Le top 10 des plantes multi-usages

Par · 18 mar 2011

IMG_9723 Photo Msieu Martin Godfroid

Photo Msieu Martin Godfroid

Pour faire suite à mon article sur les menaces qui pèsent sur les plantes médicinales, mais aussi pour fêter la sortie du Minijardin n° 1 (supplément en vente avec le Femmes d’Aujourd’hui de cette semaine), je vous propose cet article que j’avais publié la saison dernière dans les pages de Femmes d’Au, et qui vous donnera peut-être quelques bonnes idées!

Alchémille (Alchemilla mollis) : féminissime !

Son look : haute d’un trentaine de centimètres, l’alchémille séduit par son feuillage décoratif rehaussé, les jours de pluie ou matins de rosée d’une parure étincelantes de multiples gouttelettes. Comme ses feuilles, ses fleurs, couleur d’absinthe, s’intègrent à merveille dans les bouquets « maison ».

Au jardin : c’est une vivace idéale pour remplir les massifs des jardiniers paresseux. Très peu exigeante en soins, eau, engrais, et très résistante, c’est une compagne idéale des rosiers.

Cuisine : les jeunes feuilles à la saveur légèrement amère peuvent être intégrées en petite quantité dans les salades. Elles peuvent aussi être cuites pour agrémenter des soupes et des sauces… Pour réaliser du vin d’alchémille, il suffit de laisser infuser durant une dizaine de minutes une poignée de fleurs et de feuilles d’alchémille dans un litre de vin rouge chaud. On sucre avec du miel, selon le désir… Ce vin se conserve 15 jours au frigo.

Santé : riche en vitamine C, l’alchémille est tonique, dépurative, anti-inflammatoire. Elle est surtout connue pour soulager les petits soucis féminins (problèmes menstruels, infections gynécologiques, …). Contre les règles douloureuses, essayez la tisane d’alchémille !

Beauté : elle est réputée depuis la Renaissance pour ses vertus raffermissantes et antirides. On peut réaliser soi-même une lotion pour le visage et pour le corps en faisant bouillir durant 10 minutes 1 grosse poignée d’alchémille dans ½ litre d’eau de source. Ce produit se conserve durant 5 jours au frais.

Angélique ( Angelica archangelica) : céleste, comme le dit son nom !

Son look : si on l’appelle herbe aux anges, c’est peut-être parce que cette géante s’élève irrésistiblement vers le ciel. Outre son magnifique feuillage denté et découpé, l’ombellifère porte d’imposantes et majestueuses fleurs au bout de deux à trois ans après la plantation… et juste avant de mourir ! A moins que l’on ne récolte la tige qui porte cette fleur avant ou à la floraison, ce qui permettra à la plante de persister de nombreuses années, comme une vivace.

Au jardin : magique, l’angélique masque l’odeur fétide des purins végétaux. Il suffit d’ajouter une poignée de ses feuilles dans les préparations après 4 à 5 jours de fermentation.

Cuisine : toutes les parties de la plante peuvent être consommées des inflorescences aux racines, en passant par les tiges, feuilles et graines ! Parmi les multiples possibilités d’utilisation (en pâtisserie, dans les salades, dans les potages, ou comme base de liqueur…), on peut utiliser ses feuilles pour aromatiser les confitures et compotes de façon originale.

Santé : l’angélique est réputée efficace contre les affections respiratoires, bénéfique pour le système digestif, et favoriserait aussi l’élasticité musculaire. Mâchonner une racine d’angélique à chaque envie de cigarette aiderait à arrêter de fumer. Elle est déconseillées aux diabétiques et aux femmes enceintes en début de grossesse.

Dans la salle de bain : placez quelques feuilles dans un sachet de mousseline à disposer sous l flux d’eau de votre baignoire, effet relaxant garanti !

Aneth (Anethum graveolens) : haute en parfum !

Son look: l’ombellifère ressemble au fenouil tant par son odeur anisée que par son allure aérienne (elle peut s’élever jusqu’à 1,5 mètre de haut). La plante aux feuilles clairsemées et duveteuses est garnie en été de grappes de petites fleurs jaunes.

Au jardin : elle protège les choux des pucerons, en les attirant en même temps que les chrysopes et les syrphes, des insectes auxiliaires qui se régalent de ces ravageurs ! Amie de la laitue, de l’oignon, du concombre, de la carotte et du pois, l’aneth n’est toutefois pas favorable aux tomates. Le nectar de ses fleurs est très apprécié des abeilles, et la plante accueille aussi les chenilles du machaon, un papillon rare !

Cuisine : les feuilles fraîches s’associent à merveille aux plats de poisson et au concombre. Pour conserver toute leur saveur, ajoutez-les en fin de préparation.

Santé : Comme le fenouil, l’aneth est une plante amie des bébés et jeunes mamans allaitantes, grâce à ses propriétés galactogènes et relaxantes. En infusion, l’aneth est excellent pour la digestion. On obtient le même résultat en mâchant quelques unes de ses graines, ce qui a aussi pour effet de rafraîchir l’haleine.

Salle de bain : on utilise l’aneth en décoction pour fortifier les ongles. Mettez 2 cuillères à soupe bombées de graines d’aneth dans 200 ml d’eau et portez à ébullition puis laissez bouillir 5 minutes. Laissez ensuite infuser les graines durant le refroidissement du liquide, filtrez. Ce soin se conserve 8 jours au réfrigérateur. Trempez-y vos doigts quelques minutes chaque soir.

Mauve (Malva sylvestris) : toute en douceur

Son look : les feuilles de la grande mauve ressemblent à celles du lierre, tandis que ses grandes fleurs rose-pourpre ont donné son nom à la plante.

Au jardin : la mauve plaît aux insectes butineurs.

En cuisine : appelée autrefois « légume des pauvres », la mauve a été consommée comme telle dès le VIIIe siècle avant JC. Ses fleurs peuvent être intégrées dans les salades.Les feuilles peuvent aussi être consommées : choisissez alors plutôt les plus jeunes d’entre elles, de couleur vert clair. Les boutons floraux et jeunes fruits qui ressemblent à de petits fromages peuvent être confits dans du vinaigre.

Santé : Tandis que ses vertus médicinales sont connues depuis le Moyen Age, la mauve reste une des simples les plus vendues en herboristerie à ce jour encore… Adoucissante et émolliente, sa racine peut être mâchouillée par les bébés pour soulager leurs douleurs lors des poussées dentaires. On l’utilise aussi pour soigner les encombrement du système respiratoire, en la combinant à d’autres plantes pectorales : on peut à cet effet préparer une tisane qui mêle mauve, coquelicot, violette, bouillon blanc, guimauve, gnaphale et tussilage.

Beauté : la décoction de mauve, utilisée pour laver la peau, agit positivement sur l’acné. Elle est aussi efficace pour soigner la couperose : hachez en bouillie une poignée de feuilles et de fleurs de mauve. Couvrez la partie à traiter de cette mixture puis d’une compresse, et laissez agir une demi-heure.

Mélisse (Melissa officinalis) : vivifiante

Son look : cette vivace haute de 30 à 80 cm porte de petites feuilles ovales dentelées qui expriment un parfum doux et citronné quand on les froisse.

Au jardin : facile à cultiver, la mélisse disparaît chaque hiver pour réapparaître comme par miracle dès le printemps. Elle tient son nom des abeilles qui l’adorent (en grec, melissophullon signifie « feuille à abeilles »)… Elle fait fuir les moustiques et permet de lutter de façon naturelle contre les fourmis : laissez infuser pour cela 100 grammes de feuilles de mélisse fraîches dans 1 litre d’eau bouillante. Une foi le liquide refroidi, aspergez-en les lieux de passage des petites bêtes.

Cuisine : la mélisse peut remplacer le citron dans tous les plats où ce dernier est utilisé : salades, vinaigrettes, sauces blanches, poissons, volailles…. Elle est un des ingrédients de la fameuse Eau des Carmes.

Santé : selon les médecins arabes, « la mélisse rend le cœur joyeux et content, et affermit les esprits vitaux ». Idéale pour les personnes qui doivent fournir un effort intellectuel intense, c’est LA boisson à conseiller aux étudiants en blocus. Elle peut se boire chaude, mais glacée et accompagnée de rondelles de citron, c’est une boisson rafraîchissante en été. Elle est aussi recommandée pour apaiser les migraines, douleurs abdominales et règles douloureuses.

Beauté : on peut réaliser une lotion tonique rafraîchissante et rééquilibrante pour la peau en laissant infuser 20 minutes 1 poignée de fleurs de mélisse dans 250 ml d’eau de source. A conserver 4 à 5 jours au frigo.

Camomille (Chamaemelum nobile/Matricaria recutica/ Tanacetum parthenium) : apaisante

Son look : plusieurs plantes sont appelées camomille. Cousines de la marguerite, leurs fleurs blanches à bouton jaune se ressemblent.

Au jardin : parmi ces différentes variétés de camomille, la matricaire est un excellent activateur de compost. On peut aussi l’utiliser en infusion pour stimuler la croissance des jeunes plantes. Jetez 300 g de fleurs fraîches dans 5 litres d’eau, laissez infuser 24h puis filtrez et diluez à raison de 0,5 l de camomille pour 4,5 litres d’eau. Ce liquide peut aussi être pulvérisé 1 fois par semaine durant 3 semaines pour traiter les plantes atteintes de mildiou, d’oïdium, de rouille, de fonte des semis, ou de pucerons.

Cuisine : pour faciliter la digestion du chou-fleur, on peut ajouter à son eau de cuisson quelques fleurs de camomille romaine (Chamaemelum nobile).

Santé : la réputation sédative de la tisane de camomille n’est pas surfaite. Cette boisson a également un effet digestif, serait efficace contre les maux de tête, et même contre les douleurs rhumatismales. Des compresses de lotion à la camomille peuvent apaiser certaines irritation oculaires. Filtrez pour cela finement le liquide.

Beauté : Sa faculté à éclaircir les cheveux blonds n’est pas non plus une légende. On peut à cet effet préparer une lotion de rinçage en faisant bouillir deux poignées de fleurs de camomille par litre d’eau pendant 5 minutes avant de filtrer.

Romarin (Rosmarinus officinalis) : stimulant

Son look : arbrisseau à longues feuilles persistantes, vertes sur une face, et blanchâtres de l’autre, le romarin fleurit au printemps et porte alors de petites grappes de fleurs assez semblables à des épis, dont la couleur va du bleu pâle au violet.

Au jardin : le romarin se marcotte facilement : il suffit de coucher une branche à terre et de la recouvrir partiellement de terre pour que cette branche développe un nouveau système racinaire. Placé aux abords du potager, la plante aromatique attire les abeilles, précieuses fertilisatrices, et éloigne les insectes indésirables, comme la mouche de la carotte.

Cuisine : ses utilisations sont innombrables. Le romarin est une base indispensable des bouquets garnis. Il accompagne naturellement tomates, courgettes et autres légumes méditerranéens. Mais il peut aussi parfumer de façon originale bon nombre de desserts, comme par exemple la crème brûlée, ou le clafoutis aux abricots.

Santé : le romarin est un allié du foie. Digestif, il est aussi un stimulant nerveux, et soulage les céphalées.

Beauté : la lotion de romarin est antipelliculaire. Le romarin est aussi efficace dans la lutte contre les poux. Pour protéger les chevelures lors des épidémies, rincez les cheveux avec une lotion obtenue en faisant bouillir 2 grosses poignées de romarin avec 1 cuillère à soupe de menthe et 1 cuillère à soupe de tanaisie dans 1 litre d’eau. Après 5 minutes d’ébullition, laissez refroidir hors du feu puis filtrez.

Consoude (Symphitum officinale) : une véritable infirmière !

Son look : des grosses touffes de feuilles vertes et couvertes de poils rêche de la consoude émergent de nombreuses hampes florales portant à leur sommet des fleurs, blanches, bleues, ou roses, en forme de clochette.

Au jardin : la consoude est la base d’un bon engrais liquide. Pour l’obtenir, noyez 1 kg de plantes dans 10 litres d’eau, et laissez fermenter 15 jours à 20°C avant de filtrer. Diluez ensuite dans de l’eau (5 à 10% de consoude), puis arrosez le pied de vos plantes de cet engrais. Protecteur contre les maladies et parasites, ce purin active aussi le compost.

Cuisine : ses feuilles peuvent être congelées, et se consomment en soupe, sauce, quiche, gratins, soufflés. Pour réaliser des beignets de consoude, lavez et séchez les feuilles disposez-les par 2 dos à dos, faces poilues au centre, puis trempez-les, toujours par deux dans une pâte à beignet constituée de 300 g de farine, 1 oeuf, 1 verre de lait, et 1 cuillérée d’huile d’olive. Faites frire et dégustez !

Santé : l’ « herbe qui soude n’est plus utilisée comme autrefois pour réparer les os,mais elle reste reconnue pour ses effets apaisants sur les inflammations rhumatismales et musculaires. Cicatrisante, elle guérit les petites altérations cutanées, telles que les coupures et gerçures.

Beauté : réalisez un masque adoucissant en mélangeant 2 cuillères à soupe de feuilles de consoude finement hachées, 2 cuillères à soupe de yaourt, 1 cuillère à soupe de farine d’avoine et un cuillère à café de miel !

Houblon (Humulus lupulus) : marchand de sable

Son look : cette liane vivace volubile se couvre de belles grandes feuilles découpées aux teintes vert foncé ou vert tendre, et des fleurs mâles et femelles. Ces dernières, rassemblées en bouquets coniques, servent à aromatiser la bière.

Au jardin : le houblon permet de constituer rapidement des murs végétaux, ses tiges pouvant atteindre huit mètres de long. Attention, il peut devenir envahissant !

Cuisine : les jeunes pousses de houblon peuvent être consommées crues, en salade, ou préparées comme des asperges. Blanchissez-les à l’eau bouillante.

Santé : les fleurs de houblon contiennent des principes actifs dont les effets changent au fur et à mesure qu’il s’oxydent, au fur et à mesure du processus de séchage. Frais, les petits cônes ont un effet calmant. Séchés, ils sont tonifiants. Un coussin de houblon peut aider à l’endormissement. Le houblon contient aussi des molécules qui agissent comme des œstrogènes, ce qui lui vaut des qualités exceptionnelles en cas de règles douloureuses et troubles de la ménopause.

Attention : n’abusez pas du houblon, son effet narcotique peut causer des maux de tête et de l’engourdissement, voire des nausées.

Ail (Alium sativum) : un légume-médicament !

Son look : à part dans ses versions décoratives, l’ail ne fleurit que rarement dans nos régions.

Au jardin : une décoction d’ail pulvérise protège les plantes de maladies telles que la pourriture grise (portez 5 l d’eau à ébullition avec 500 gr d’ail, laissez bouillir 5 minutes puis laissez poser 1 heure). Plantez l’ail à proximité des fraisiers, des rosiers, ou des pommes de terre, mais loin des haricots.

Cuisine : il est omniprésent, sauf au rayon des desserts ! Pour contrer l’haleine inévitable que donne sa consommation, croquez un grain de café, des graines de cardamome ou d’anis, ou mâchez un peu de persil ! Pour bénéficier au quotidien des bienfaits de l’ail, aromatisez de l’huile d’olive en y faisant macérer plusieurs têtes d’ail hachées.

Santé : consommé à raison d’une gousse par jour, l’ail améliore la circulation sanguine, renforce les défenses immunitaires, fortifie le cœur, freine le vieillissement, favorise la concentrations, prévient l’hypertension

Beauté : pour combattre l’acné, frottez chaque soir les zones à traiter avec une demi-gousse fraîchement coupée.

Commentaires1 Comment

  1. soumaya dit :

    merciii!

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