Merveilleuse marmite norvégienne

Par · 1 fév 2013

Que diriez-vous de réaliser d’importantes économies d’énergies lors de la cuisson de votre soupe ou de tout bon petit plat mitonné? C’est ce que vous pourrez faire grâce à cet objet quasi magique: la marmite norvégienne.

Bonne nouvelle, il ne s’agit pas d’un objet à acheter tout fait dans le commerce : la marmite norvégienne (ou suédoise) est un principe à utiliser dans votre cuisine moyennant quelques bricolages. On l’appelle aussi « cuiseur sans feu », « fireless cooker » ou « Hay Box ». c’est en fait un caisson isolant dans lequel on dispose une casserole dont on aura commencé à faire cuire le contenu sur le feu. La cuisson se termine dans ce caisson sans nouvel apport de chaleur.

La marmite norvégienne, c’est un peu le principe du thermos: on cuit à l’étouffée, dans un environnement qui conserve la chaleur accumulée… Cette technique de cuisson est idéale pour les plats qui cuisent longtemps, comme les ragoûts ou les soupes. Le temps de cuisson est multiplié par deux, mais on économise 50 à 75% d’énergie, et l’on gagne aussi en qualité nutritive grâce à cette cuisson lente et à basse température. Autre avantage : les aliments restent chauds et ne risquent jamais d’être brûlés ni de coller au fond de la casserole. Cette technique permet de démarrer la préparation d’un plat le matin puis de laisser la cuisson se poursuivre sans vous en toute sécurité. A votre retour à la maison, le plat mijoté est chaud et prêt à déguster !

Pendant la guerre de 1914-18, on poussait les ménagères à se servir de boites à chapeaux pour en faire des marmites norvégiennes. Ce devait être très joli et efficace mais les cartons à chapeau sont aujourd’hui plus rares et pas très bon marché…Mais une simple boite en carton et une couette, un pull ou une couverture peuvent vous permettre de réaliser une marmite norvégienne sommaire. Sur le site http://www.marmite-norvegienne.com/, vous trouverez plein de possibilités, et même le récit de l’expérience d’une marmite norvégienne réalisée dans une poubelle neuve et propre…

Toutefois, si vous voulez vraiment une marmite norvégienne performante, ça vaut peut-être la peine de bricoler un peu, et de vous fabriquer un vrai caisson isolé en bois. Les Amis de la Terre ont pour cela un tuto disponible sur le web. Il y est expliqué que plus l’isolation est importante, plus la baisse de température dans le caisson ralentit. Un bon caisson doit agir sur les trois modes de transmission de chaleur: la conduction (par contact) grâce à l’isolation de ses parois, la convection (par transfert à l’air) grâce à sa fermeture hermétique et à la limitation des espaces vides, le rayonnement grâce au réflecteur à infrarouge constitué par une fine couche métallisée interne qui renvoie de la chaleur radiante dans le plat de cuisson.

Le premier conseil est de construire/ choisir une caisse en bois en fonction de la taille de la casserole qu’on veut y placer. La caisse de bois doit avoir 20 centimètres de plus en tous sens que l’ustensile choisi, de façon à ménager un intervalle de 10 centimètres, qui sera garni de la matière isolante (chiffons de laine, de plumes, de papier tassé, sciure de bois sèche). Moins il y aura d’espace libre autour de la casserole, plus la marmite sera efficace. Sur l’intérieur des parois est conseillé de placer une plaque en alu découpée (qui sert au départ, à recouvrir le pare-brise en hiver) afin de refléter la chaleur vers l’intérieur. Certains réalisent un caisson mobile, ou s’en servent comme tabouret ou table d’appoint, d’autres ont carrément intégré le caisson dans leurs meubles de cuisine…

Une fois qu’on a construit son caisson, comment l’utilise-t-on ?

Comme pour la cuisson habituelle, il faut l’adapter à ses habitudes alimentaires (bien cuit, à peine cuit, etc.). Pour le premier essai avec un nouvel aliment, un nouveau plat, il est conseillé de stopper la cuisson après environ un quart du temps habituel, puis de placer la casserole (ou cocotte) dans le caisson isolant et de la laisser le double du temps normalement nécessaire pour achever la cuisson. Par exemple, si la cuisson normale est de 20 minutes, avec la marmite norvégienne, cuisez pendant 5 minutes (20 minutes divisées par 4) et laissez dans le caisson pendant 30 minutes (15 minutes multipliées par 2). Certains utilisateurs ont aussi un petit truc : ils intercalent un sous-plat, en liège par exemple, entre la marmite et le fond du caisson et laissent le caisson ouvert quelques minutes après chaque utilisation pour évacuer la vapeur présente.

Qu’est-ce qu’on peut cuire avec une marmite norvégienne ?

Au quotidien, des pommes de terre à l’eau ou les soupes. On laisse les légumes bouillir 1′ et on met ensuite dans la marmite pendant 30′ afin de terminer la cuisson. Si ça reste plus longtemps, pas de problème : les pdt ne sont jamais trop cuites!

On peut aussi s’en servir pour faire des yaourts. on prépare des petits pots individuels et les dispose autour d’ une bouteille en verre remplie d’eau bouillante. On laisse la nuit et, le lendemain matin, les yaourts ont pris.On peut aussi y faire cuire des plats mijotés en grande quantité : sauce bolo, couscous, ratatouille niçoise, boeuf bourguignon,… On fait bouillir la préparation 5 à 10′ le soir et, le matin, le plat est cuit, chaud,et la viande tendre!!!

 

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Commentaires1 Comment

  1. Cerise dit :

    Chouette article sur mon amie la marmite norvégienne, merci !
    « En Norvège, il paraît qu’on les intègre aux cuisines équipées ! » : j’avais essayé d’en savoir plus -j’ai quand même un doute sur le fait que ce répandu- mais la barrière de la langue m’en a empêchée, dommage…
    Si l’on n’est pas bricoleur, il y a toujours moyen de s’arranger, il n’y a pas si longtemps dans les campagnes on mettait la cocotte (fermée bien sûr) contenant le plat principal bouillant à finir de cuire sous l’édredon ;-)

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