Les nouveaux supermarchés

Par · 18 mai 2013

Des magasins collaboratifs, des supermarchés coopératifs et des grandes surfaces dédiées aux produits locaux ouvrent leurs portes. Le monde de la distribution est-il en train de changer pour devenir plus durable ?

Tout cela n’est pas vraiment nouveau : des coopératives alimentaires se développent en fait depuis 40 ans, à New York et Londres.Créée en 1973 par des habitants de Brooklyn en quête d’une société de distribution alimentaire moins chère, plus saine et surtout équitable, la coopérative Park Slope Food Coop (PSFC) serait aujourd’hui « le supermarché le plus qualitatif et le plus économique » de cet arrondissement de NY, grâce à un système bien particulier : chaque membre de la coopérative y travaille 2 heures et 45 minutes toutes les quatre semaines, et reçoit en échange, la possibilité de s’approvisionner à la boutique qui pratique des tarifs avantageux. Les produits- des aliments et articles ménagers respectueux de l’environnement -y sont vendus ont un prix intéressant : comme 75% du travail autour de la coopérative est réalisé par ses membres, les prix ne sont majorés que de 21% , contre 26-100% dans un supermarché conventionnel…

Le modèle a fait des émules : à Londres, The People’s Supermarket propose aux consommateurs de bénéficier d’une réduction de 10% sur l’ensemble du magasin, à condition d’y travailler 4h par mois. Un projet similaire est en train de se lancer à Paris , La coopérative de La Louve.

Et chez nous, ça existe ? On a entendu parler du lancement tout prochain d’un supermarché de produits locaux, dans la région de Namur… C’est Frank Mestdagh qui ouvre en cette fin mois de mai une grande surface entièrement dédiée aux produits locaux à Naninne. Le magasin baptisé « d’Ici » vendra « plus de 50 % de produits provenant de moins de 50 kilomètres ». Frank Mestdagh a lui aussi choisi le modèle de la coopérative, mais cette fois, ce sont les producteurs qui sont invités à devenir coopérateurs, de façon plus classique…

Ces nouvelles entreprises paraissent un peu utopiques, mais il y a un signe qui ne trompe pas : ces initiatives font réagir de grandes enseignes de la distribution. On a vu par exemple certaines d’entre elles ouvrir des rayons spécifiques aux produits locaux. Ce que ça signifie, c’est que la durabilité est devenue un argument de marketing. Or, tout ce qui brille n’est pas de l’or, tout ce qui est local ou de terroir n’est pas durable. Le mode de distribution compte aussi. On peut a priori penser que c’est une bonne chose que les grandes surfaces conventionnelles fassent de la place dans leurs ayons à ces produits, et en fassent la promotion. Mais certains acteurs de la petite distribution, les partisans les circuits courts invitent les consommateurs à ne pas tomber trop vite dans ce qui pourrait bien être un panneau. C’est en tout cas l’avertissement que dressent Claudine Drion et Gérard Pirotton dans leur livre « Bioptimiste, mon épicier bio », aux Editions Altamira : selon eux, si les arguments du prix et du tout sur place semblent jouer en faveur des grandes surfaces, il ne faut pas oublier que la vente en grande surface pousse à la standardisation des produits, et fait peser une grosse partie des charges sur les producteurs et transformateurs qui se voient imposer la livraison de produits calibrés, préemballés, dans des préavis très courts, avec des conditions de payement qui les fragilisent.On perd aussi l’avantage des circuits courts : la relation directe du consommateur au producteur, qui permet aux consommateurs d’avoir un regard sur la chaine de production, tout en soutenant les producteurs…

En attendant, il n’est pas toujours facile de s’approvisionner en circuit court. C’est pour cela que les coopératives semblent être une bonne piste de solution. Je vous cite une dernière initiative récente en Belgique, exemplaire dans sa façon à la fois de faciliter l’accès aux produits de qualité, répondant à un cahier des charges éthique, sans pour autant multiplier les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. C’est en région liégeoise, qu’un autre modèle de supermarché, détenu par ses propres clients, vient de naître. La Coopérative ardente propose uniquement des produits alternatifs, respectueux de l’homme et de l’environnement et ses clients-coopérateurs peuvent commander par internet et se faire livrer à domicile ou dans un des point-relais situés dans tous les quartiers de Liège. Pour pouvoir commander des produits à la coopérative Ardente, les clients doivent préalablement souscrire une part de coopérateur d’une valeur de 100 euros. De cette façon, la coopérative peut se passer d’un intermédiaire entre le producteur et fait du client un véritable acteur de la chaîne de distribution. Lors du lancement de la coopérative en septembre dernier, les 26 coopérateurs-fondateurs avaient apporté un capital de 20000€. La Coopérative ardente, espère atteindre le nombre-clé de 275 clients-coopérateurs après trois ans d’existence, ce qui devrait rendre le projet vraiment viable. Avec des aides à l’emploi, la Coopérative ardente a déjà pu engager une personne. Elle accueille également des stagiaires provenant de La Bourrache, une entreprise de formation par le travail (EFT) liégeoise.

Il n’y a pas à dire, la consommation alternative a le vent en poupe.

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Commentaires2 Comments

  1. Audrey dit :

    Bonjour,
    Je vous prie de m’excuser. Je n’ai malheureusement pas trouvé comment vous contacter autrement que par commentaire.
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