Cap sur un nettoyage vraiment vert

Par · 30 mar 2012

Les produits d’entretien, on en possède tous dans nos placards : ces préparations sont destinées à laver et nettoyer. A priori, on se dit que l’hygiène est une bonne chose pour la santé, et pourtant, les substances qui composent ces produits sont souvent chimiques, et ont un impact environnemental et/ou sanitaire. Voici quelques repères pour les éviter.

Voilà une mission pour le moins compliquée : la liste des substances à éviter est longue, et les noms de ces substances ne sont pas toujours faciles à retenir… Ammoniaque, benzène, éther de glycol, éthoxylates de nonylphénol et nonylphénol, formaldéhyde, hypochlorite de sodium (eau de Javel), naphtalène et du paradichlorobenzène, perchloréthylène, phtalates, toluène… Cette liste est loin d’être exhaustive !

Comment est-il possible que tant de produits se retrouvent en vente libre s’ils sont toxiques ?

Le problème c’est que les impacts sur la santé des produits d’entretien sont peu ou mal connus. Souvent en effet, les tests de toxicité sont réalisés sur une substance isolée mais pas sur un mélange de substances et de produits. Or c’est souvent là que le bât blesse : non seulement les produits d’entretien sont déjà des mélanges de substances, mais on a eu tendance à multiplier les produits utilisés dans une même maison, au quotidien. Or, un facteur important de toxicité à prendre en compte est l’exposition  : lorsqu’on est exposé de façon chronique à une petite quantité de substances toxiques présente dans les produits ménagers, cela peut induire, à long terme, des sensibilisations et une foule de symptômes: maux de tête, fatigue, essoufflement, congestion des sinus, toux, éternuements, irritation de la peau, étourdissements, nausées, irritation des yeux, du nez et de la gorge.

Comment peut-on se prémunir de ces effets si on est pas chimiste ?

Il y a tout de même quelques repères relativement faciles. D’abord, on peut repérer les pictogrammes de danger qui sont un bon indicateur : ils ne sont présents que sur les produits contenant un certain pourcentage de substances reconnues dangereuses pour l’environnement, irritantes pour les voies respiratoires, les yeux ou la peau, corrosives, toxiques, voire mortelles. Ces petits sigles indiquent la présence de substances qui provoquent des réactions directes en cas d’exposition brutales : on les connait et pourtant bien souvent on n’y prend pas garde, et pourtant, éviter d’acheter des produits qui portent ces avertissements serait un premier bon réflexe ! (Exception faite des cristaux de soude qui portent un picto concernant leur effet irritant… Ils le sont en effet: il faut éviter de les manipuler à mains nues, mais ils sont très utiles dans le ménage écolo).

Et pour toutes les autres substances, est-ce qu’il y a tout de même moyen de trouver des repères ?

Il y a toute une série de produits qui de façon classique contiennent des ingrédients assez agressifs pour la santé et l’environnement : les anti-mites contiennent de la naphtaline ou du paradichlorobenzene, qui sont soupçonnés d’être cancérogènes, et qui peuvent provoquer des dommages aux yeux, aux reins et aux voies respiratoires. L’ammoniaque, présent notamment dans les nettoyants pour vitres, peut aussi irriter les voies respiratoires. Les éthers de glycol présents dans de nombreux nettoyants puissants sont soupçonnés de provoquer l’infertilité masculine. On ne rappellera jamais assez du danger que constitue l’utilisation de l’eau de Javel dans les toilettes ou en mélange avec d’autres produits.. Lorsque l’eau de javel entre en contact avec l’acide urique (urine) ou est utilisée en mélange avec des produits d’entretien contenant un acide (détartrant, nettoyant pour sanitaires, antirouille, …), cela produit immédiatement un dégagement de chlore gazeux  (LE DICHLORE) puissant irritant des muqueuses et des yeux, des maux de tête, des nausées ! Et pourtant, figurez-vous qu’en allant me promener dans les rayons des supermarchés, j’ai trouvé des blocs pour WC à l’eau de Javel, une aberration. L’autre aberration, c’est cette mode actuelle de tout parfumer ! Les parfums synthétiques, tels que les muscs polycycliques, entraînent souvent des réactions allergiques et, sont en outre issus de matières premières non renouvelables. Ces parfums sont parfois accompagnés de phtalates, ces fameuses molécules permettant aux plastiques de rester souples, mais qui ont aussi la propriété d’augmenter la durée d’un parfum : on les retrouve dans certains produits d’entretien, dont les adoucissants pour le linge. Or les phtalates sont suspectés d’affecter la fertilité.

Les substances nocives pour l’environnement, ne sont pas nécessairement les mêmes…

Là à nouveau, la liste peut se faire longue. Pour ne pas vous décourager, apprenez à repérer quelques substances à la fois. Par exemple, en allant repérer ces substances sur la liste qui en est proposée sur le site d’Ecoconso, vous apprendrez à éviter l’EDTA (acide éthylènediamine tétracétique) utilisé comme anticalcaire mais qui n’est presque pas biodégradable et séquestre non seulement le calcaire mais aussi de nombreuses autres substances comme les métaux lourds et les micronutriments, ce qui peut avoir pour effet de faire rentrer ces m »étaux lourds dans la chaîne alimentaire écologique. Le nitrilotriacétate de sodium (NTA) se dégrade plus facilement que l’EDTA, mais il est classé comme potentiellement cancérigène. Le perborate utilisé comme blanchissant dans les poudres à lessiver produit du bore en milieu aquatique, et son excès est nocif pour les plantes aquatiques.

Les produits d’entretien écologiques sont-ils sans aucun danger pour la santé et l’environnement ?

Ils ont moins d’impact, mais ils restent des solutions chimiques à manipuler avec précaution. Par exemple, la farine de bois, qui peut remplacer des abrasifs synthétiques dans la composition de détergents, est connue par son effet irritant. En terme d’environnement, il faut savoir par exemple que les zéolithes sont des anticalcaires moins nocifs que l’EDTA (acide éthylènediamine tétracétique),ou les phosphates mais que ces zéolithes augmentent la quantité de boues d’épuration : ils ne sont donc pas la solution parfaite !

C’est un tableau pas très optimiste… Mais heureusement, il y a encore moyen de nettoyer sans s’intoxiquer !

On peut rappeler d’abord quelques bons réflexes : aérer sa maison, ne pas trop l’aseptiser. On a tendance à accroître la résistance des germes en voulant trop les éliminer. Pour l’hygiène, finalement, le geste le plus important et celui qu’on oublie trop souvent c’est de se laver les mains… Pour le reste de la maison, il suffit de bicarbonate, de vinaigre, de citron, de savon de marseille ou savon noir, pour tout nettoyer de façon efficace et saine. Si vous ne savez pas ou plus comment utiliser ces basiques, dirigez-vous sur le site d’Ecoconso qui propose une formation, une fiche, et une brochure « Remue-ménage », réalisée en collaboration avec les CRIE et disponible gratuitement sur le site…

En savoir plus:

  • Ecoconso
  • CRIE
  • http://leflacon.free.fr/ , un site collaboratif dédié aux ingrédients des produits cosmétiques, parmi lesquels on retrouve de nombreux ingrédients des produits d’entretien. Une mine d’or si vous voulez faire des recherches sur la toxicité des ingrédients…

 

 

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