Faites virer votre blue jeans au vert!

Par · 4 jan 2010

campagnebeeld_450x291C’est bleu, confortable, et indémodable depuis son invention au milieu du dix-neuvième siècle. Comme chaque belge, vous en possédez sans doute 2 à 4… et vous en ajoutez un par an à votre garde-robe ! Vous avez deviné ?

C’est le jeans ! Un beau symbole de notre façon moderne de consommer, puisqu’on en vend chaque année 10 millions 200 mille exemplaires en Belgique…Mais le jeans est aussi en passe de devenir le symbole d’une nouvelle façon de consommer, plus respectueuse de l’environnement, je vous explique. 

 En général, on achète un jeans sans trop se poser de question, mises à part celles de la taille, de la couleur, de la forme ou de la marque ! Sur les étals des boutiques, on ne mentionne pas qu’il s’agit d’un vêtement dont l’impact environnemental est important. On peut pourtant lire sur les étiquettes que le jeans est composé d’au moins 85% de coton, et pour ceux qui savent lire entre les lignes des étiquettes, c’est effectivement là que le bat blesse : l’empreinte écologique de la culture du coton est un véritable gouffre ! Pour obtenir cette fibre textile, il faut beaucoup d’eau, beaucoup de produits phyto-sanitaires (engrais, pesticides, insecticides), et donc aussi beaucoup d’énergie… Un chiffre éloquent : alors que la culture du coton n’occupe que 2,5% des surfaces agricoles dans le monde, elle consomme 10% de tous les pesticides… et 25% des insecticides ! Votre jeans, à lui tout seul, représente 325 grammes de pesticides, 25 litres de pétrole, un rejet de 2 kilos équivalents CO2 et 10.000 litres d’eau !

 

Faut-il dès lors cesser de porter le fameux blue denim ? Pas forcément.  Comme pour tout, en matière d’écologie, il faut surtout repenser nos actes quotidiens et tenter de minimiser au maximum leurs impacts… sans pour autant se punir ! C’est le message de la campagne de sensibilisation lancée l’automne dernier en Flandre : « Let your blue jeans talk… green ». Laissez votre blue jeans parler vert : sur le site de cette croisade pour le jeans durable, http://www.greenjeans.be/, on trouve toute une série d’informations et de conseils dans la langue de Vondel. Pour ceux qui préfèrent surfer en français, d’autres sites regroupent des ressources équivalentes, comme http://www.ecconso.be/ , http://www.ademe.fr/ (ou sur le site français de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie).

 

Concrètement, comment faire de son blue jean un green jean ?

 

Tout d’abord, il faut mieux le choisir : prendre son temps de sélectionner le jean qui vous va vraiment, coupé dans une toile de qualité, c’est déjà une façon de s’assurer qu’on le portera longtemps ! Mieux vaut préférer les pantalons non délavés, parce que l’opération de délavage nécessite beaucoup de chlore… Faire attention à sa provenance, aussi, et puis surtout, opter pour le jeans alternatif : il en existe en fibres de bambou ou de chanvre, qui sont des cultures plus douces pour la planète…  De plus en plus de marques proposent aussi des jeans en coton bio : une bonne option aussi. Un pantalon en coton bio permet en effet d’éviter l’équivalent de 9 kilos de produits anti-mites !

 

 

 

Les initiatives vertes se multiplient dans le milieu du prêt-à-porter : est-ce qu’elles se valent toutes ?

Pas nécessairement. D’un côté, il y a des marques qui sont vraiment spécialisées dans les vêtements durables (comme Idéo par exemple), mais de l’autre, il y a aussi les grandes marques traditionnelles de jeans qui proposent désormais souvent un modèle  dit « écolo ou éthique ». La marque APC, par exemple, proposait fin 2008 de reprendre les vieux jeans, de les laver, de les recoudre, d’y broder vos initiales puis de les réinjecter dans le circuit. En l’échange de ces « dons de jeans », la marque offrait 50% de réductions sur un jean neuf APC : on voit donc qu’il y a clairement une récupération de cette tendance écologique, à des fins publicitaires. De la même façon, le fait que Levi’s ait lancé un eco-jean, le 570 (et 506) illustre aussi les limites des intentions « vertes » des marques : en ne proposant qu’un produit écologique sur toute sa gamme, un fabricant aussi renommé fait ce qu’on appelle du greenwashing. Ce serait différent si la marque prenait des engagements à plus long terme, pour convertir toute sa collection… Attention : certaines marques proposent aussi des eco-jeans qui ne contiennent en fait qu’un petit pourcentage de matière recyclée. On a donc le intérêt à ouvrir l’œil pour échapper à ce marketing qui joue sur notre fibre éco-sensible… 

 

Pour se repérer, on peut faire confiance à différents labels bio comme Biogarantie, Eko sustainable textile, öko Tex Standard 100, Fair wear Foudation, ou fairtrade. Ces deux derniers contrôlent le respect des normes internationales du travail, lesquelles accordent une attention particulière aux produits utilisés pour la production.

Mais une fois le jeans acheté, on peut aussi le porter son jeans de façon plus écologique  : si 52% des impacts environnementaux d’un jeans sont attribuables à sa production, les 48 autres % sont liés à son entretien et à sa fin de vie ! On peut donc alléger l’empreinte de son jeans en changeant sa façon de le porter et de l’entretenir :

 

-par exemple il est préférable de porter son jeans plusieurs fois avant de le laver (5 fois au lieu de 3, c’est idéal)

-pour ce qui est du nettoyage, on dit adieu au nettoyage à sec, et on lave son jeans à froid, avec la juste dose de lessive, si possible écologique, et si possible dans une machine de classe A.

-on le sèche à l’air libre : pas de séchoir, c’est énergivore

-dans le même ordre d’idées, on ne le repasse pas

-et puis, quand on n’en a marre, de son jeans, qu’on ne peut ou ne veut plus le porter, on le recycle, on le revend, ou on l’offre pour lui offrir une seconde vie !

 

En agissant comme cela, on peut éviter une consommation d’énergie équivalente à 25 heures de chauffage domestique… Ou l’équivalent d’émission de gaz à effets de serre produits par un cyclomoteur parcourant 337 kilomètres. Des petits gestes qui font la différence, dont on peut tester l’impact sur différents calculateurs sur le site de l’Ademe ou celui de la campagne « Let your blue jeans talk … green »… et que l’on peut généraliser aux autres vêtements !

Cette chronique radio peut être podcastée sur le site de La première!

Commentaires1 Comment

  1. Séverine dit :

    Une émission française a parlé récemment de la fabrication des jeans et vraiment les conditions dans lesquelles les ouvriers (en l’occurrence c’était en Turquie), fabriquent les jeans (d’une célèbre marque, sans la citer.. L…) étaient déplorables !! le sablage inhalé bouchait les poumons des ouvriers et au bout de quelques mois seulement de contact avec ces substances chimiques, ils étaient atteint d’une maladie incurable… alors on ne peut plus tolérer ceci, revoyons nos modes de consommation et soyons toujours plus green !!

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