Halloween, St Nicolas et autres instants de gourmandises: quelles confiseries choisir?

Par · 29 oct 2010

friandisesLes enfants s’apprêtent à faire le plein de bonbons lors des cortèges d’Halloween, et Saint-Nicolas se prépare à prendre le relais pour remplir les chaussures de confiseries… Mais quel est l’impact sur la planète et sur la santé des bonbons, chocolats, chewing-gums et autres sucreries ? C’est la question que nous examinions aujourd’hui dans Nuwa (La Première).

Toutes ces petites douceurs, on les consommait autrefois de façon exceptionnelle, dans les grandes occasions… Mais depuis lors, les bonbons sont devenus beaucoup plus courants, accessibles à la caisse des supermarchés ou jusque dans les boulangeries…Cela pose quelques problèmes. On pense tout de suite aux petites dents, qui risquent les caries, mais aussi aux risques de surpoids, d’obésité, de diabète…Les friandises génèrent aussi d’autres types de nuisances : elles sont un des symboles du suremballage… Les papiers qui les enveloppent se retrouvent encore régulièrement dans la nature, où ils mettent jusqu’à 5 ans pour se dégrader.

Ce sont parfois même les confiseries elles-mêmes qui polluent l’environnement… Le chewing-gum, traditionnellement composé d’une gomme naturelle, est aujourd’hui obtenu à base de gommes artificielles, synthétisées à partir de polymères issus du pétrole ! Après son utilisation, il est très peu biodégradable et met lui aussi 5 à 6 ans à disparaître lorsqu’il est jeté dans la nature. Selon le site Planetoscope, les chewing-gums représenteraient aujourd’hui en Angleterre un tiers des ordures trouvées dans la rue : un chewing-gum coûte environ 5 centimes à l’achat mais 3 fois plus à nettoyer, de sorte que la facture publique de nettoyage se monte à 6 millions d’euros par an pour la seule ville de Londres et à plus de 220 millions d’euros sur toute la Grande-Bretagne.

Les chewing gums actuels contiennent aussi du sucre industriel ou des édulcorants… Or le sucre et ses solutions de remplacement ont aussi un impact sur la planète et notre santé. C’est un sujet à part entière auquel une chronique sera consacrée dès la semaine prochaine… Ce qu’on peut déjà en dire, c’est que le sucre, qu’il soit issu de betterave ou de canne, génère plusieurs types de nuisances. Du point de vue environnemental, par l’usage d’herbicides pour la betterave, ou l’irrigation nécessaire pour la culture de la canne à sucre, ces produits d’une agriculture intensive posent aussi des problèmes éthiques…La betterave sucrière, cultivée dans les pays occidentaux, fait l’objet d’importantes subventions en Europe, ce qui déstabilise le marché mondial du sucre… Les cours du sucre plongent régulièrement, ce qui a pour effet déstabiliser les producteurs de cannes du Sud, alors que 60% du marché mondial est fourni par les pays en développement.

A côté du sucre, un des autres ingrédients prisés des confiseries, c’est le chocolat. Là aussi, une matière dont la production laisse parfois à désirer du point de vue éthique.

Et même plus que parfois, souvent, selon la récente campagne d’OXFAM sur le chocolat équitable, intitulée « L’esclavage des enfants c’est dégoûtant ». Sur le site http://www.chocolat-équitable/, Oxfam donne ces chiffres : «  dans la production de cacao en Afrique de l’Ouest, plus de 100.000 enfants sont obligés de travailler dans les pires conditions, allant jusqu’à des situations d’esclavage. Et plus de 10.000 d’entre eux sont victimes du commerce des enfants ! Une grande part du chocolat vendu dans les rayons des magasins serait le fruit de cette exploitation. Les produits du commerce équitable l’interdisent et s’attaquent à la cause du problème, la pauvreté extrême qui touche une grande partie des producteurs de cacao. »

Côté nutrition non plus, les petites douceurs n’ont pas forcément la cote…

Certaines études montrent que les consommateurs de bonbons ont la même corpulence que les non consommateurs. Mais les bonbons ne trouvent pas pour autant grâce aux yeux des nutritionnistes, parce qu’ils apportent des calories vides : pas de vitamines, pas d’acides gras essentiels, pas de fibres … essentiellement des calories sous forme de sucre rapide. Or, des études montrent le lien entre consommation excessive de sucres, bonbons compris, et des maladies comme le diabète ou le cancer du colon sans doute via la capacité qu’a le sucre de faire augmenter la sécrétion d’insuline. Le caramel qui n’est autre que du sucre brûlé est pour ailleurs considéré comme cancérogène par certains…

 

Saint-Nicolas devra ouvrir l’œil pour accomplir sa mission et faire de vrais bons cadeaux aux enfants…

Oui, lui et ses acolytes devront en plus apprendre à décrypter les étiquettes…Car aujourd’hui, qui dit bonbon dit surtout bombe d’additifs ! Or, en 2007, une étude de l’université de Southampton a défrayé la chronique en montrant qu’un mélange de colorants et d’un conservateur peut rendre les enfants hyperactifs. Publiée dans « The Lancet », cette recherche a été menée sur des additifs alimentaires avec 153 enfants de 3 ans et 144 enfants de 8 ans. Chaque groupe d’enfants a été divisé en 2. L’un des groupe recevait une boisson contenant un conservateur et un mélange de colorants. L’autre groupe recevait une boisson contenant un placebo. L’étude a été menée en double aveugle, ce qui signifie que ni la famille, ni la personne qui distribuait les boissons ne connaissaient le contenu exact de la boisson. Les substances choisies ne l’ont pas été par hasard. Il s’agit de 6 colorants fréquemment rencontrés dans les bonbons et sucreries pour enfants: E102 (tartrazine), E104 (jaune de quinoléine), E110 (jaune orangé), E122 (carmoisine), E124 (Ponceau 4R) et E129 (rouge allura). Quant au conservateur, il s’agit du E211, le benzoate de sodium, un conservateur présent notamment dans des limonades et jus appréciés des enfants. Les enfants ont été observés quotidiennement par leurs parents et des enseignants. Les plus âgés d’entre eux ont également dû réaliser des tests d’attention à l’ordinateur. L’étude a constaté que le mélange colorant plus conservateur a pour effet d’augmenter l’hyperactivité chez un certain nombre d’enfant,  dans les groupes des 2 âges…

Si ces additifs ont des effets indésirables, pourquoi ne pas les interdire ?Le lien de cause à effet n’a pas encore pu être établi de façon irréfutable : il fait encore l’objet de recherches et de débats. En juillet 2008, le parlement européen a décidé d’obliger les fabricants à adapter les étiquettes des produits qui contiennent les six colorants dits de Southampton soupçonnés de favoriser l’hyperactivité chez l’enfant. Ces étiquettes doivent désormais porter la mention « Peuvent avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants ». La dose journalière acceptable de 3 d’entre ces colorants a été revue à la baisse, mais tout cela semble bien insuffisant aux yeux de  Test-Achats, qui publiait un dossier sur la question dans son n° 99 des mois d’octobre et novembre 2010. L’organisme de défense des consommateurs souligne par exemple qu’alors que la dose journalière admissible de jaune de quinoléine (E104) est passée de 10 mg à 0,5 mg par kg de poids corporel, certains enfants européens en consommeraient près de vingt fois la dose ! En raison de leur poids léger, les enfants peuvent en effet très vite dépasser les plafonds. Pour un colorant (Cochenille), Test-Achats a calculé qu’un enfant de 20 kg peut rapidement dépasser la DJA (dans ce cas 100mg/jour). Un berlingot de boisson à la fraise, une canette de limonade et quelques boules de crème glacée réunis, et la limite-DJA est rapidement et dangereusement atteinte. Avec un autre colorant, le Ponceau 4R, un verre de limonade peut être suffisant pour dépasser la DJA! Certains colorants peuvent aussi provoquer des réactions allergiques ou d’hypersensibilité comme par exemple de l’asthme ou des éruptions cutanées, et cela sans même sans même dépasser la DJA : c’est le cas, chez un très petit nombre de personnes, pour la tartrazine (E102) par exemple.

Depuis janvier 2010, un nouveau règlement européen sur les additifs est entré en vigueur. Mais la liste qui définit les additifs autorisés est toujours en cours d’élaboration. L’EFSA, Autorité européenne de sécurité des aliments a jusqu’en 2018 pour réévaluer les additifs autorisés précédemment. Selon ses premières réévaluations, la DJA de certains colorants est trop facilement dépassée, mais la Commission européenne n’en a toujours pas tenu compte dans sa proposition de nouvelle liste. Selon Test-Achats, cette liste doit aller beaucoup plus loin dans la limitation des additifs, qui ne devraient être autorisés qu’à partir du moment où leur innocuité a été démontrée de façon concluante.

 

Que faire en attendant, à part arrêter totalement de manger des bonbons… 

Pour fuir les colorants, on peut dans un premier temps éviter les aliments ayant une couleur trop intense, qui contiennent probablement de nombreux additifs. Ces derniers sont toujours mentionnés sur l’étiquette, mais ils n’apparaissent pas toujours sous la forme d’un numéro E. Test-Achats a publié une liste pratique qui permet de les reconnaître et donc de les éviter au maximum. Une base de données complète est disponible sur son site web, tandis qu’une brochure sur la sécurité alimentaire reprend une carte d’information sur les colorants suspects et allergènes.

 

On imagine des solutions assez simples : faire des biscuits soi-même pour les collations, remplacer les « crasses » par des fruits de saison… Mais ce n’est pas toujours évident, et puis, on risque de voir les petites figures s’allonger si St Nicolas oublie d’apporter des bonbons.

 

Il existe aujourd’hui heureusement quelques alternatives qui gardent du goût et des couleurs tout en étant beaucoup plus respectables… On trouve aujourd’hui du chocolat bio et équitable. La marque belge Tohi propose même un chocolat qui en plus de ces 2 qualités est issu d’une usine zéro émissions de CO2. Chez Oxfam, en plus du chocolat équitable, on trouve des gommes acidulées et des oursons à base de concentré d’oranges et de sucre de canne non raffiné issu du commerce équitable, testés et approuvés par votre chroniqueuse…Le tout, sans suremballage ! Une offre de bonbons biologiques est désormais disponible en boutiques bio et sur des sites Internet spécialisés… Il existe aussi désormais des chewing gums biodégradables. Quant à ceux qui comportent des édulcorants, ils ne sont pas d’un grand d’intérêt pour la ligne puisqu’ils apportent presque autant de calories que leurs équivalents sucrés. Par contre, les édulcorants comme le sorbitol, le xylitol ou le maltitol ne provoquent pas de caries. Ils sont donc une bonne alternative pour ceux qui ne résistent pas à l’envie de mâchouiller…A condition de ne pas en consommer à l’excès, puisqu’à partir d’une certaine dose, ils ont un effet laxatif !

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