2013, la fin des tendances ?

Par · 1 jan 2013

Il y a quelques semaines, j’ai été surprise par la demande d’un magazine féminin. « En tant que blogueuse, vous êtes au courant des dernières tendances : quelles seront-elles en matière de développement durable en 2013 ? » Me voilà donc chasseuse de tendances alors que je tente de devenir attrapeuse de choses qui durent, un paradoxe de plus dont je me suis arrangée, le temps de pondre un petit texte. Pour parvenir à changer les choses, je pense en effet qu’il faut séduire avec les outils du marketing : utiliser l’emballage pour diffuser en douceur des messages subliminaux… C’est diabolique, mais ça marche, alors pourquoi s’en passer, si c’est pour une bonne cause ? Lorsque j’anime un atelier «ménage écolo-écono », j’insiste toujours sur le fait qu’il faut faire son propre marketing, en choisissant de jolies bouteilles et étiquettes pour conserver ses produits… et ne pas hésiter à changer cette déco, quand on s’en lasse, plutôt que de craquer pour le nouveau Tasch qui lave plus vert que blanc. Mais je m’éloigne… Qu’ai-je donc bien pu livrer aux feuilles glamour de papier glacé ? Ma petite analyse optimiste du moment ! Non, les vedette DD de 2013 ne seront ni les voitures électriques, ni les vêtements bio, ni la slow cosmétique, mais l’heure, contrairement à certaines apparences, sera (et est déjà) au retour de la créativité et de la générosité… J’ai ressorti de mon chapeau des exemples que les lecteurs d’Imagine connaissent, comme le foudroyant succès du mouvement des Incroyables Comestibles, ou celui des gratiferia… Comment penser face à ce type d’initiatives que la crise ne peut provoquer, ainsi que nous le martèlent certains médias, qu’un repli sur soi, et qu’elle pourrait être un frein au développement durable ? C’est faire fi d’une vérité expérimentée par tous les créatifs : les contraintes, même économiques, peuvent stimuler l’inventivité. A l’heure où je vous écris ces lignes, on lit aussi de nombreux messages effrayants à propos des réseaux sociaux et d’internet. Une nouvelle tentative, je pense, de nous faire peur. Certes, il faut utiliser ces outils avec prudence. Mais je refuse de vivre dans la peur, et je préfère que l’on fasse savoir à quel point le web peut aussi être source de changement positif ! Si le développement durable prône le retour à une économie à échelle humaine, ancrée localement, il compte aussi sur la mise en réseau des initiatives locales pour des échanges inspirants. Internet a stimulé l’émergence récente de toute une série d’initiatives de consommation collaborative : on pouvait déjà tout trouver à vendre sur internet, on y trouve désormais plein de choses à partager, de la machine à lessiver (www.lamachineduvoisin.fr), au jardin (www.pretersonjardin.be). Plus récemment, Paul-Adrien Menez, un étudiant français, a créé Zéro Gâchis, un service qui permet via un site internet et une application smartphone de signaler les promos des supermarchés sur les produits proches de la date limite. Avec ses amis, le jeune entrepreneur de 23 ans s’est donné pour objectif de réduire le gaspillage alimentaire de 5000 tonnes d’ici 3 ans, et de permettre aux consommateurs de faire 10 millions d’euros d’économies par la même occasion… Qui dit mieux ? Oui, allier économie, créativité et générosité est possible. Amis lecteurs et rédacteurs d’Imagine, en ce début 2013, je voudrais vous remercier pour votre générosité. Il m’arrive de recevoir quelques commentaires suite à cette chronique, et ceux-ci me remplissent d’énergie. Grâce à vous, je n’ai pas peur de 2013. L’année sera créative et généreuse. Et comme la crise, ça va durer !

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. Frank Herbert

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