Anti-mites au naturel

Par · 28 sept 2012

L’été est bel et bien derrière nous et c’est le moment de ranger les tenues légères pour ressortir les pulls des placards. C’est parfois l’heure de mauvaises surprises : les mites ont peut-être grignoté certains vêtements. Comment les éviter et les combattre sans s’intoxiquer ? Quelques explications sur cet insecte d’abord : la mite des vêtements, appelée Tinea pellionella (teigne à fourreau) ou Tineola bisselliella (teigne tapissière) appartient à la famille des teignes. Ce sont de petits papillons de nuit dont les larves, de petites chenilles blanches, coupent les fibres textiles pour s’en faire un cocon et se nourrir. L’espérance de vie d’une mite ne dépasse pas plus de 15 jours. Mais dans les maisons chauffées il peut y avoir plusieurs générations par an, et donc persistance d’adultes durant toute l’année. En revanche, les lieux non chauffés réduisent ce cycle à une seule génération qui apparaît en juillet.

Que peut-on utiliser pour éviter une invasion de mites ou en venir à bout ? La fameuse naphtaline ?

C’est ce qu’on a beaucoup utilisé autrefois, mais la naphtaline ou le naphtalène est un hydrocarbure aromatique polycyclique, à propos duquel on a découvert par le suivi des maladies des travailleurs de l’industrie chimique qu’il pouvait être cancérigène. Dans les antimites de seconde génération on a remplacé la naphtaline par du paradichlorobenzène, mais c’est aussi d’un dérivé pétrolier chloré toxique et cancérigène… Ces produits dégagent des gaz qui peuvent provoquer des troubles respiratoires, oculaires, ou des maux de tête. On trouve désormais sur le marché aussi des insecticides à base de pyréthrinoïdes mais ceux-ci peuvent avoir des effets toxiques sur le système nerveux.

 

Existe-t-il des produits naturels qui permettent de lutter efficacement contre les mites ? Pas vraiment en fait : la solution la plus efficace est la prévention.Premier réflexe : il faut faire attention de ne ranger dans les placards que du linge très propre. Les mites adorent en effet l’odeur humaine. Elles aiment aussi les endroits sombres et paisibles. Donc n’hésitez pas à les déranger : il suffit pour cela de sortir et secouer les vêtements de temps à autres, ou de brosser les tapis de laine. Le début de l’automne est un bon moment pour le faire car l’été est une période propice pour les pontes. On peut aussi mettre des feuilles de papier de soie entre les vêtements fragiles et les entreposer dans des cartons ou dans des boites, ou mieux, des housses. Si vous trouvez des mites adultes, vous pouvez les tuer vous-même… Les araignées peuvent être vos alliées dans la lutte contre les teignes. Voilà une bonne raison de ne pas les chasser de votre maison et en tout cas de ne surtout pas les tuer, elles !

Que penser des trucs de grand-mères comme le bois de cèdre ou la lavande ?

Les mites fuient les substances très odorantes, comme la lavande, le romarin, le tabac, le camphre ou le bois de cèdre.Ces substances très odorantes rendent plus difficile la détection des lainages par les teignes. Vous pouvez aussi les vaporiser sous forme d’ huiles essentielles. Les produits en bois de cèdre anti-mites sont disponibles sous forme de plaquettes, billes, portemanteau, petits sacs en lin contenant des copeaux… Ils sont des répulsifs efficaces durant une saison. Après quelques mois, on peut les poncer régulièrement avec du papier de verre et les réimprégner d’huile essentielle de bois de cèdre. En dehors de cela, il y a quantité d’autres plantes odorantes qui peuvent servir : vous avez cité la lavande, mais les feuilles de laurier aussi ont la réputation d’être répulsives. Le savon d’Alep qui contient de l’huile de laurier peut d’ailleurs être posé en petits blocs dans les armoires.

 

On trouve maintenant en droguerie et magasins bio un antimite à l’huile de Neem. C’est une huile végétale, mais est-ce que c’est efficace et inoffensif pour l’homme ?

Les vaporisateurs antimites à base d’huile de neem sont en effet désormais en vente. L’huile de Neem est extraite des pépins du fruit du Margousier, un arbre sauvage des régions tropicales. Ses principes actifs attaquent l’hormone de croissance des insectes et freinent leurs capacités de reproduction, tout en ayant une action répulsive. C’est une bonne idée d’utiliser ce type de sprays à condition de vérifier qu’il s’agit bien d’huile de Neem et non d’une extraction d’une des substances actives de celle-ci : l’azadirachtine, qui peut, utilisé de manière isolée, révéler une certaine toxicité pour l’homme. C’est un peu le même débat qu’autour de la stévia, si vous vous souvenez : en elle-même, non modifiée, elle n’est pas dangereuse, mais si on utilise séparément un de ses extraits, il peut se révéler toxique. Je vous propose de revenir prochainement sur le sujet de l’huile de Neem.

On vend aussi des pièges à mites… ça fonctionne ?

Vous trouverez en effet sur le marché des pièges à phéromones. Ceux-ci attirent les mâles et empêchent ainsi la reproduction. Donc, c’est une des armes possibles, peut-être à utiliser en combinaison avec d’autres… Sur le site de Terre Vivante, Georges Chauvin entomologiste spécialiste des insectes de nos maisons conseille de réaliser le même type de piège avec un morceau de peau de lapin (au moins 10 cm2) que l’on pose dans une boîte sans couvercle sur le haut d’une armoire. Ce dispositif, très odorant pour les teignes, les attire et elles iront plus facilement y déposer leurs œufs que sur vos lainages. Le piège doit être placé en permanence et la peau de lapin renouvelée une ou deux fois par an.

Un petit mot avant de finir sur les mites alimentaires : ce sont d’autres espèces, parmi lesquelles on trouve par exemple la teigne de la farine (Ephestia kuehniella)…Si vous détectez la présence de mites alimentaires, il faut jeter à la poubelle les denrées attaquées et nettoyer le placard à fond. De nouveau, la prévention est incontournable: il faut conserver farine, semoule, boulgour, quinoa et autres grains dans un récipient hermétique dès l’achat. Et comme ces mites diminuent ou interrompent leur activité en atmosphère froide, conservez si possible vos réserves dans un local frais comme une cave.

 

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Commentaires1 Comment

  1. Mazy dit :

    Article très intéressant. De plus j’ai été interpellée par l’huile de Neem car c’est cette même huile que « mon » horticulteur qui produit des orchidées à Enghien me conseille pour détruire les cochenilles sur les orchidées
    C’est tjs très intéressant de lire vos messages ou de suivre un lien

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