Des bulles de sodas pas si légères que ça pour la planète

Par · 25 jan 2010

RepositoryEncore une fois, j’ai une confession à vous faire: j’aime les bulles. Les bulles transparentes de l’eau gazeuse, et de temps en temps aussi des bulles brunes et sucrées, vous voyez ce que je veux dire? En cela, je ne suis donc pas différente de mes contemporains: les sodas sont vraiment entrés dans nos mœurs en quelques décennies. Fabriquées en usine, les boissons pétillantes sont ensuite emballées dans des contenants en plastique, en verre, en alu ou en acier… Elles ont donc un impact écologique non négligeable. C’est sur celle-ci que je me suis penchée ce 25 janvier dans l’émission  Nuwa, ce nouveau rendez-vous radiophonique du développement durable… Si vous n’avez pas suivi cela, il n’est pas trop tard pour podcaster l’émission: Nuwa est une émission qui s’offre une seconde vie sur le net!-) Vive le recyclage!

En Belgique, la consommation moyenne de sodas s’élève à 210 ml par jour. Ça n’a l’air de rien, mais cette consommation est plus importantes chez nos ados : les 15 -18 ans en boivent en moyenne 447 millilitres par jour, c’est à dire plus d’une canette par jour…et donc plus de 3 litres par semaine !  Le leader mondial des boissons rafraîchissantes, pas besoin de citer son nom, vous l’avez reconnu, en a bien pris conscience…Il tente depuis quelques années d’alléger l’empreinte écologique des 240 millions de litres de son soda brun consommés chaque jour dans le monde : si la firme garde encore jalousement le secret de sa recette, elle se montre bien plus transparente sur ses efforts environnementaux. C’est ainsi qu’au mois de décembre dernier, un article de la revue Terra Eco  retraçait le cycle de vie d’une cannette de Coca-Cola en France.Mais qu’en est-il du soda à l’enseigne rouge et blanche en Belgique ? L’entreprise a la particularité de fabriquer ses boissons dans le pays où elle les vend. Sur ses 3 sites de production belges, la multinationale a embouteillé en 2009 quelques 880 millions de litres de boissons, dont 80% étaient destinés au marché belge… L’ingrédient le plus précieux de la boisson n’est peut-être pas ce fameux extrait top secret, mais l’eau : parce que pour produire un litre de coca, il faut 1,9 litre d’eau. Le processus de fabrication en lui-même consomme de l’eau à différentes étapes, par exemple pour refroidir les machines ou pour le nettoyage des lignes de production. En Belgique, la firme est parvenue à réduire sa consommation d’eau de 28% entre 2005 et 2009. C’est un bel effort, qui ne doit pas faire oublier aussi vite qu’ailleurs dans le monde, la facture d’eau de Coca-Cola fait grincer des dents certains états :au Kerala, en 2006, le groupe a été accusé d’assécher les nappes phréatiques… En 2009, c’était au tour de la Chine de faire savoir à la marque que ses consommations d’eau étaient trop importantes.

A la consommation d’eau, il faut ajouter celle d’énergie liée au transport. Grâce à la production locale,  la marque gagne des points sur ce poste, puisque le parcours moyen d’une cannette en Belgique est de 75 kilomètres « seulement ». Ceci dit, ces chiffres ne tiennent pas compte du transport des ingrédients : si le sucre vient de Belgique, le gaz carbonique est importé des Pays-Bas, et l’extrait top secret est fabriqué en Irlande, au départ de matières premières qui viennent probablement de bien plus loin… tout n’est pas encore transparent chez le géant du soda ! Dans ce bilan environnemental, nous n’avons pas encore compté l’utilisation des appareils de distribution réfrigérants…

Et puis, un autre grand point noir environnemental des sodas, c’est leur emballage: une part des boissons sont distribuées en verre, ou en plastique PET recyclable. Mais ce sont aussi  quelques 553 millions 48 mille 392 canettes qui sont sorties des usines belges de la marque en 2009, soit plus d’un million cinq cent mille par jour ! Une canette de coca belge équivaut à  145 gramme d’émissions de CO2, soit un peu moins de  2% des « émissions co2 » d’un consommateur par jour. C’est à la fois peu et beaucoup.

Ces 5 dernières années, les canettes en acier ont perdu 4,5% de leur poids…Cette économie de matière première permet de réduire aussi l’énergie utilisée pour le transport. L’autre façon par laquelle les canettes tentent de se rendre plus légères pour la planète, c’est le recyclage. Il existe des cannettes en alu (5%), et d’autres en acier (95%).  Les premières contiennent 33 % d’aluminium recyclé, et les secondes 55% d’acier recyclé… Il faut savoir que l’alu est une matière qui demande beaucoup d’énergie pour être produite au départ de la bauxite, un minerai du bout du monde. Le recyclage de l’alu est aujourd’hui possible (sauf pour les feuilles d’alu alimentaires), et il permet jusqu’à 95% d’économie d’énergie pour la production d’aluminium. Recycler les canettes, c’est donc très bien, et les belges adorent ça, eux qu’on appelle les champions du recyclage. (Ceci dit, on voit encore bien trop de canettes écrasées sur les bords des routes. )

Mais quoi qu’il en soit, le meilleur emballage est celui qui n’existe pas! Tout ceci ne devrait pas non plus nous faire oublier que recycler reste moins écologique que réutiliser ! Bref, vous l’avez compris. Bien que la marque semble faire de réels efforts, c’est peut-être et surtout avant tout à nous d’en faire ! Comment ? Bien sûr d’abord en limitant notre consommation de sodas. En retournant à l’eau du robinet, la plus écologique des boissons !

Pour ceux qui ont a parfois envie de mettre quelques bulles dans leut journée, il existe une alternative aux sodas industriels qui permet de faire des bulles plus légères pour la planète : aujourd’hui, on peut trouver en magasin des machines à sodas. Elles permettent de réduire la consommation d’emballages. La machine en elle-même ne consomme pas d’électricité, et le cylindre de gaz carbonique est rechargeable. Ce ne sont pas des solutions miracles, mais une étude réalisée par la Société Suisse de l’industrie du gaz et des eaux a estimé qu’une eau du robinet gazéifiée à domicile a une charge environnementale de 5 à 8 fois inférieure à une eau minérale en bouteille. Pour découvrir son fonctionnement, je vous propose de regarder l’émission Sans Chichis (RTBF, La Deux) de ce 4 février 2010, au cours de laquelle je vous fais une petite démo!

Préparer soi-même son soda, cela permet aussi de réduire son apport en sucre, et  de varier les goûts ! En saison, je fabrique un sirop de fleur de sureau maison dont le parfum est très puissant et 100% naturel. Il se conserve à merveille, et quelques millilitres suffisent pour donner beaucoup de goût à un grand verre d’eau… Voilà, donc, ne renonçons pas tout à fait aux bulles, mais rendons les plus légères, en faisant appel à notre imagination !

La recette du sirop de fleur de sureau (même s’il faudra encore attendre le mois de juin pour qu’il soit en fleur!)

Ingrédients pour environ 1 litre de sirop:

  • Environ 15 grosses ombelles de sureau
  • 1 kg de sucre en poudre
  • 1 citron bio coupé en tranches
  • 40 gr d’acide citrique (en pharmacie)

 

 

  1. Mettez les fleurs de sureau, le sucre, le citron et l’acide citrique dans un grand récipient et ajoutez-y 0,5 litre d’eau pour dissoudre le sucre.
  2. Couvrez et laissez macérer au frais pendant 4 jours, en n’oubliant pas d’aller remuer ce mélange de temps à autres…
  3. Filtrez en passant le mélange dans un tamis garni de mousseline
  4. certaines personne font bouillir le sirop filtré avant de le mettre en bouteille. Personnellement, je zappe cette étape, et je congèle le sirop en petits pots de plastique récupérés. Il m’est facile d’en dégeler une dose chaque fois que l’envie s’en fait sentir, tout au long de l’année!
  5. Si vous optez pour une conservation en bouteille, fermez-les hermétiquement et rangez-les dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière.

Avec ses arômes floraux originaux, ce sirop festif est idéal à servir en apéro pour les personnes qui ne souhaitent pas d’alcool. Les enfants l’adorent, mais les adultes aussi.

Commentaires3 Comments

  1. Vincent Golard dit :

    J’aime vraiment bien vos billets, toujours le même bravo!
    Juste une petite remarque si vous le permettez: vous disiez  » pas plus écologique que de boire l’eau du robinet ».

    Je suggère beaucoup mieux: Comme plus de 10000 ménages wallons (si, si), j’ai installé un système de filtration (très rentable) d’eau de pluie (attention, pas toujours possible selon le toit), pour obtenir une eau gratuite que nous buvons, extrèmement bonne et légère équivalant à de l’eau de Spa (voir le site du professeur Orszach de Mons qui a oeuvré magistralement et très pratiquement en la matière durant des dizaines d’année avec ses étudiants: http://www.eautarcie.com
    Egalement: http://www.amisdelaterre.be/rubrique.php3?id_rubrique=14.

    Et bien sûr nous la faisons pétiller grâce au pétilleur que vous décrivez dans votre billet, pour notre famille de 4 personnes!
    « De la gouttière au robinet », que rêver de mieux comme cycle court et écologique, et fini notre facture d’eau de distribution!

  2. Isabelle dit :

    Merci Vincent, voilà qui vaudrait un reportage! Je garde tout cela bien précieusement en tête. Continuez à partager vos idées et conseils sur le blog, c’est formidable!

  3. Vincent dit :

    Voilà, je viens de mettre « à plat » ma petite expérience en matière de valorisation et potabilisation de l’eau de pluie, en insistant qu’il s’agit d’une chose sérieuse vu son impact sur la santé (s’abstenir si pas sérieux ni soigneux! Se renseigner également par recoupement).
    Voir http://www.vincentgolard.be et qui renvoie sur d’autres sites…
    Vincent

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