Les langes lavables contre-attaquent

Par · 28 jan 2010

IMG_0237Voici donc encore un épisode de cette aventure, épisode promis et attendu par certains d’entre vous que je remercie aussi pour leurs encouragements et conseils! Il est vrai que j’ai encore connu quelques phases de découragement, toujours autour du même problème, la lessive… Mais je crois tenir le bon bout, au fil de ces expériences. Le problème principal que j’ai connu, c’est l’odeur persistante du P-I-P-I, malgré le lavage. Lorsque je sortais les langes de la machine, cela allait, mais pendant qu’ils séchaient, une odeur que je ne dois ni vous décrire ni vous dessiner embaumait la pièce… Je pense avoir résolu cela en offrant un prélavage et un rinçage supplémentaire à cette lessive, et en ajoutant un peu de bicarbonate et quelques gouttes d’huile essentielle de lavande à l’eau de la machine.

En dehors de cela, quelques ports très réussis ces derniers temps… Je vous invite aussi à suivre le bilan écolo-écono des langes lavables que j’ai réalisé dans l’émission Sans Chichis de ce jeudi.

Je vous y livre mon verdict dans l’état actuel de mes expériences et connaissances: le hic, pour moi, ça reste la charge de travail supplémentaire. Je vous l’ai déjà dit, je ne suis pas une fée du logis, et je suis déjà débordée par la lessive de ma famille nombreuse. Si vous voulez vous lancer et rendre les fesses de votre bébé plus vertes, je pense que ça vaut la peine de tester d’abord, en louant un kit (40€/mois). Les bons magasins bio proposent des kits de location, et sont en général tenus par des passionnés qui connaissent leurs produits et en sont les premiers utilisateur : ce sont d’excellents conseillers. Ci-dessous, vous trouverez une série d’adresses un peu partout à Bruxelles et en Wallonie. Je conseillerais aussi de vous y mettre dès le premier enfant, pour ne pas prendre de « mauvaises habitudes » jetables, et rentabiliser un maximum votre investissement. A mon sens, un des points positifs (outre le fait que ces langes peuvent être jolis et originaux), c’est qu’ils permettent aux bébés de devenir propres plus vite. Bref, une fois qu’on a pris le pli, ces langes ont beaucoup d’avantages. Pour l’instant, je continue en mix langes écologiques-langes lavables, et je dois dire que ça nous convient assez… Alors que la location de mon pack se terminait, j’ai donc décidé de la prolonger, et de me lancer à fond là-dedans dès que j’aurai résorbé le retard dans la lessive familiale!-) A la crèche, les accueillantes m’ont dit qu’elles seraient prêtes à tenter l’aventure durant une journée… Cela nous promet encore quelques beaux épisodes!

  • Sebio à Bruxelles : www.sebio.be
  • Calin Malin à Nethen : http://www.calin-malin.be/
  • Luna Violette à Rixensart : http://www.lunaviolette.net/
  • L’ange Nature à Liège : http://www.langenature.be/
  • Petit Baobab à Namur et Bruxelles : http://www.petitbaobab.be/
  • Au sujet des primes : http://www.littlegreen.be/infos-primes-couches-lavables/
  • Pour finir, voici une courte interview de Sébastien Delronge, patron du magasin Sebio mais qui est aussi et avant tout un papa qui connaît bien les langes lavables. Il n’est pas avare de conseils, et donne d’ailleurs régulièrement des formations à ce sujet.

    Madame Nature: -Peut-on s’y mettre lorsque le bébé a déjà quelques mois ?

    Sébastien Delronge:- On peut commencer les couches lavables dès la naissance, mais en général je conseille d’attendre que l’enfant ait 4,5 à 5 kg pour les couches taille unique, et meme pour les couches multi-tailles, la taille 1 est souvent trop grande pour un tout petit nourisson (taille 1 fait officiellement 3 à 8 kg en moyenne, selon les marques cela peut différer un peu).  Si on veut commencer tout de suite (ce qui est notre cas avec le petit dernier), je conseille des systèmes plus simples et moins chers du type: couche à nouer, prefold, couches contour nouveau-né, couches à plier… ce type de couches sont en vente dès 2,2 € pièce et peuvent permettre d’attendre que l’enfant soit un peu plus grand pour passer tout de suite à une taille unique ou à une taille 2 (certaines taille 2 commencent à 5 kg), on peut donc réduire très fortement le budget ! puisqu’au lieu de dépenser 2 fois 300 € (pour chaque taille), on dépensera moins de 100€ pour la taille 1 !  Dans le sens inverse, j’ai aussi eu des clients qui commencaient les couches plus tard, directement en taille 2 ou en taille unique…

    Madame Nature: -Comment gérer la lessive de façon optimale ?

    Sébastien Delronge: -Pour la lessive, il faut essayer de faire 2 machines par semaine pour ne pas etre découragé, et cela équivaut à un stock de 20 couches minimum (selon le temps de sechage de la couche on peut en avoir besoin d’un peu plus ou d’un peu moins).  en attendant la lessive on stocke les couches dans un seau à couche (hermétique – ne laisse pas passer les odeurs), après les avoir rincées bien sur… quelques gouttes d’huile essentielle au fond du seau (antibactérien + lutte contre mauvaise odeurs) garantiront que pas de soucis d’odeurs…  On va utiliser des lessives sans savon de marseille, sans glycérine, pas trop grasses donc pour ne pas réduire la capacité d’absorption de la couche… on va exclure noix de lavage, balles de lavage, adoucissant, séche linge… pour ne pas abimer les couches.  On peut les laver avec le reste du linge si on n’a pas de blocage psychologique par rapport au fait de laver des couches avec des vetements bébé par exemple.. Par contre on peut réduire fortement la quantité de lessive pour les couches par rapport au reste du linge (1/4 à 1/2 de la dose habituelle).  pour se faciliter la vie: on met du papier dans la couche: ce qui les salira moins et facilitera le change (papier biodégradable qui va aux toilettes)… on vend aussi des filets qui s’adaptent dans les seaux, on peut prendre le filet en une fois et mettre le tout à la machine…

    Pour votre info, la thèse d’Anne Sophie Ourth montre bien que le temps passé aux lavables n’est pas plus important que pour les jetables (si on tient en compte le temps pour acheter les jetables (au magasin + paquets en plus, etc), les poubelles à sortir: 1,5 tonne de poubelles cela prend du temps !)

    Madame Nature: -Combien de langes acheter pour un bébé ?

    Sébastien Delronge: On dit en général 15 couches = 1 machine tous les deux jours, 20 couches = 1 machine tous les 3 jours, mais cela dépend de la matière (le bambou absorbe 60% plus que le coton mais prend aussi plus de temps à sècher…, à l’inverse par exemple les couches TE1 sont en général en polaire qui sèche très vite – quasi sec après essorage dans la machine !)

    Madame Nature: -Quels types de langes préférer : les « tout en un » ne sont-ils pas plus faciles et plus efficaces ?

    Sébastien Delronge: – Les TE1 semblent plus pratiques, en tout cas à mettre, mais sont beaucoup moins fiables que le système couche + culotte (qui lui est 100% fiable), au niveau des fuites je veux dire… elles sont aussi plus chères en moyenne, meme s’il ne faut pas acheter la culotte, n’oublions pas qu’une culotte de protection sert pour plusieurs couches, alors que les TE1 on paie quelque part le prix d’une culotte pour chaque couche… Mais il en faut moins car elles sèchent plus vite… elles absorbent aussi moins bien (et donc pas conseillées pour la nuit)… enfin il faut savoir que les crèches acceptent de plus en plus souvent les TE1 (ceci dit je trouve que c’est un mauvais calcul car s’il faut changer l’enfant plus souvent on re-perd le temps gagné à ne mettre qu’une seule couche !)

    Madame Nature: -Quelles sont les difficultés qui risquent de décourager les parents, comment les contourner, éviter, affronter ?
    Sébastien Delronge: -Les difficultés sont souvent la crainte au niveau pratique (l’impression que cela prendra plus de temps) et parfois aussi le budget (meme si au total on est gagnant il faut quand meme avancer plus d’argent)… Enfin, on n’ose souvent pas s’y mettre car il existe trop de choix ! c’est là bien sur que nos séances d’info (où j’explique tout ce qui figure ci-dessus mais en plus détaillé) et nos locations prennent tout leur sens !

     

    ET LAST BUT NOT LEAST, voici une info qui devrait intéresser les jeunes parents bruxellois:

    -Sur le plateau de Sans Chichis, je ne m’attendais pas à ce que Jacques Bredael se montre intéressé par ce sujet, lui qui est sans doute sorti depuis longtemps des plaisirs des couches-panades-biberons. Mais au contraire, il m’a posé une question très intéressante: existe-t-il comme autrefois des services de rammassages des couches sales à domicile? C’est une téléspectatrice qui me rappele que oui, dans notre pays aussi, ce service de nettoyage existe: Ecotribu propose des kits d’essai et un service de ramassage à vélo et lavage écologique limité à une dizaine de communes du Sud-Est de Bruxelles. Voici leurs coordonnées: 0484/10 11 13, ecotribu(at)gmail.com

    Commentaires8 Comments

    1. brigitte dit :

      bonjour !
      l’avantage pour l’environnement de ces couches n’est il pas fortement diminué s’il faut un prélavage+un rinçage supplémentaire à chaque lessive ?

    2. Marina dit :

      encore bravo, et merci de nous renseigner sur ce sujet !

      pour ma part, je pense qu’il vaut mieux utiliser un peu plus d’eau qui peut être traitée et dépolluée, que de jeter des couches normales qui ne sont absolument pas recyclables et qui mettent un temps fou à se dégrader !

      bises.

    3. Isabelle dit :

      Merci Marina. Pour répondre à la question de Brigitte: je n’ai pas eu le temps de chiffrer cela, mais non, je ne pense pas que ce prélavage+ rinçage (à froid) soient suffisants pour inverser la tendance… dès que j’ai le temps de vérifier cela en détails, je vous fais un petit rapport!-))

    4. Laurence dit :

      Ici on utilise les lavables depuis 2 ans, soit les 3 mois de notre fils. On s’en sort bien alors qu’on travaille tous les deux (c’est souvent une crainte) une lessive tous les 2 jours, mais on est bien organisé de ce côté là. La crèche a suivi sans problèmes, et ils en ont un deuxième qui y va aussi.

      Pour les lessives on utilise du nappy-fresh (vendu aussi chez Sebio) et quelques gouttes de he de lavande vraie, et avec ça on n’a pas besoin de prélavage.

      Par contre, je ne suis pas d’accord sur le fait que les enfants soient plus vite propre. Notre fils à 2 ans et 3 mois et ne s’intéresse pas du tout au pot, tout comme les autres garçons du même âge à la crèche.

    5. Sébastien dit :

      Je confirme que la consommation supplémentaire d’eau pour rinçage, lavage, et chasse d’eau restent bien inférieure à la consommation d’eau utilisée pour la fabrication d’une couche jetable (dans la comparaison lavables/jetables on pense souvent aux déchets et on oublie souvent la fabrication… qui est très énergivore et consommatrice d’eau pour les jetables)

      http://www.feve-vendee.org/telecharger/couches-lavable.pdf

      Seb de http://www.sebio.be

    6. Evelyne dit :

      Je ne peux que confirmer toutes ces infos…les couches lavables, c’est vraiment super et moi je trouve ça hyper pratique : je n’ai pas de voiture et suis bien contente de ne pas devoir ramener des paquets de couches du magasin! Pour info, la semaine internationnale de la couche lavable aura lieu bientôt (du 24 avril au 2 mai). Les infos malheureusement pas tout à fait complètes sont sur le site de bulle de coton. Pour ajouter ce qui a été oublié… Il y aura des promos dans plusieurs magasins de couches lavables, entre autre sur notre site http://www.littlegreen.be. Nous proposons également des séances d’informations gratuites à la demande, même à domicile (pour min.5 personnes). Autre moyen d’avoir des infos, la ferme des Pilifs organise leur fête les pilifleuris le We des 1 et 2 mai et parmis leur stand, il y aura un stand d’information sur les couches lavables.
      Evelyne de http://www.littlegreen.be

    7. Rachel dit :

      Autant savoir!

      Un bébé, de la naissance à la propreté, utilisera entre 5000 et 6000 couches jetables.

      * Il faut 4,5 arbres pour fabriquer la pulpe utilisée dans les couches jetables, de la naissance à la propreté;
      * Il faut une pleine tasse de pétrole brut pour fabriquer le plastique d’une seule couche jetable;
      * Une couche jetable met entre 300 et 500 ans à se décomposer;
      * Un enfant produira jusqu’à une tonne de déchets en couches jetables.

      Bien entendu, l’utilisation des couches lavables a elle aussi un impact sur l’environnement, par l’utilisation de l’eau et de l’électricité.

      Si nous calculons l’empreinte écologique de la fabrication et de l’utilisation de la couche jetable par rapport à la couche lavable, nous obtenons ces résultats:

      * Les couches jetables consomment 3,5 fois plus d’énergie que les couches lavables;
      * Les couches jetables consomment 2,3 fois plus d’eau que les couches lavables;
      * Les couches jetables nécessitent 8,3 fois plus de matières premières non renouvelables que les couches lavables;
      * Les couches jetables génèrent 60 fois plus de déchets solides que les couches lavables!

      http://www.couchelavable.eu
      http://blogecoollogic.canalblog.com/

    8. lauriane dit :

      Bonjour,
      votre article est vraiment bien,
      je souhaiterai juste vous dire, que pour le rinçage de mes couches, j’utilise l’eau du bain de mon fils et j’essore à la main (ou en machine, suivant le temps dont je dispose)
      bonne continuation

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