon les estimations, la valeur des chèques-cadeaux «non consommés» en Belgique serait d’environ 70 millions d’euros en 2010. Après les chèques-cadeaux, le Belge pense offrir des livres (31 %), des produits de beautés ou parfums (29 %), voire des vêtements (24 %). Dans l’autre sens, de plus en plus de Belges désirent recevoir de l’argent (41 %). L’étude constate enfin que seulement 16 % des Belges font leurs achats en ligne, contre 33 % en Europe.

Livres, cosmétiques, argent, achats en ligne… Tout cela a une empreinte écologique. Est-ce qu’il est possible de faire plaisir de façon durable ? Il n’est pas toujours facile d’intégrer le critère du développement durable au choix des cadeaux. Et c’est d’autant moins facile que l’on s’y prend souvent à la dernière minute. Le rush de fin d’année dans les magasins et galeries commerciales est devenu une tradition… On peut bien sûr tenter de faire ses courses dans des magasins du commerce équitable, comme les Magasins du Monde d’Oxfam. Il est bon de noter aussi que les grands supermarchés comme Delhaize, Carrefour, Colruyt, proposent aussi des produits équitables plus raffinés qu’on ne le pense : du vin bio équitable,, des pralines de chocolat belge bio et équitable de la chocolaterie Delvas. L’offre existe même si elle n’est pas toujours bien mise en valeur dans les rayons plus garnis que jamais…C’est le moment plus que jamais de chercher les labels, que l’on choisisse un produit de beauté ou un vêtement par exemple. Pour vous aider, vous pouvez garder en poche le « Mini-guide pour un Noël responsable » disponible en ligne sur le site http://www.mescoursespoulaplanete.com/: il regroupe l’essentiel des labels qui vous aideront à choisir des jouets, des cosmétiques, des vêtements ou de la nourriture de façon responsable…

On parle beaucoup aussi de dématérialisation des cadeaux… C’est très à la mode : le cadeau dématérialisé est un argument de vente pour les entrées d’exposition, les places de spectacle, de théâtre, ou la musique téléchargée légalement… En apparences, c’est une bonne chose : zéro matériau prélevé dans la nature, zéro énergie… et zéro déchet ! Mais bien sûr, la réalité est toute autre ! Un concert a bien entendu une empreinte écologique : au même titre qu’un livre électronique, il émet des gaz à effets de serre, comme toute activité humaine. Et si vous offrez un bon pour une nuit d’hôtel, il faudra aussi tenir compte du déplacement réalisé par exemple… Pour cette raison, certains proposent d’aller plus loin : le site dont je viens de vous parles, Mes courses pour la planète, propose de recourir au certificat d’exemption de cadeau… Selon une idée de l’association canadienne de consommateurs Adbuster, ce certificat permet de « décharger » vos proches de l’obligation de vous acheter un cadeau  en leur suggérant par écrit quelques alternatives qui vous feraient davantage plaisir comme une promenade dans la nature, un repas à partager, du bon temps ensemble, etc. C’est bien beau, mais cela paraît encore loin de la réalité de la plupart d’entre nous: nous sommes encore attachés aux cadeaux matériels… Pour ceux qui ont encore besoin d’offrir un objet en marque d’affection, on peut dès lors penser à plusieurs solutions… La première est déjà souvent pratiquée par les familles nombreuses : on  limite la multiplication des cadeaux en n’offrant à chaque personne qu’un cadeau groupé, par exemple. On peut aussi choisir un cadeau qui sensibilise aux questions du développement durable tout en étant utile : une lampe de poche solaire, ou un abonnement à un panier de légumes de saison. Enfin, on peut aussi penser à des cadeaux locaux. Ils ne sont certes pas toujours faciles à trouver, mais de plus en plus de marchés artisanaux et du terroir apparaissent. A noter qu’à Hannut, ce we, se tiendra même un marché de Noël local et durable…Voilà une bonne idée de destination pour compléter ses courses par des bougies de cire d’abeille du pays, des bijoux et accessoires réalisés par des artisans régionaux dans des matières nobles, du vin bio, des accessoires originaux pour bébé cousus main avec des tissus sains. Bref, plein de bonnes idée rassemblées en un endroit convivial.

 Une fois qu’on a trouvé le cadeau, il faut encore l’emballer…Et c’est là que le bât blesse: les fêtes représentent des montagnes d’emballages qui deviennent très rapidement des déchets. On pourrait tenter de suivre le slogan qu’avait adopté la Communauté urbaine d’Helsinki en 2005 : « Offrez des cadeaux produisant plus de joie que de déchets ». Pour emballer ses cadeaux, on trouve désormais du papier recyclé. Les papiers les plus sophistiqués, brillants ou plastifiés ne sont pas considérés comme recyclables pour leur part. Par contre, comme ces papiers sont souvent plus solides que d’autres, pourquoi ne pas les réutiliser lorsque on reçoit un cadeau emballé de cette façon…Au Japon, le Ministère de l’Environnement a remis à la mode l’art du Furoshiki, çad l’art de plier un foulard ou une pièce de tissu pour en faire un emballage réutilisable. On est à nouveau loin de nos références culturelles, mais puisqu’on est à l’ère de la globalisation, pourquoi ne pas s’en inspirer ? L’enseigne de cosmétiques Lush a d’ailleurs choisi de proposer à ses clients cette méthode d’emballage. Et si vous voulez vous y mettre vous aussi, il existe de nombreuses vidéos explicatives sur internet.

 Une fois que les cadeaux sont emballés, on les pose sous le sapin. La semaine dernière, Lionelle Francart nous expliquait dans Nuwa (podcast ici)qu’un sapin de Noël naturel valait mieux qu’un sapin artificiel, surtout s’il provient d’un producteur local et labellisé. Ceci dit, si on a un sapin synthétique dans son grenier, cela n’aurait pas de sens de ne plus l’utiliser pour opter pour un sapin naturel. Et puis, surtout, ce que l’on oublie souvent, c’est que l’empreinte écologique du sapin est aussi une question de décoration. Selon l’ADEME, la consommation d’un sapin décoré avec une guirlande de 6 mètres d’une puissance moyenne de 39 W est d’environ 2,5 kWh. Pour une maison, les illuminations extérieures avec 10 mètre de guirlande de puissance moyenne de 13W/m et un motif lumineux de 60 W consomment 16 kWh. Sur base de ces chiffres, l’ADEME a établi que la consommation des illuminations de Noël pour les logements devait avoisiner, pour l’ensemble de la France environ 75GWh/an, soit une puissance moyenne de 950 MW çad ¾ d’une tranche de centrale nucléaire de 1300 MW. Ce qui génère en outre 10 000 tonnes d’émissions de CO2 par an. Pour remettre tout ça à notre échelle personnelle, parce que ces chiffres ne sont pas faciles à matérialiser, j’ai fait un petit calcul financier : sur base de l’illumination individuelle moyenne qu’on vient d’évoquer, chaque ménage paye en moyenne +/- 150 euros par an… C’est tout de suite beaucoup plus concret et ça donne envie de faire des économies, ne fut-ce que pour le portefeuille… Pour ça, on pensera bien évidemment aux guirlandes et éclairages Led. Mais je sais que vous attendez maintenant aussi avec impatience qu’on parle de la dinde, de la bûche et du champagne. Nuwa avait déjà fait le tour de l’assiette des fêtes durables dans la séquence interactive de la semaine dernière (podcast ici), avec vos invités. Je voulais juste revenir sur des chiffres qui eux ne sont pas vraiment à la fête. Selon Ecoconso, environ 12% de notre poubelle « non triée » est constitué de denrées alimentaires. La situation ne s’améliore pas pendant la période des fêtes. Outre-Manche une étude a montré que le gaspillage alimentaire augmente de 80% à Noël. En Belgique, chaque ménage mettrait 174 € directement dans la poubelle. Gaspiller  est un luxe surtout lorsque l’on sait que 13% de la population mondiale souffre de sous-alimentation et que rien qu’en Belgique, 200.000 personnes ne mangent pas à leur faim… Deux conseils pour éviter ce gaspillage : préparer votre menu de façon précise, en dressant un liste de courses. Et puis, rien de tels qu’accommoder les restes… J’ai découvert un site qui propose par exemple des tas d’idées pour cuisiner les restes de dinde. Terriyaki, vol au vent ou en salade, je vous laisse le choix… et surtout je vous souhaite de belles et bonnes fêtes !

Commentaires3 Comments

  1. Christine Muller dit :

    J’adore le principe « Offrez des cadeaux produisant plus de joie que de déchets »… et encore merci d’aller une fois de plus creuser plus loin que l’idée première. Bravo!

  2. Lenoble dit :

    Bon article. Soit dit en passant, le chocolatier, excellent, par ailleurs, s’appelle Belvas et non Delvas.

    http://www.belvas.be

    Passez d’excellentes fêtes.

  3. Isabelle dit :

    Bonjour et merci pour ce commentaire. Delvas était un nom juste à l’époque. Je crois que Belvas est une marque de Delvas ou inversément.

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