Cet été, il va y avoir du sport!

Par · 4 juil 2012

J’aime le sport, mais celui qu’on pratique, qui nous permet de sortir le nez dehors, et de se vider la tête. Pas celui dont les médias se laissent accaparer. J’avoue (encore une fois!) : j’ai particulièrement peu d’estime pour le monde du foot (maintenant que l’Euro est passé, je peux le dire?)… Ne me lynchez pas tout de suite! Lisez plutôt ce qui suit!

FEMEN Women's MovementA la maison, on s’ offre régulièrement le souvenir délicieux de la tirade de Pierre Desproges : « Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? (…) » Force est de constater que l’univers qui entoure le foot fait rarement démonstration des meilleurs aspects du comportement humain… Pas besoin, pour illustrer les raisons de cette détestation de rappeler l’hystérie meurtrière du Heysel, ou la fabrication des célèbres ballons ronds par de trop jeunes mains. Récemment, un communiqué de presse reçu d’achACT m’indiquait que selon le dernier rapport Fair Games publié par l’alliance Play Fair, « de graves violations des droits des travailleurs se perpétuent de manière systémique, notamment en Chine, au Sri Lanka et aux Philippines, et notamment chez des fournisseurs d’Adidas. (…) Alors que la marque allemande a dépensé sans compter pour les JO de Londres et l’Euro 2012 de foot, elle refuse de contribuer aux indemnités dues aux 2800 travailleurs de son fournisseur PT Kizone, suite à la fermeture de l’usine, début 2011. » L’ autre récente illustration de « l’effet foot » ne m’aide pas plus à aimer le ballon rond : la préparation de l’Euro 2012 a mené en Ukraine au massacre de milliers de chiens errants. Empoisonnés ou battus à mort, ces animaux étaient incinérés dans un four mobile parcourant les rues pour les nettoyer de ces « toutous de gouttière ». Bien sûr, ni les footballeurs ni leur public ne sont responsables de cette façon barbare de régler le problème, véritable, de l’abondance de chiens sans collier et sans maître dans les rues des villes et villages d’Ukraine. Au contraire, certains estiment que grâce au foot, la pression internationale sur les autorités a permis de limiter cette extermination brutale. L’organisation autrichienne « Quatre pattes » est désormais à pied d’oeuvre dans les rues de Kiev et de ses banlieues pour procéder à une vaste opération de stérilisation des chiens errants, au moyen de six cliniques mobiles, de 60 vétérinaires, assistants, soigneurs d’animaux, attrapeurs de chiens ainsi que de 60 volontaires… Pourra-t-on donc troquer le « Mort au foot » de Desproges pour un tendre « Va chercher la baballe » ? Essayons de positiver… Si les associations environnementales ont choisi la mesure en terrains de foot pour donner une échelle à notre empreinte écologique, c’est peut-être qu’elles y voyaient un moyen de toucher la vaste partie de l’humanité à qui le ballon rond fait perdre la boule, et de la persuader de prendre mieux soin de notre belle balle bleue commune ? Le foot, dans sa version noble, lorsqu’ elle existe encore (plus souvent au fond des jardins et sur les terrains vagues que sur les terrains soigneusement engazonnés, tondus et marqués), est peut-être un des rares lieux où peut encore se démontrer le bénéfice des actions collectives. Dans mon livre de chevet du moment, « Comment devenir un optimiste contagieux », l’auteur, Shawn Achor écrit que le foot (américain, mais qu’importe…) permet de prendre conscience que « lorsque nous sommes entourés (…), les défis majeurs nous paraissent plus gérables », et que « nos liens sociaux nous permettent de tirer profit de nos atouts particuliers »… Voir le foot, le sport, différemment permettrait donc d’entrer dans le cercle vertueux de la psychologie positive. De se rappeler qu’en améliorant notre propre bien-être, on offre du beau, du bon, du bonheur à la collectivité. Et qu’inversément notre entourage peut nous aider à nous sentir bien, nous sentir mieux. La boucle est bouclée, alors que la roue tourne. C’est sûr : la balle est dans notre camp !

 

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