Ecomobilité: quoi de neuf?

Par · 10 sept 2010

photo carréeLa semaine de la mobilité se profile à l’horizon, elle aura lieu comme chaque année du 16 au 22 septembre… L’occasion de nous pencher sur les nouvelles pratiques de mobilité durable : dans Nuwa, ce vendredi, nous faisions le point sur les vélos pliants et à assistance électrique, le covoiturage, les modules et cours d’écoconduite…Toutes ces solutions sont-elles réellement efficaces en termes de sécurité, d’accessibilité et de respect de l’environnement ?

Le secteur du transport routier est à lui seul responsable d’environ 20% des émissions de gaz à effet de serre en Belgique. C’est sans compter les autres désagréments causés par la densification du trafic ces dernières années : embouteillages, pollution atmosphérique, consommation d’énergie non renouvelable. Cela fait déjà longtemps que l’on nous répète que nos voitures sont polluantes. Pendant longtemps, les alternatives sont restées rares, et ne correspondaient pas toujours aux besoins des navetteurs. C’est en train de changer !

 

Les solutions alternatives se sont multipliées ces dernières années et derniers mois, mais n’y a-t-il pas aussi parfois du greenwashing derrière certaines d’entre elles ?

C’est particulièrement vrai concernant certains véhicules qui se disent écologiques parce qu’ils font par exemple appel à la technologie hybride…et qui pourtant restent très énergivores et polluants. Je vous invite par exemple à découvrir sur le site http://www.ecoconso.be/ le décorticage d’une pub pour un SUV hybride vanté dans le catalogue de la marque comme « parfois sale mais toujours propre »…On s’aperçoit que ce gros 4X4 est certes  doté d’une motorisation hybride, mais que celle-ci ne sert pas à réduire les consommations ou émissions de GES, mais à obtenir des performances supérieures à un véhicule classique de la même gamme (240 km/h et 6,5 s pour le 0 – 100 km/h), sans émettre d’avantage de CO2

Il faut donc ouvrir l’œil, si on choisit un nouveau véhicule… Mais changer de voiture n’est pas la seule solution. On l’oublie parfois. Bien sûr, il y a des primes qui incitent à acquérir une voiture moins polluante. Mais il existe aussi d’autres alternatives pour rendre son véhicule plus vert… C’est d’abord et avant tout une question de comportement. Et il existe désormais un terme qui regroupe tous les gestes verts que l’on peut faire pour réduire l’empreinte écologique de son moteur : c’est l’écoconduite. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit de techniques de conduite sécurisantes, faciles à apprendre, et économiques. Acquérir quelques réflexes d’éco-conduite permet d’économiser environ 15 à 20% de carburant, soit  environ 200 € par 10.000 km parcourus! Partant notamment du constat qu’un comportement moins agressif au volant permet aussi de réduire de manière significative les émissions de gaz à effets de serre, la Fédération Inter Environnement wallonie a lancé en ce début septembre une campagne « Rouler cool » qui vise à sensibiliser les conducteurs et futurs conducteurs aux règles et vertus de l’écoconduite… La Fédération des auto-écoles agréées s’est engagée à cette occasion à former 100% de ses moniteurs aux règles de l’éco-conduite, afin de les transmettre ensuite à leurs élèves.

Mais pour ceux qui ont déjà leur permis, il y a encore moyen d’apprendre ces règles ?

Bien sûr ! Sur le site http://www.roulercool.be/, on trouve un calculateur d’économie et les 10 principes de base de l’écoconduite. C’est un BA-ba assez simple, qui inclut des mesures telles que bien entretenir son véhicule, surveiller la pression des pneus, planifier son itinéraire, utiliser le compte-tours et les autres instruments de bord de manière efficiente, etc. Pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe aussi désormais des cours d’écoconduite. Ecoconso propose des ateliers qui comportent une partie théorique et une partie pratique, au moyen d’un simulateur de conduite. Enfin, il existe aussi aujourd’hui des gadgets qui permettent de  bien visualiser les effets des gestes d’écoconduite : c’est le cas de l’Ecogyzer, un petit boîtier à embarquer dans le véhicule qui donne des conseils d’éco-conduite en temps réel, en fonction de l’analyse de vos données de conduites… Une version de ce module est téléchargeable en tant qu’application pour smartphones…

Si l’éco-conduite fait indéniablement partie des recettes pour améliorer nos pratiques, un moyen très efficace de réduire ses émissions est d’augmenter le nombre de passagers du véhicule…Si le nombre de passagers double, les émissions liées à chaque passager sont divisées par deux. Cette possibilité ne doit pas être négligée quand on sait que le taux d’occupation moyen n’est que de 1,4 passager par voiture en Belgique. Pour mieux remplir nos voitures, les initiatives se sont multipliées ces dernières années avec plus ou moins de succès. Le 27 août dernier, un article de La Libre faisait le point sur deux de celles-ci… Bonne nouvelle, Taxistop compte 10 000 membres actifs, et ce nombre est en constante évolution depuis la flambée des prix du carburant de 2008… Sa base de donnée librement accessible aux particuliers, permet de mettre en contact des piétons qui cherchent des voitures dans lesquelles monter, des conducteurs en quête de piétons pour diviser les frais (7 cents du kilomètre dans le cadre des trajets domicile-travail, 3 euros pour 100 kilomètres lors des déplacements internationaux) et casser la solitude de la voiture particulière. Le projet VAP (voitures à plusieurs) connaît un démarrage plus difficile. Démarré en 2005 à Watermael-Boitsfort, il propose aux  « vappeurs » (qu’ils soient à pied ou à quatre roues) de se reconnaître grâce aux cartes VAP qu’ils affichent sur leur pare-brise ou à tiennent à bout de bras, dans des zones prévues pour ces rencontres et signalées par des panneaux dans 21 communes (sur 27) du Brabant wallon et deux communes bruxelloises (Watermael-Boitsfort et Auderghem). Malheureusement, l’article de La Libre constatait que sur le petit millier de membres recensés en cinq ans, peu de vappeurs sont réellement actifs, surtout parmi les piétons. Difficile décidément de nous convaincre d’abandonner la voiture !

 

Et pourtant, en matière environnementale, le meilleur déplacement est celui qu’on ne fait pas…Le trajet idéal se fait à pied bien sûr… Pour les trajets de moins de 3 kilomètres, c’est tout à fait envisageable. Le vélo connaît en ce moment aussi un regain d’intérêt justifié, et là aussi il y a quelques nouveautés intéressantes. Les vélos à assistance électrique connaissent un succès grandissant. Ils s’adressent à ceux qui redoutent d’abandonner leur véhicule de peur d’arriver en sueur au travail. Deux bémols : leur prix relativement élevé (800 à 1800 euros) reste un obstacle, et leur bilan environnemental est plus mauvais que celui des vélos traditionnels, à cause des batteries…(voir site http://cyclurba.fr/) Ceci dit, le bilan environnemental du vélo électrique reste toujours bien meilleur que celui des voitures en ville. Mais puisqu’on parle de 2 roues, LA solution qui connaît un vrai boum justifié en ce moment, c’est le vélo pliant… C’est l’accessoire idéal de la mobilité douce, car il s’adapte à la multimodalité des transports. Les TEC wallons ont lancé au mois de mai dernier un nouvel abonnement annuel Cyclotec qui permet de combiner l’utilisations des bus et trams avec la location d’une vélo pliable spécialement étudié pour le transport en commun. Pour 180 euros par an, sa location comprend la maintenance et l’assurance… J’ai testé ce vélo original : il se plie en quelques secondes et se déplie aussi facilement. Ultra-léger, il fait moins à peine 9,250 kg, ce qui est un exploit dans sa catégorie. Il a été pensé dans les moindres détails : ils se ferme en hauteur pour des raisons de maniabilité. Il n’a pas de chaîne pour éviter les taches de graisse. Il est muni d’un petit dispositif qui permet de l’utiliser comme siège-debout dans les transports en communs. Et il est d’ailleurs accepté dans l’ensemble de ceux-ci en Belgique, y compris en train. Il a été calibré pour entrer dans le coffre des voitures partagées Cambio. Il est idéal pour les trajets de moins de 3 kilomètres…Ce petit vélo a en outre été récompensé par un prix pour son design innovant !

Mais prendre le vélo, n’est-ce pas faire face à certains risques en terme de santé ou de sécurité ? Bonne nouvelle : dans une récente étude, des chercheurs de l’université d’Utrecht et de la Netherlands Environmental Assessment Agency ont estimé qu’à l’échelle individuelle, passer de l’auto au vélo pour les courts trajets quotidiens permettrait de gagner de 3 à 4 mois de vie, grâce aux effets bénéfiques de l’accroissement de l’activité physique. Un gain qui l’emporterait sur l’effet potentiel sur la mortalité de l’augmentation de l’exposition aux polluants de l’air inhalé, estimé de 0,8 à 40 jours, et sur l’impact de l’augmentation des accidents de circulation, estimé à 5 à 9 jours de vie perdus.

Enfin, voici une raison de plus de laisser la voiture au garage. Le 17 septembre prochain aura lieu le Parking Day, un événement qui vise à remettre en question la place occupée par nos voitures en ville. Cette initiative, lancée pour la première fois en 2005 à San Francisco par le collectif d’art urbain Rebar, a rassemblé plusieurs centaines de projets répartis dans plus de 100 villes ces dernières années. En milieu urbain, plus de 70% de l’espace extérieur est dédié aux véhicules privés. L’initiative Parking Day propose aux citoyens de s’approprier le temps de quelques heures ou d’une journée une place de parking pour lui donner une nouvelle fonction : galerie d’art, atelier gratuit de réparation de vélo, plage publique, poulailler, salle de lecture… Je n’ai pas encore fixé mon choix. Si j’ouvre un stand de limonade maison, vous viendrez?

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