Les distributeurs de lait : une solution pour un lait équitable ?

Par · 8 oct 2011

Quand on parle de commerce équitable, il est question la plupart du temps de relations Nord-Sud. Mais existe-t-il une forme de commerce équitable Nord-Nord, par exemple sous la forme de la vente directe à la ferme ? Les distributeurs de lait, par exemple, sont-ils une façon d’acheter un lait équitable ? C’est la question que je me suis posée dans Sans Chichis (RTBF) cette semaine, à l’occasion de la semaine du commerce équitable. Le reportage vidéo est en ligne ici, mais je vous invite aussi à lire ou relire ce précédent article du blog sur le thème du lait. Voici aussi des infos supplémentaires concernant ces fameux distributeurs de lait cru!

-la vente directe à la ferme permet vraiment aux agriculteurs de traverser les crises laitières sans trop de soucis. C’est pour cette raison que c’est une forme de commerce équitable: cela permet aux agriculteurs de moins dépendre du cours mondial du lait, et des laiteries.

-Le goût du lait cru est différent, ce n’est pas une impression, mais une question de respect du produit. Le lait de laiterie est recalibré, on mélange différents échantillons de lait pour obtenir un lait aux caractéristiques gustatives et nutritionnelles constantes. Le lait cru de la ferme lui est différent en fonction des saisons, de la nourriture des vaches, etc.

-Au niveau de l’hygiène, peut-on faire confiance à ce type de distribution? Tous les deux jours, on change le petit tank contenu dans la machine. Il est nettoyé. Un tank propre rempli de lait frais est replacé dans la machine. Le lait est refroidi avant d’être mis dans la machine. La machine le garde au frais. L’AFSCA fait des tests réguliers pour vérifier l’état sanitaire de la machine et du lait distribué. Le client peut venir avec ses propres bouteilles ou acheter une bouteille à la machine. Tarif: 1 euro le litre, 30 cents pour la vidange.

-Peut-on boire du lait cru? Autrefois on le déconseillait, aujourd’hui, c’est autorisé, étant donné que les conditions d’hygiène sont très élevées dans la production de lait. Les maladies bovines transmissibles à l’homme (Brucellose, tuberculose) ont été éradiquées. Seules les personnes à risque doivent obligatoirement faire bouillir le lait cru avant consommation (femmes enceintes, personnes âgées, etc).

 

-Combien de temps ce lait se conserve-t-il ? 3 jours (72 heures) s’il reste bien au frigo.

 

Pour ma part, je suis adepte, mais il n’y a pas de distributeur dans ma région, alors je lance un appel: à quand un distributeur de lait cru à Braives, Hannut, Waremme ou Huy???

Une dernier mot, encore: je pense que ce type de vente directe au consommateur est porteuse d’avenir pas seulement pour les agriculteurs européens, mais qu’il bénéficiera aux populations de pays en voie de développement… Pourquoi? Parce qu’aujourd’hui, le lait européen est subventionné par l’Union européenne et que grâce à cela, une partie de ce lait qui est exportée dans ces pays y est vendue moins chère que le lait produit localement! Un comble! L’ONG ActionAid publiait encore un rapport à ce sujet en septembre dernier: au Bangladesh, 7 millions d’habitants vivent de la production laitière, la plupart du temps avec deux vaches. Selon l’ONG, le développement de cette filière locale « pourrait sortir de la pauvreté des millions de personnes ». Or environ 20 % des ventes de lait au Bangladesh sont réalisées par le lait en poudre « Dano », produit par la société suédo-danoise Arla Foods, qui a bénéficié de subventions à hauteur de 15 % de son prix d’exportation en 2009. En bref, cela signifie qu’Arla Foods aurait dû fixer des prix 15 % plus élevés pour réaliser le même bénéfice que celui obtenu grâce aux subventions… Toujours selon ActionAid, au Bangladesh, les classes moyennes et supérieures préfèrent le lait en poudre, réputé plus sûr et bénéficiant d’une meilleure publicité, au lait frais de production locale: le pays a importé entre 20 % et 50 % de ses besoins en lait en poudre de l’UE ces dernières années.

Alors, voilà un argument de plus pour boire du lait local, chez nous aussi: en donnant de vrais revenus  à nos agriculteurs, on leur permet de se passer de subventions. Leur travail est plus gratifiant, et on n’empêche pas les agriculteurs de pays tiers de gagner eux aussi leur vie, et d’améliorer leur quotidien. CQFD: lait cru à la ferme= lait équitable!

En savoir plus:

 

 

 

Commentaires1 Comment

  1. valerie dit :

    Je suis d’accord ! Les agriculteurs sont pris pour des imbéciles, et les consommateurs aussi, puisqu’on leur dit de consommer du lait bouilli et mort, pauvre et de mauvaise qualité ! Résultat : des milliers de gens ne digèrent pas le lait stérilisé car il ne possède tout simplement plus d’enzymes digestives, et les vitamines prétendues sont bien évidemment mortes aussi ! Le goût du lait mort est sans commentaire… Nous sommes des êtres vivants, et nous devons consommer de la matière vivante et non stérilisée, sous peine d’être dévitalisé, en carence de vitamines, fatigués… Faut arrêter avec les stérilisations automatiques : Même le renommé Mr PASTEUR avait admit que c’était une erreur, et qu’à l’époque il ignorait l’existence de la vitamine C… Ce processus de stérilisation détruisant bien évidemment cette précieuse vitamine, comme tant d’autres !! Moi je cherche du lait de chèvre bio non pasteurisé : introuvable, bien sûr… On voit qui a prit le lobbying du marché du lait : les industriels qui ne regardent que leur argent, et qui se foutent de la santé des consommateurs !! Arrêtons de vivre dans l’ignorance un peu, et ouvrons les yeux !! Et les jus de fruits c’est pareil : du pasteurisé. SI vous avez vraiment peur d’être contaminé par le lait cru que vous buvez, vous n’avez qu’à l’additionner d’un peu d’extrait de pépin de pamplemousse… efficace même contre la pire des tourista, et radical contre les vilaines bactéries. Et voilà, aucune excuse pour ne pas consommer du « lait pur » et en plus BIO !
    A bon entendeur…

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