La guerre au gaspillage alimentaire/ Episode 1

Par · 27 jan 2012

Nous sommes le dernier vendredi de janvier, et je n’avais pas encore pris le temps de vous parler de ma bonne résolution ! Au cours de l’année dernière, il est arrivé trop souvent à mon goût que je doive jeter au compost des restes de nourriture, ou même des aliments que je redécouvrais périmés dans mon frigo sans même avoir ouvert leur emballage. A chaque fois, j’ai honte, et puis je râle aussi, car tout cela a un coût.

Je n’ai pas d’idée précise de ce que ma famille de 6 personnes a gaspillé l’an dernier (et les années précédentes), mais je ne dois pas être loin de la moyenne des gens : d’après Ecoconso, en Wallonie, chaque citoyen produirait entre 15 et 20 kg de gaspillage alimentaire par an. Il s’agit de produits entamés et/ou périmés. Les chiffres ne sont pas très différents à Bruxelles : on parle d’une quinzaine de kilos, et le CRIOC avait donné en 2010 un autre chiffre parlant : cela représente environ 175 euros de nourriture qui sont ainsi gaspillés par personne et par an… Imaginez pour ma famille, on arrive donc à 1050 euros jetés par les fenêtres, sans compter le CO2 émis et l’énergie consommée inutilement pour produire ces aliments, mais aussi, sur le plan éthique, social, ce que peut représenter cette façon de traiter les aliments sachant qu’aujourd’hui, comme le rappelle Jean Ziegler, toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim, et près d’un milliard d’êtres humains sont gravement sous-alimentés.

Le problème est grave, et d’ailleurs, une résolution a été votée la semaine dernière au Parlement européen dans l’objectif de diminuer ce gaspillage de moitié d’ici 2025.

Les chiffres donnés à cette occasion sont encore plus édifiants : un Européen gaspille en moyenne, chaque année, 179 kilos de déchets alimentaires. On est loin des 15 kilos que je vous citais, parce qu’ici, on prend en compte le gaspillage tout au long de la chaîne de production et de distribution, et pas seulement lors de l’étape dont le consommateur est directement responsable : 10 % de ce gaspillage a lieu lors de la production, 10 % en aval (donc par le consommateur) et 30 % lors du passage par la chaîne de distribution. A la Commission maintenant de mettre en place des mesures stratégiques pour parvenir à limiter drastiquement ce gaspillage : éviter la surproduction, valoriser les associations caritatives, ou encore inciter à privilégier, lors des passations de marchés publics pour la restauration ou l’hôtellerie, une entreprise qui garantit la redistribution des invendus ou qui s’engage à réduire le gaspillage.

Mais pour réduire la part de gaspillage qui revient au consommateur, que peut-on faire ?

Les députés européens donnent des pistes là aussi, comme la promotion des relations directes entre producteurs et consommateurs, mais aussi, des campagnes pédagogiques car on sait par exemple que 20 % des Européens confondent les mentions « à consommer de préférence avant le » et « à consommer jusqu’au » . Or la première mention indique juste qu’il y a un risque d’une légère perte de goût, alors que la seconde indique un vrai risque de toxicité.

Pour ma part, j’ai d’abord voulu essayer de comprendre comment et pourquoi nous en étions là, en faisant un petit diagnostic de notre comportement… J’étais étonnée de gaspiller autant alors que dans la famille, on est sensible à l’environnement et aux questions de partage des richesses dans le monde. J’ai alors découvert qu’en 2010, le CRIOC avait réalisé une étude qui dressait le profil de différents types de consommateurs par rapport au gaspillage… Selon ce rapport, il y a 4 catégories de consommateurs. Les prévoyants, qui sont très sensibles à la problématique du gaspillage alimentaire, essayent de programmer leurs achats pour éviter celui-ci, mais par contre, sont moins attentifs à la conservation des produits achetés. [48%] Les volontaires, convaincues, car ce sont plutôt des femmes, que le gaspillage alimentaire a un impact environnemental important, elles s’en soucient, même quand elles rencontrent des difficultés à gérer les achats.  [27%] Les impulsifs, aux yeux desquels le gaspillage alimentaire ne constitue pas une priorité . [15%] Les anxieux, qui sont avant tout guidés par la peur de l’intoxication alimentaire qui les incite à acheter des produits emballés et à éviter de consommer les restes de nourriture. [10%] Je vous invite à aller consulter cette étude qui est toujours en ligne.

Je crois me classer dans la catégorie des volontaires, car  j’ai bien conscience de l’importance de limiter le gaspillage, mais ce qui me pose problème, comme aux autres « volontaires », c’est la gestion des achats alimentaires… J’ai beau m’approvisionner principalement via un groupe d’achat collectif, je ne gère pas bien les quantités, qui fluctuent parfois selon l’appétit des membres de la famille et leurs activités… Pour prendre le taureau par les cornes, la première tactique que j’ai mise en place cette année est la constitution des menus de la semaine bien à l’avance. Je dois dire que j’ai l’impression que rien que sur le mois de janvier, nous avons déjà bien limité le gaspillage. Mais je n’ai pas encore fait le ménage dans mon frigo depuis lors, alors je vous propose de le faire, de calculer le poids des déchets qui seront jetés à la fin de mon grand nettoyage, puis de revenir une fois par saison sur mon bilan, en vous donnant les trucs et astuces que j’aurai utilisés pour, je l’espère, réduire le volume et le poids du gaspillage alimentaire familial.

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Commentaires2 Comments

  1. Capucine dit :

    Merci Madame Nature pour cette prise de conscience.

    Un essai de réponse ici, avec nos trucs anti-gaspi : http://www.monpotager.net/blog/index.php/2012/02/26/237-nos-trucs-anti-gaspi

  2. Anne-France dit :

    C’est vrai que malgré les mesures et l’attention qu’on peut y apporter on finit toujours par devoir jeter… c’est rageant. Pour ma part mes meilleurs alliés : planification, art d’accomoder les restes et congélateur. D’autres trucs ??

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