Des vacances sans CO2?

Par · 24 juin 2010

Nuwa vacances sans CO2

L’heure des vacances a déjà sonné pour certains, et les départs vont se multiplier dans les jours qui viennent. Difficile de résister à la tentation de l’envol vers des contrées plus ou moins lointaines… La compensation carbone est-elle une solution pour voyager léger ? Tel était le thème de ma chronique dans Nuwa (RTBF, La Première), ce 24 juin 2010.

 

Peut-être avez-vous vu ce clip vidéo terrible qui circule en ce moment sur internet. On y voit une pluie d’ours polaires s’écraser dans les rues d’une grande ville. Les images chocs, inspirées de celles du 11 septembre, véhiculent le message de Plane Stupid, un groupe activiste contre l’expansion de l’aviation : un voyage européen moyen en avion produit 400 kg de gaz à effet de serre. Je ne vous invite pas à regarder ce clip qui est plutôt choquant. Mais on peut rappeler que le transport aérien est responsable de 3 % des émissions des gaz à effet de serre dans l’Union européenne.  Or, la majorité de ces émissions sont dues aux vols internationaux, qui ne sont pas soumis à des objectifs au titre du Protocole de Kyoto… Selon www.ecoconso.be l’avion est le mode de transport qui  produit la plus grande quantité d’émissions de CO2 par passager/ km (et par tonne/km dans le cas du fret). En moyenne un passager d’avion émet deux fois plus de CO2 qu’en voiture, 6 fois plus qu’en train, en métro ou en bus. A l’heure des départs, voilà qui donne à réfléchir.

Les compagnies aériennes communiquent pourtant de plus en plus au sujet de leurs efforts en la matière…

Au printemps 2009 par exemple, la compagnie belge Jetairfly affirmait que par le renouvellement de sa flotte de Boeing 737, elle consommerait 7,5 millions de litres de carburant en moins et réduirait ses émissions de CO2 de 20 millions de kilos, sur base annuelle. Selon la compagnie, les appareils de nouvelle génération combinés à de hauts taux d’occupation à bord, permettraient de consommer moins de 3,5 litres de carburant par 100 kilomètres par passager, c’est à dire moins qu’un automobiliste roulant seul à bord de sa voiture

 

Qui faut-il croire dans ce débat ?

Le rendement énergétique des avions s’est effectivement amélioré d’environ 70% au cours de ces 40 dernières années. Le problème, c’est que les émissions de GES des avions continuent à augmenter du fait de l’accroissement du trafic et du tourisme en particulier. Pour contrer les effets de cette augmentation, plusieurs solutions sont envisagées : une taxation du kérosène, une meilleure gestion du trafic aérien, et la poursuite des progrès technologiques… Mais c’est l’instrument économique qui est privilégié actuellement puisque le transport aérien devrait s’inscrire dans le cadre du protocole de Kyoto à partir de 2011. A compter du 1er janvier 2012, toutes les compagnies aériennes opérant dans l’UE –européennes ou non– devront plafonner leurs émissions de CO2 à 97% d’un niveau annuel de référence, calculé à partir d’une moyenne des années 2004 à 2006. Ce plafond sera réduit chaque année jusqu’en 2020 et devrait permettre une réduction de 5% des émissions des avions.

 

En attendant, il est possible de compenser volontairement sa part personnelle d’émissions de CO2… Comment ça marche ?

 

La compensation des émissions de CO2 consiste à payer un montant donné pour financer des projets permettant d’économiser une quantité de CO2 équivalente au CO2 émis. Ces projets permettent soit de capter le CO2 (plantation d’arbres essentiellement) soit de diminuer les émissions de CO2 à la source (meilleure efficacité énergétique, utilisation d’énergies renouvelables en lieu et place d’énergies fossiles). Cette idée est aujourd’hui intégrée par quelques compagnies aériennes qui proposent aux voyageurs de payer un supplément lors de la réservation du vol. Sur British Airways par exemple, compenser un aller-retour Bruxelles-New York JFK vous coûtera 15,48€ en classe économique, sur base d’une émission d’ 1,14 tonnes de CO2 multiplié par le prix de 13,85 euros la tonne.

 

Une quinzaine d’euros seulement… Ce n’est pas si cher qu’on le pense !

Le problème, c’est que ces prix peuvent être très variables selon l’opérateur auquel on a à faire : on peut en effet, si on le préfère où que la compagnie ne le propose pas, recourir aux services d’un organisme de compensation. Or,  il existe de grosses différences entre leurs offres : j’ai réalisé quelques tests pour ce même vol de Bruxelles à New York JFK (environs 11700 km) : sur www.climact.com, le même voyage A-R est estimé à 2,57 tonnes d’émissions de CO2 , à 27 euros la tonne, soit 69,39€. Chez www.CO2logic.be , on obtient des chiffres comparables, en compensant  2,59 tonnes de CO2 pour 68,95 euros. Mais sur www.compenCO2.be , le site de l’organisme de compensation lancé à l’initiative d’Oxfam-Magasins du Monde et d’Ecolife, les émissions sont évaluées à  3880 kg CO2 pour € 87,35. Si on admet ce dernier chiffre, faire un vol de ce type occasionne une émission comparable à celle du chauffage annuel d’une maison (3,9 T de CO2, selon l’Etat de l’Environnement Wallon 2006).

 

Comment expliquer de telles différences d’évaluation des émissions ainsi que du prix de la compensation ?

 

Ces différences s’expliquent parce que les émissions de CO2 dépendent de facteurs tels que le type d’avion, son taux d’occupation, sa vitesse, son altitude de vol, la route suivie, la pression atmosphérique, la température… En poussant plus loin, même le type de cabine dans lequel vous avez choisi de vous asseoir compte :  plus votre siège est grand, plus votre part des émissions combinées totales du vol est importante.  Le GIEC, propose de multiplier les émissions de CO2 de l’avion par 2,7 pour tenir compte du pouvoir de réchauffement (l’effet radiatif) des autres gaz, çad des oxydes d’azote, et des traînées de condensation et des formations de Cirrus (nuages de haute altitude) dont on connaît encore mal les effets. Le prix peut varier beaucoup aussi en fonction du type de projet financé par l’organisme de compensation. La plantation de quelques arbres coûte moins cher que l’investissement dans un projet d’efficacité énergétique dûment approuvé par les Nations unies. Ces deux types de compensation n’offrent pas les mêmes garanties techniques, ni autant de transparence quant à la pérennité de l’investissement. Selon André Heughebaert, ingénieur qui a proposé en 2008 une étude comparative des programmes de compensation volontaire de CO2 en Europe : « Sans que cela ne soit une règle, on peut […] remarquer une assez bonne corrélation directe entre le prix et la qualité de la compensation offerte : le moins cher est rarement le meilleur sur le plan de la qualité. »

 

Comment s’assurer que le projet qu’on finance par sa compensation est sérieux et durable ?

 

Après avoir publié le classement réalisé par André Heughebaert, IEW a décidé, au lieu de jouer sur la concurrence des organismes de compensation pour améliorer leur transparence, de leur proposer la signature d’une charte au travers de laquelle ils s’engagent à mettre à disposition des informations sur la façon dont ils calculent les émissions, le type de projets financés, leur localisation, les standards auxquels ils correspondent, et les réductions effectives. Toutes ces informations devraient être disponibles pour les particuliers sur le site portail dédié www.co2certify.be. Mais aujourd’hui, la charte, initiée fin 2009, n’a encore que 2 signataires…On peut donc toujours s’en remettre au fameux classement, et visiter pour cela le site « Je compense » d’IEW. De manière général, on peut aussi retenir qu’il faut en tout cas préférer les projets qui visent à réduire les émissions de co2 à la source plutôt qu’à capter le CO2 par la plantation d’arbres, puisque ceux-ci constituent des puits de carbone, çad qui rejetteront en fin de vie le carbone stocké de façon temporaire…

Rappelons aussi simplement que la compensation CO2 ne devrait pas être utilisée pour s’acheter une bonne conscience ! A moins d’un bond technologique qui n’est pas encore d‘actualité, il n’y a pas de solution miracle au problème de la pollution occasionnée par les vols en avion.  Alors, bien sûr, on peut continuer à avoir envie de partir, mais au moment du choix du voyage, puis de celui du moyen de transport, pensez à ceci : les vols court et moyen-courrier émettent proportionnellement plus desgaz à effet de serre car le décollage et l’atterrissage provoquent une surconsommation de carburant. Un calcul sur www.compenco2.be  donne les résultats suivants pour un aller-retour Paris- Londres (690 km) : 190 kg CO2 par personne en avion, 140 kg en voiture (2 personnes à bord) et à peine 50 kg en TGV et 40 kg en autobus… N’utilisez l’avion que lorsqu’il n’y a pas d’autre alternatives ; en tout cas, évitez de prendre l’avion pour des distances inférieures à 700 km.

Plutôt que de multiplier les mini-trips, mieux vaut préférer prendre l’avion moins souvent, et allongez son séjour de vacances. Et ça, c’est plutôt une perspective agréable, non?

Pour finir, petit appel à candidature :

IEW vient de lancer son projet ExitCO2 et cherche à constituer 6 groupes de 10 citoyens volontaires pour mener une expérience de réduction de leur empreinte carbone au moyen d’un outil développé par la société Factor X. Le projet durera 6 mois et commencera en octobre 2010. Aprè un premier bilan, des conseils et un suivi personnalisé seront assurés par l’association ecoconso dans le but de réduire de 25% l’empreinte carbone des volontaires…

Commentaires1 Comment

  1. Dirk Staels dit :

    Journées des plantes dans le jardin de Maurice Vergote : 11 – 12 septembre – découvrez la Mecque des passionnés des plantes à 4km du centre historique de Bruges . Le moment suprème pour établir une relation privilégiée avec des pépiniéristes, les obtenteurs de plantes exceptionnelles,des créateurs et les artistes, qui au fil des allées, divulguent leurs secrets.

    Le Jardin de Maurice Vergote à Oostkamp ( 4km de Bruges )
    Celui qui a visité le jardin de Maurice Vergote, horticulteur de rénom à Oostkamp, sait qu’il y a nul besoin de traverser la Manche pour découvrire des jardins magnifiques mis au goût du jour avec un peu de Gertrude Jekyll.

    Seulement quelques kilomètres éloigné du centre historique de Bruges se trouve le jardin extra-ordinaire du pépiniériste et jardinier infatigable Maurice Vergote . Ses compétences pratiques exceptionnelles et sa connaissances des plantes vivaces y trouvent leur Magnum Opus.

    Maurice Vergote a joué un grand rôle dans l’évolution de la diversité des vivaces en Belgique. C’est lui qui a fait connaître les géraniums vivaces, c’est lui aussi qui a développé les hellébores. Ces plantes, Maurice les a rapportées d’Angleterre malgré la douane et les règles de quarantaine.

    Il y a six ans, Maurice, ayant déja 69 ans, décidait de se retirer et vendait sa pépinière ‘ Le Wilgenbroek’ . Sur un terrain adjacent à la pépinière il commençait avec la rénovation d’une ancienne ferme et y installait un charmant Bed & Breakfast. Mais la passion pour les plantes ne lui a jamais quitté et avec une énergie sans précédent il commançait son magnum opus : un beau jardin de plantes de 1,5 acre.

    Son terrain de travail était une prairie simple.., dans l’année préparatoire les mauvaises herbes Ètaitent combattus, puis à l’aide d’une fourche une à 4 dents une couche de Compost de 8cm était mixée dans le sol.

    La première année il commence par dessiner la tracé des immenses plates- bandes. Puis une courbe ondulante de 100 mètres de chaque côté de la promenade est installée. Maurice aime les fleurs classiques des jardins d’autrefois et il aime le rythme, un principe que pratiquait bien avant lui Getrude Jekyll.
    Ses plantes préférées sont multiples : les grand rosiers Rosa ‘Bishop Darlington’, Persicara paniculata ‘ Frodosa’, Hydrangea paniculata ‘Limelight’ et le grand Eupatorium maculatum ‘ Atropurpureum’ , le Geranium ‘ Rozanne’ les Phlox paniculata ( il les cultive depuis longtemps, les croise pour peut-être un jour trouver le Phlox parfait )
    Maurice met à profit sa longue expérience de pépiniériste pour garantir que le jardin soit beau pendant au moins 5 mois par an et enveloppe le visiteur dans une marée de fleurs tout en couleurs
    Pépiniériste malgré ses 75 ans , Maurice continu être horticulteur, il a une superbe collection d’hellebores, hydrangea et d’ Agapanthus

    Site: http://www.plantendagenmauricevergote.be

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