Avion, train ou voiture? Bilan écono-écono à l’heure des départs!

Par · 24 juin 2011

Train

Aujourd’hui, dans Nuwa (La Première, RTBF) je voulais vous entretenir d’ un dilemme personnel : prendre l’avion ou pas. Je ne reviens pas sur les chiffres d’émission de CO2 qui, il y a quelques années déjà ont fait renoncer notre petite famille à tout mini-trip en avion. Nous avons décidé de ne prendre l’oiseau de fer que lorsqu’il n’y a pas d’autre solution acceptable, çad pour des déplacements professionnels lorsqu’ils sont nécessaires, ou des déplacements lointains pour des périodes relativement longues. Pour vous donner un exemple : pas de week end en avion à Barcelone, mais pourquoi pas, si un jour on peut s’offrir ce rêve, un mois au Canada…

Imaginez que pour partir avec des amis dans les Alpes, vous ayez décidé de covoiturer. Jusque là, pas de problème. Mais à la fin de la semaine de randonnée, les amis mettent le cap sur une autre destination. Comment revenir en Belgique ? D’emblée, plusieurs solutions s’offrent à vous : prendre l’avion depuis Genève jusqu’à Bruxelles, louer une voiture, ou prendre le train…


Pour départager ces différents moyens de transport en calculant leurs émissions de CO2 respectives, j’ai soumis ce problème à plusieurs organismes actifs dans le calcul des émissions en Belgique, soit CO2logic et Factor X. Voici en particulier l’évaluation que m’a fournie Frédéric Chomé, l’expert CO2 de Factor X : faire Genève Bruxelles en train émettrait, en tenant compte de l’amortissement et de la maintenance des infrastructures, à environ une petite cinquantaine de kg équivalents CO2 par passager. Prendre la voiture de Genève à BXL en choisissant un véhicule émettant 130 g CO2 au km et en respectant les limites de vitesse  équivaudrait à une 157 kg CO2e pour 2 personnes, y compris l’amortissement de la construction du véhicule et l’extraction et le raffinement du carburant, mais sans l’amortissement de la construction des routes (négligeable car ce sont surtout les camions qui sont responsables de l’usure des routes). Enfin, en avion, le même trajet émet par personne plus de 142 kg éq CO2… Un chiffre qui tient compte du forçage radiatif pour les émissions de vapeur d’eau stratosphérique, mais qui ne tient pas compte de l’ amortissement des aéroports…

Selon ces chiffres, l’avion serait à rejeter. Si on remontait à 4 en voiture, celle-ci serait plus compétitive qu’à 2… Le train a de très bonnes performances énergétiques malgré l’ amortissement des infrastructures qui plombe son bilan.

Mais il n’y a pas que le CO2 qui compte, quand on choisit un moyen de transport, on réfléchit aussi en terme de temps de voyage et de coût.

De fait, et j’ai aussi effectué ce calcul ! En train, de Genève à Bruxelles, on arrive à un côut total d’environ 280 euros pour 2 personnes, et 6 heures de transport.

En avion, le vol ne dure qu’une heure 45 minutes, mais il faut compter aussi le temps de présence à l’aéroport pour l’enregistrement, l’embarquement puis le débarquement. Soit disons 3 heures en tout. Les vols lowcost les moins chers sont à 70 euros, et ne comprennent pas de bagage dans la soute à ce prix, juste un sac à main. Quant à la voiture, ils vous en coûtera plus de 800 euros pour une location d’une journée (c’est fou!), une centaine d’euros pour le carburant, et environ 70 euros pour les péages…On oublie !

Quel suspense ! Finalement, mon choix personnel se portera sur le train, car quand on y pense, à 135 euros environs par personne, il offre a priori le plus de confort et de rapidité relative. Et puis, c’est une manière aussi de rentabiliser et de rendre plus écologiques encore des infrastructures qui existent… A noter toutefois que ceux qui souhaitent tout de même choisir le vol en avion peuvent réduire leur impact ou du moins le compenser : sur le site de CO2logic, le calculateur indique qu’il n’en coutera pour un vol de ce type qu’un peu moins d’une trentaine d’euros pour les 2 personnes, et cet argent ira à des projets de développement liés à la réduction des émissions de CO2 en Afrique.

Commentaires2 Comments

  1. gabrielle dit :

    Bonjour,

    je découvre ce jour votre site, et cet article. Je voudrais juste attirer votre attention sur le fait que les calculs des émissions de CO2 du train ne prennent jamais en compte, à ma connaissance, les émissions de CO2 liées à la production du kWH nucléaire.
    En d’autres termes, l’énergie grise (c’est à dire le bilan complet, du berceau à la tombe) de l’électricité d’origine nucléaire n’est pas prise en compte.
    3 gros postes: création et entretien des centrales nucléaires, production de l’uranium, gestion de l’après: déchets nucléaires notamment à longue vie, démentèlement des centrales.
    Et je ne parle même pas du coût énergétique des accidents nucléaires, qu’en toute rigueur, il faudrait quand même affecter au kWh nucléaire (effets santé, environnement, pertes des productions des territoires contaminés, tentatives de gestions des sites victimes des catastrophes, etc…).

    Mon commentaire n’a que le but d’enrichir votre réflexion, en aucun cas de critiquer.
    Merci pour cet article

  2. Isabelle dit :

    Merci à vous pour ces informations!

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