Do you barbecue?

Par · 14 juin 2010

Nuwa bbqLa saison des grillades est ouverte depuis quelques semaines, et a encore pas mal de beaux jours devant elle. Quelles viandes choisir pour diminuer l’impact de ces repas festifs sur l’environnement, quelle cuisson privilégier pour notre santé et celle de la planète? Ce 14 juin dans Nuwa (La Première, RTBF), nous nous penchions aussi sur notre panier de pique-nique, pour le rendre le plus écologique possible…

Qui dit barbecue dit viande, or la viande qui est à la base du barbecue a un coût environnemental élevé : il faut 20 kilos de céréales, 20 000 litres d’eau et plus d’un litre de pétrole pour produire un kilo de bœuf, tandis que le bétail est la cause de 10% du total des gaz à effet de serre dans le monde. Ces chiffres, c’est le site www.mescoursespourlaplanete.com qui les donne, un site que je vous invite à visiter régulièrement, car il donne de nombreuses infos utiles pour rendre notre vie plus respectueuse de la planète et de notre santé, d’une part par thèmes tels que celui-ci, d’autre part en passant à la loupe l’empreinte écologique de chaque produit, et en proposant des alternatives.

 

Mais la viande est quasi incontournable lors des barbecues… Vous n’allez pas être rabat-joie et nous dire qu’il faut l’abandonner ?

La bonne nouvelle, c’est que toutes les viandes n’ont pas le même impact environnemental : on peut choisir par exemple le poulet fermier, le canard et le porc, dont la production génère moins de CO2 que le bœuf, le veau ou l’agneau. A noter aussi que si la viande est bio, les émissions globales par kilo de viande sont diminuées du tiers environ, quelle que soit la viande choisie. Pour le poisson, on rappelle les règles de  base d’un bon choix : éviter les espèces menacées et préférer les produits issus de la pêche locale : un bonne truite par exemple.  Mais on peut aussi faire griller des légumes de saison, en accompagnement
Certaines études suggèrent que la consommation de légumes en accompagnement des viandes et poissons cuits au barbecue diminuerait le risque de cancer induit par ce mode de cuisson grâce à leur effet anti-oxydant…

 

Qu’en est-il de ce risque de cancer lié aux barbecues ?

 

Selon plusieurs études, le gras qui s’écoule lors de la cuisson des viandes et des poissons, et qui prend feu au contact des braises, carbonise l’aliment ce qui provoque la formation d’éléments cancérigènes. Le barbecue est par définition une cuisson saisonnière, et donc peu fréquente, ce qui mène certains à relativiser ce risque. Mais ce phénomène n’est pas uniquement lié aux barbecues mais plus généralement à toutes les cuissons d’aliments à des températures élevées. Voilà pourquoi il est préférable de retirer les parties noircies des aliments. Certains recommandent aussi de ne pas dépasser deux barbecues par semaine en période estivale.

 

Alors on le sait, chaque chef de barbecue a un peu sa façon de faire…Y a-t-il un mode de cuisson au barbecue plus écologique qu’un autre ?

Je vous invite cette fois à visiter la page de l’encyclo écolo dédiée à ce thème… On y trouve des informations détaillées sur les modes de cuisson au barbecue les plus écologiques. Selon ce site, les barbecues au gaz naturel seraient les plus propres, les plus efficaces d’un point de vue énergétique. Viendrait ensuite le grill électrique, surtout s’il est alimenté avec un panneau solaire … Le bois et le charbon peuvent ajouter de la saveur aux aliments, mais brûlent de façon polluante : ils produisent de fines particules de suie qui polluent l’air. Les briquettes vendues pour les barbecues ont quant à elles l’avantage d’être fabriqués en partie à partir de sciure (une bonne utilisation des bois de rebut), mais certaines d’entre elles peuvent également contenir de la poussière, de l’amidon, du nitrate de sodium, de la chaux, et du borax… Pas terrible dans votre assiette ou votre bol d’air ! En 2003, une étude a montré qu’une des villes les plus polluées des Etat-Unis, Houston, devait une partie importante de sa pollution à la fumée des restaurants de grillades, qui sont une tradition culinaire au Texas.

Pas d’alternative plus écolo encore ?

Si ! On trouve désormais assez facilement des fours solaires : capables de nourrir 4 personnes avec de petites dimensions (60 cm environ sur 3 côtés) et un poids moyen de 6 kilos, il en existe désormais des modèles, équipés d’une enveloppe en toile de nylon type sac à dos avec poignée, qui offrent une alternative solaire pour les repas en plein air. Ils demandent juste un peu de patience puisque leurs temps de cuisson sont doublés par rapport à la cuisson traditionnelle… Il faut compter environ 2 h pour la cuisson d’un poulet. A priori, lors d’un barbecue, 2 heures, c’est juste le temps qu’il faut pour prendre l’apéro…

 

Puisqu’on parle boisson, qu’en est-il de la vaisselle à emporter lors des barbecues et plus généralement des escapades pique-niques ?

Tout d’abord, si possible, on abandonne l’idée des assiettes et couverts jetables en plastique : ils ont un coût environnemental très élevé. Certains les abandonnent encore dans la nature. Or on considère qu’il faut environ 4000 ans à une bouteille en verre pour se dégrader, entre 100 et 1000 ans pour un gobelet, une bouteille ou un sac en plastique, 3 mois pour une serviette en papier. En outre, la plupart de ces déchets, lorsqu’ils se dégradent enfin, contiennent des substances toxiques qui polluent l’environnement !Et même lorsqu’ils sont jetés à la poubelle, leur incinération peut dégager des dioxines.

On pourrait dire que l’alternative la plus écolo est le sandwich ou le pain saucisse, qui ne demandent pas de couverts pour être dégustés…Mais existe-t-il d’autres possibilités pour un repas d’extérieur plus recherché ?

Ça demande un peu plus d’organisation, mais on peut opter pour de la vraie vaisselle, des serviettes en tissu, et un beau panier artisanal en rotin. On trouve aussi des paniers de pique-nique tout équipés, avec vaisselle incassable, plus légers que cet attirail, et plus écologiques que la vaisselle en plastique jetable. On trouve aussi désormais assez facilement des couverts biodégradables et compostables en bioplastique ou en fibres de bambou par exemple… Ils ne sont pas la solution idéale mais une bonne alternative, à condition de vérifier qu’ils sont bien compostables, et de réaliser un tri des déchets lors de ce repas festif en extérieur, pour que ces déchets particuliers aillent bien au compost.

 

Un dernier conseil avant de partir en pique-nique ?

 

Visiter le site de  l’association environnementale canadienne Leave No Trace (www.leavenotrace.ca),  en français « Sans traces », qui donne les grands principes de la sortie en plein air écologique… Il y est notamment conseillé de  limiter les participants à six personnes maximum, car les plus petits groupes ont moins d’impact sur les sentiers, la végétation et la nature dans laquelle ils séjournent ; réduire autant que possible les emballages alimentaires emportés au profit de boîtes réutilisables ; ne jamais jeter les emballages dans le feu, notamment ceux en plastique qui dégagent en brûlant des produits toxiques et potentiellement cancérigènes ; de remballer tout ce qui a été déballé, en veillant à ne pas laisser le moindre déchet, même alimentaire, derrière soi… On pourrait y ajouter le fait de limiter les déplacements en voiture : il y a un tas d’endroits où pique-niquer à proximité de chez vous… L’aventure et le dépaysement sont bien souvent à portée de promenade !

 

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