Définitivement NON aux cuisses de grenouilles!

Par · 30 sept 2011

Quand il pleut il mouille, ce n’est pas la fête à la grenouille : je vous expliquais ce vendredi dans Nuwa (RTBF) comment on lui fait encore sa fête de façon tout à fait anachronique et déplacée, puisque les cuisses de grenouilles figurent encore au menu de nombreux restaurants, et qu’on en trouve très facilement en supermarchés. Je dis anachronisme et pour une fois je serai assez radicale : si on peut imaginer qu’autrefois, durant des périodes où la nourriture d’élevage était moins abondante, on ait pu en manger, aujourd’hui, cette consommation n’a vraiment plus de sens.

Pour quelles raisons ? On a parfois médiatisé la cruauté de leur « récolte » : mais les cuisses de grenouilles que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce ne toujours pas issues de l’élevage. L’élevage des grenouilles est difficile au point que la plupart des cuisses de grenouilles viennent d’animaux prélevés dans la nature. Comme chez nous la législation l’interdit, étant donné que les amphibiens figurent parmi les groupes d’animaux les plus menacés au monde, nous importons la quasi-totalité de notre consommation. Les consommateurs européens en avalent entre 8.000 et 10.000 tonnes chaque année, dont la plupart sont importées d’Indonésie (50%) ou de Chine, mais aussi d’autres pays comme la Thaïlande ou le Brésil, où les grenouilles sont le plus souvent du pillage des milieux sauvages. En 2009, une équipe de scientifiques publiait dans la revue Conservation Biology leur analyse des tendances du commerce mondial des cuisses de grenouilles et concluait que l’impact de ce commerce pourrait donner le coup de grâce à de nombreuses populations de batraciens…

Les chercheurs de cette étude estiment que la législation internationale actuelle n’est pas suffisante. L’Europe a une responsabilité morale vis-à-vis de ce problème : les pays depuis lesquels les cuisses de grenouilles sont exportées n’ont pas toujours les ressources financières ou institutionnelles pour développer des programmes de protection des espèces.

Pas d’alternative, donc, pour une fois, concernant les cuisses de grenouille ? Pour ma part, et ça n’engage que moi, je pense en effet qu’il est assez facile de se passer de ce mets. D’autant plus facile si vous avez en tête les images qui montrent la façon dont les chasseurs arrachent les pattes du corps des grenouilles encore vivantes, et les laissent ensuite agoniser. C’est une réalité, et pourtant, les cuises de grenouilles sont une tradition tellement ancrée en France et en Belgique qu’il est plus facile de trouver des recettes vidéo vous apprenant à les cuisiner que de films sur internet montrant la triste et inadmissible façon dont on les les tue. Les traditions culinaires ont la peau dure ! Comme les ortolans : on peut comparer notre obstination à vouloir manger des cuises de grenouilles à l’histoire des ortolans, ces petits oiseaux autrefois appréciés en France, dont certaine hommes politiques comme Juppé ou Mitterrand n’ont pas hésité à dire, fin des années 1990, qu’ils les appréciaient vivement, alors même que leur chasse et leur consommation est interdite (c’est ce que rapporte un article de Libé, encore en ligne)…

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Commentaires1 Comment

  1. Capucine dit :

    Lorsque j’étais enfant, chaque printemps, je passais des nuits à faire traverser la route aux grenouilles et crapauds venus pondre dans notre étang. Un jour, des arracheurs de pattes sont venus, laissant sur le sol les corps ensanglantés des grenouilles à qui ils avaient arraché les pattes, vivantes. Jamais je n’ai pu accepter une telle barbarie, et encore moins dans mon assiette.

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