Déodorant, pierre d’alun et cie… Des solutions écolo pour ne pas sentir le poney?

Par · 23 sept 2011

Les déodorants sont considérés comme un produit d’hygiène par les consommateurs, un produit dont l’usage est donc devenu quotidien pour bon nombre d’entre nous. Mais peut-on lutter contre nos odeurs corporelles sans nuire à la nature ou à notre santé ? Commençons par un petit rappel de bon aloi : transpirer, c’est naturel! C’est même un signe de bonne santé. La transpiration a pour but de réguler la température du corps quand celle-ci est trop élevée. Elle nous sert aussi à évacuer une partie des toxines et des déchets accumulés dans l’organisme. Nous transpirons en moyenne 1 litre de sueur par jour. Cela peut paraître beaucoup, mais sachez qu’un sportif de haut niveau peut suer plus de 2 litres par heure.

Si 75% des consommateurs belges utilisent désormais un déo après la douche, en complément de leur toilette, les déodorants n’ont pas toujours existé, et le besoin de masquer les odeurs corporelles est en quelque sorte culturel. C’est un besoin qui est apparu avec le temps, parallèlement à l’évolution de notre société vers plus d’hygiène. Aujourd’hui il y a une sort de tabou autour des odeurs corporelles qu’il faut masquer à tout prix lorsqu’on est en société. L’homme civilisé se doit de sentir bon. On masque dès lors ces odeurs qui dans notre imaginaire représentent notre part animale…

Le premier déodorant fut inventé à la fin du XIXe siècle. Mais avant cela, les Egyptiens avaient déjà développé un déodorant avec l’huile de l’amande de dattier du désert, à laquelle ils ajoutaient de la myrrhe, des résines et de la cannelle. En Orient, à la même époque, on utilisait des huiles parfumées à la cannelle et au citron. Au Moyen Age, pudeur oblige, on portait des pommes d’ambre autour du cou pour les femmes et dans la main pour les hommes, et après s’être rasé les aisselles , on y appliquait un mélange de vin d’eau de rose. Du XVIe au XVIIIe siècle, on fuit l’eau, ce qui est un comble pour l’hygiène : c’est l’époque du poudrage des cheveux, qui était censé lui aussi masquer les odeurs…Au XVIIIe et début XIXe,on place sous les aisselles, sur les hanches, dans les plis des vêtements, de petits sachets de senteurs,en tissu et remplis de poudre de violettes et de civette. Mais c’est la découverte des microbes par Pasteur, en 1885, qui va donner la clé de la compréhension de l’origine de ces odeurs, et qui précipitera donc l’invention du premier déo en 1888.

On découvre alors ce qu’on l’on sait aujourd’hui : la transpiration en elle-même est inodore, ce sont des bactéries qui dégradent la sueur par fermentation et génèrent des odeurs…

C’est un américain de Philadelphie qui invente alors un déodorant sous la forme d’une pâte à appliquer sous les bras, salissante et peu pratique. Depuis lors la plupart des produits sont à base de sels d’aluminium et ont pris les formes les plus diverses: on trouve du déo sous forme de crèmes, de poudres, de vaporisateur, de stick, ou roll-on…

Toutes les solutions qui sont sur le marché ne se valent pas, du point de vue environnemental. Selon le CRIOC, il faut privilégier les emballages rechargeables, ou à défaut, des déodorants en stick, en roll-on ou en vapo, si possible pas en contenant aluminium, puisque la production de cette matière est énergivore et polluante. On peut veiller aussi à choisir un produit labellisé bio, pour toutes les garanties que cela offre du point de vue du respect des ressources végétales et animales…

Du point de vue de la santé, on a beaucoup parlé de la possibilité d’un lien entre l’utilisation de déos et le cancer du sein…

Pour résumer cette polémique, il faut d’abord préciser qu’elle visait les antitranspirants. Il faut faire une différence entre ces produits et les simples déos : les déodorants réduisent et contrôlent l’odeur en tuant les bactéries qui en sont responsables ; les antisudorifiques réduisent la quantité de transpiration produite par le corps. Ce sont les sels d’aluminium contenus dans ces antitranspirants qui empêchent la transpiration sont accusés par leurs détracteurs de constituer un obstacle à l’évacuation des toxines, et de stimuler la croissance des cellules du sein… Aujourd’hui pourtant, il n’y a pas de consensus scientifique pour appuyer cette thèse. Et les Fondations contre le Cancer, ou organisations de consommateurs considèrent que ces antitranspirants ne constituent pas un danger… Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas se méfier d’autres produits comme les parabens, encore présents parfois dans les déos, et dont on connait les effets négatifs sur la santé.

Que penser dès lors de la pierre d’alun, souvent présentée comme une solution naturelle idéale contre la transpiration ?

Cette pierre ressemble à un gros cristal et est composée de sulfate double d’aluminium et de potassium. On la mouille un peu et on l’applique sur la peau pour former une fine pellicule saline qui va avoir pour effet de resserrer les pores et donc de limiter sans pour autant l’empêcher totalement le processus de transpiration.

Est-ce que cette solution naturelle est pour autant tout à fait saine ?

Il y a deux sortes de pierres d’alun. Celles qui sont naturelles contiennent de l’alun « natif » qui est un sulfate double d’aluminium et de potassium. Les pierres d’alun de synthèse sont, elles, des sous-produits de l’industrie chimique lourde. Il faut repérer sur l’étiquette la présence d’ammonium ou le terme « Ammonium Alun » pour distinguer une pierre synthétique. Le terme « Potassium Alun » caractérise une pierre naturelle. Mais qu’il soit naturel ou pas, l’alun contient toujours de l’aluminium. On l’a dit, aujourd’hui la plupart des scientifiques estiment qu’il n’y a pas de danger à utiliser les sel d’aluminium sur la peau. Certains argumentent de plus que la pierre d’Alun, qui réputée pour ne pas bloquer la transpiration mais pour la diminuer, serait hors de tout soupçon… Certains laboratoires qui proposent de la pierre d’alun naturelle laissent entendre que seul l’alun de synthèse serait responsable de cancers. Cette affirmation ne repose à ce jour sur aucune étude scientifique. On communique beaucoup, à tort et à travers sur ce sujet, souvent avec en toile de fond une démarche commerciale. Quoi qu’il en soit, il serait utile qu’une étude à grande échelle menée par un organisme indépendant permette un jour de dissiper définitivement ces doutes.

Alors que faire ?

Il faut tout de même avouer que la pierre d’alun a beaucoup de qualités : un bâton de cristal coûte environ 10 euros, et suffit pour 3 ans d’utilisation. C’est un de ses principaux avantages. La pierre n’a pas d’odeur, et ne laisse pas de trace. Elle est aussi hémostatique, ce qui veut dire qu’elle stoppe les petits saignements des coupures ou éraflures liées au rasage.Mais Test-Achats la déconseille en usage continu ou pour les personnes sensibles…

Test-Achats, qui faisait le point sur les déos dans son numéro du mois d’août dernier, estime que les déos en sticks ou à billes sont moins hygiéniques et contiennent des conservateurs qui ne sont pas présents car pas nécessaires dans les vaporisateurs, puisqu’ils ne sont pas en contact avec la peau. Test-Achats rappelait aussi que les enfants n’ont pas besoin de déos. Pour éviter les allergies chez les pré-ados, c’est vers 10 ans que l’activité hormonale s’éveille chez certains, et donc à ce moment seulement que des odeurs peuvent apparaître, il vaut mieux choisir des produits sans alcool et sans parfum.

Existe-t-il d’autres solutions ?

On peut utiliser du bicarbonate de soude, à saupoudrer sous les bras, après s’être bien lavé. Certains utilisent des poudres à base de plantes. Le talc quant à lui est à proscrire car allergisant. On peut aussi réaliser son propre déo maison, en mélangeant 75 ml d’eau de rose ou d’hamamélis, 25 ml de vinaigre et quelques gouttes d’huiles essentielles choisies parmi des huiles aux qualités bactéricides comme le citron ou la lavande, …

Ceci dit, les huiles essentielles on le rappelle encore ne conviennent pas à tout le monde, il faut être prudent !

On peut rappeler aussi que l’hygiène reste la clé d’un parfum agréable ! Rien ne remplacera le fait de se laver soigneusement aux endroits confinés du corps (aisselles, pubis, plantes des pieds…) et de se sécher aussi convenablement pour éviter toute macération. Boire plus d’eau permet de diluer sa sueur et donc de réduire naturellement les odeurs fortes. Enfin, certains conseillent de ne pas trop se raser… En effet, ne pas avoir de poils sous les aisselles augmente la transpiration. Tout cela sont des armes préventives. Pour ce qui est du camouflage, il existe heureusement aujourd’hui sur le marché des déodorants sans parabens et sans sels d’aluminium… Bio ou pas, ils ne sont pas moins efficaces : il suffit juste de trouver celui qui vous convient, car nos odeurs corporelles sont différentes. Comme pour choisir un parfum, il faut parfois plusieurs essais avant de trouver celui qui vous convient !

Commentaires1 Comment

  1. bénédicte dit :

    Bonsoir, moi j’utilise une recette à partir d’huile de coco / bicarbonate / Arrow root / & cire d’abeille pour que ça reste solide :) On peut y rajouter aussi des HE… très économique à faire !

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